CONTRADICTIONS GNOSTIQUES
raison inhérente à Tesprit de Thomme lui révèle Dieu, Tunique maître de toutes choses, peut-on croire qu'elle ne le révèle pas aux Anges ? A-t-on besoin de voir Tempereur qui vit à Rome pour connaître son existence ? A moins de les placer plus bas que les bêtes dans l'échelle des êtres, il est absurde de croire que les Anges de Dieu ignorent Dieu. Il serait vraiment étrange qu'il n'en fût pas ainsi, alors que les hommes de cette terre le connaissent.
Quant à prétendre que le monde issu du développement de Dieu, la Suprême Plénitude, en soit une image, et lui soit un hommage, c'est une insoutenable prétention. Car pourquoi la création est-elle temporelle, si le modèle en est éternel ? Comment le Dieu suprême peut-il se complaire à cet éphémère hommage ? Quel est ce vain appétit de gloire que l'on surprend en lui ? Comment admettre que l'image ignore son modèle, et le modèle son image ? Jésus, le Sauveur, serait-il un mauvais ouvrier, puisque, créant un monde ignorant du Dieu suprême, il ne sait pas faire ressembler l'image à son type; ou bien, si son œuvre est parfaite, comme parfaite la ressemblance du modèle et de l'image, c'est donc la pensée de Dieu lui-même qui ignore, qui ignore ce qu'il fait ! Ce n'est pas tout. Comment la création innombrable, mouvante, mourante serait-elle l'image des trente Eons qui constituent la plénitude du Dieu suprême ? Quelques-uns de ces Eons seraient-ils mauvais par nature, puisqu'il y a des hommes mauvais ? De quel Bon le feu éternel est-il l'image ? Comment l'imparfait est-il l'image du parfait et le transitoire de l'éternel ? L'idée de la création qui règle- l'activité du démiurge, d'où est-elle venue au Père caché, puisque ce n'est pas le démiurge qui est le véritable auteur du monde et que le Père ignore ce monde * ?
I. Les chapitres 9, 10 et 11 (733-737) contiennent, moins des