‹ Saint IrénéeChapitre 68 sur 181 · I08 LE SALUT · texte numérisé non relu

I08 LE SALUT

aussi les corps, qui sont menacés de la corruption comme les âmes? Leur justice est impuissante ou injuste si, parmi tous ceux qui participent d'elle, elle sauve les uns, non les autres. »

Irénée insiste ensuite sur cette idée — qui dominera tout son cinquième livre — que le corps est capable d'immortalité, parce qu'il participe à la justice [813]. Puis il raille ses adversaires qui se prétendent meilleurs que le Démiurge, qui se croient d'essence spirituelle et ne voient en lui qu'une nature animale [815]. Il revient alors à la théorie gnostique des âmes *,

De quelques crimes qu'elles se souillent, dites-vous, les âmes des spirituels sont sauvées. Or,

(826) dans la doctrine du Seigneur, est banni (du royaume de Dieu) non seulement l'adultère, mais celui encore qui désire l'adultère ; non seulement celui qui tue..., mais celui encore qui se fâche sans raison contre son frère. Il nous a ordonné, non seulement de ne pas haïr les hommes, mais encore d'aimer nos ennemis, non seulement de ne pas nous parjurer, mais encore de ne pas jurer ; non seulement de ne pas mal parler du prochain, mais de ne pas même dire imbécile...; non seulement de ne pas frapper, mais encore, lorsque nous sommes frappés, de présenter l'autre joue... ; non seulement de ne pas faire de mal au prochain, mais encore,

I. Ce second passage, où Irénée réfute les théories gnostiques de l'âme, est encadré entre une conclusion (chapitre 31 deMigne, 823-825) où notre auteur résume les objections qu'il a adressées à Valentin, et les adapte aux autres docteurs de la Gnose, — et un chapitre final (35. 837-843) qui réfute Thypothèse basilidienne d'après laqueUe les Prophètes auraient été inspirés par différents dieux.

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