DE MARCUS
d'une dissertation alphabéto-arithmétique aussi obscure qu'elle est absurde [593-636].
Du monde éternel, notre monde est l'image : c'est l'œuvre du Démiurge agissant par la Mère. Les quatre éléments, feu, eau, terre, air, sont l'image de la Tétrade suprême ; leurs quatre opérations, chaleur et froid, humidité et sécheresse s'ajoutent à eux et forment ainsi une image de l'Ogdoade. Les dix Eons qui émanent du Verbe et de la Vie sont représentés par les sept cieux sphériques, par le huitième ciel qui les contient, par le soleil et par la lune. Les douze Eons issus de l'Homme et de l'Eglise sont signifiés par le Zodiaque, et les trente Eons par les trente jours que met la Lune à parcourir son ciel. Les douze mois que dure la révolution du soleil représentent aussi, du reste, les douze Eons ; et de même les douze heures du jour, les douze climats de la terre, etc.. [637-641].
Leur théorie de la rédemption [657-668] est exposée diversement par leurs divers docteurs ; mais tous nient le baptême. Ceux qui ont atteint à la connaissance parfaite, à la gnose, disent-ils, sont sauvés ; sans la gnose, nul n'a accès au Plérôme. Si le baptême de Jésus a visé la rémission des péchés, c'est par la rédemption du Christ descendu sur lui qu'on obtient la perfection; le baptême a été annoncé par Jean en vue de la pénitence, la rédemption a été annoncée par Jésus en vue de la perfection. Quelques-uns construisent un lit nuptial et organisent une cérémonie mystique pour ceux qu'ils initient : ce sont, disent-ils, des noces spirituelles, images des unions surnaturelles des Eons. D'autres baptisent dans l'eau, en disant : Au nom du Père inconnu de toutes choses, vers la vérité mère de toutes choses, vers Jésus qui descend (sur nous), pour Vunion et la rédemption et la communion des Puissances, D'autres prononcent des noms hébreux : Basyna, cacahasa, eanaa,,,, qu'on explique