‹ Saint IrénéeChapitre 37 sur 181 · SELON MARCUS · texte numérisé non relu

SELON MARCUS

qui VOUS a faits, sans connaître sa mère, et se croyant seule; et c'est sa mère que jHnvoque^, >

Les Marcosiens, comme les autres Gnostiques, s'appuient sur les Ecritures ; ainsi, disent-ils [641], lorsque Moïse a écrit : In principio fecit Deus cœlum et terram [Genèse i . 2], les quatre termes qu'il énumère Principium, Deus, Cœlum, Terra, signifient la Tétrade primitive ; l'histoire de l'arche où huit hommes ont été sauvés signifie l'Ogdoade sacrée [645] ; les dix nations que Dieu a promis de donner à Abraham [Genèse, xv. 19] signifient la Décade ; et les douze fils de Jacob signifient la Dodécade. La preuve que le Premier Père était inconnu avant la venue du Christ [649], c'est qu'Isaïe a écrit [L 3] : « Israël ne m* a pas connu.,, >, ce qu'a répété Osée [IV. i] : < Ils n'ont pas la vérité, ni la connaissance de Dieu,,, >

En outre, les Marcosiens usent d'une foule d'apocryphes et d'Ecritures interpolées [653]. Par exemple, ils racontent ceci :

Lorsque le Seigneur était enfant et apprenait ses lettres, le maître lui dit, comme on a coutume : dis A ; il répondit A. Mais lorsque le maître lui eût dit de dire B, le Seigneur lui répondit : dis-moi d'abord ce qu'est A ; je te dirai ensuite ce qu'est B. Voilà ce

I. Ces faits se rapporteilt à une question délicate et obscure. Quel rapport y a-t-il entre les rites de la religion hellénique (cf. suprà) et les rites chrétiens? Noter d'abord que le baptême et TEucharistie ont été institués par le Christ lui-même : le baptême ni l'Eucharistie ne peuvent donc découler des rites helléniques. Leur influence a pu s'exercer d'une double manière : ils ont pu suggérer tel détail ou telle formule ; ils ont pu influer sur l'élaboration du concept général de sacrement qui n'est pas exprimé dans l'Ecriture, mais qui est un produit de la pensée chrétienne. Cf. Revue d'histoire ecclésiastique 'de l'Université catholique de Louvain), V (1904), p. 294-295.

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