‹ Saint IrénéeChapitre 36 sur 181 · LES SACREMENTS · texte numérisé non relu

LES SACREMENTS

ainsi : Toi qui dépasses toute vertu du Père, Je tHnvoque, toi qui Vappelles lumière, esprit et vie; parce que, dans un corps, tu as régné. D'autres ne veulent pas conduire dans Peau les initiés : ils leur versent sur la tête de Teau et de rhuile mêlées, en récitant une formule plus ou moins analogue à celles qu'on a citées ; et c'est pour eux la rédemption. D'autres rejettent toutes ces cérémonies ; la rédemption parfaite, à les entendre, c'est la connaissance de la grandeur ineffable : car c'est de l'ignorance que viennent les passions. Mais cette rédemption ne sauve ni le corps qui est périssable, ni l'âme qui est née d'une raréfaction de l'être ; elle ne sauve que l'esprit*. D'autres rachètent des moribonds en répandant sur leur tête de l'eau et de l'huile, ou un onguent et de l'eau, et en récitant les formules que nous savons ; ils ordonnent à ces moribonds lorsque, morts, ils rencontreront les Puissances, de dire cette formule: «/^ suis un fils, qui vient Père, du Premier Père; je suis fils en ce moment. Je suis venu voir toutes choses, celles qui sont miennes et celles qui sont aux autres, celles du moins qui sont à Hachamoth, la femelle, et qu^elle a faites pour elle-même ; je tire mon être du Premier Être, et je retourne che\ moi, d'où, je suis venu, > Ces paroles permettent de passer et d'échapper aux Puissances. Lorsque l'âme arrive près des Eons qui entourent le Démiurge, elle doit dire : « Je suis un vase précieux, plus précieux que la femme qui vous a faits. Si votre Mère ignore sa racine, quant à moi je me connais moi-même, je sais d^où je suis, jHnvoque la Sagesse incorruptible, qui est dans le Père et qui est la mère de votre Mère, qui n^a pas eu de père ni d'époux : née d'une femelle, mâle et femelle elle-même, c^est elle

I. Pour les Gnostiques, l'homme était composé de trois éléments, le corps, l'âme, l'esprit. Cf. notre Saint /r^w^^. [Paris, Lecoflfre, 1904, p. 163-164].

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