LA THEOLOGIE
mages : de fait, on pouvait voir en lui un précurseur de l'Antéchrist. Il feint de consacrer des calices remplis de vin, et, allongeant sa prière invocatoire, il les fait apparaître rouges, couleur de pourpre ; comme si la Grâce d'en Haut faisait descendre dans les calices son propre sang à l'appel de Marcus ; et tous ceux qui sont là brûlent de goûter à ce breuvage afin que la Grâce agisse aussi sur eux. Il fait consacrer des calices par des femmes, il les étonne, il les séduit. Car c'est elles surtout qu'il vise, notamment lorsqu'elles sont élégantes et riches : sous prétexte de leur communiquer la Grâce, de leur donner le don de prophétie, il obtient d'elles des présents, des richesses, parfois leur amour. Plusieurs l'ont confessé, qui depuis ont renié leur erreur, notamment la femme d'un de nos diacres, asiatique comme nous. Ses disciples sont aussi corrompus ; et ils prétendent en savoir plus long que tout le monde, fût-ce Paul, ou Pierre, ou un des Apôtres ; et c'est pourquoi, dans leur conduite, ils sont absolument libres.
Ce Marcus prétend que la Tétrade suprême est descendue, sous la forme d'une femme — car aucune mortelle ne pouvait s'unir à lui — afin de lui révéler tous les mystères ; et il nous expose cette révélation sous la forme
semble avoir été utilisé par Sextius Niger [Wellmann... Hermès', XXIV, 554] ; il est peut-être à identifier avec l'auteur duxEpl <p 1.7.0(7(5 ^(ov cité par Diogène Laërce, III, 2 ; c'est lui peut-être qui a introduit dans les cercles néo-pythagoriciens la préoccupation des questions médicales. Pline en parle à plusieurs reprises, XIX, 20; XXV, 154; xxviir, 181; XXX, 14; xxxii, 141; xxxv, 175 [éd. Mayhoff, m, 252 ; iv, 166 ; etc.] [C. Stadler : t>ie Quellen des Pliniîis im xix Éuch. Munchen. Diss. 1891, 29, d'après Pauly- Wissova].
Il est possible qu'Anaxilaus ait exercé une influence positive sur Marcus ; il est vraisemblable que des faits de ce genre se sont souvent produits et que les Gnostiques ont puisé aux traditions mi-scientifiques, mi-magiques du monde où ils vivaient. Le système de Marciis — comme le système de Basilide — parait avoir intégré un certain nombre de données de la science antique.