‹ Saint IrénéeChapitre 71 sur 181 · QUE VAUT · texte numérisé non relu

QUE VAUT

lui fournit... C'est la volonté de Dieu qui, en toutes choses, doit régner et dominer ; et tout le reste doit lui céder, lui être soumis, lui être esclave.

Ce qu'est la bonne méthode

Au cours des deux livres dont on vient de lire le résumé, Irénée se laisse parfois entraîner àdes digressions. Il a paru bon de les grouper ici : presque tous ces passages* concernent la méthode spéculative. Cette méthode — dont l'ignorance a conduit les Gnostiques à leurs

I. Un passage est relatif aux miracles contemporains, II. 32.4. 829. Le voici : « (Les Prophètes, montrent que, seul, le Seigneur est fils de Dieu.) C'est pourquoi ses vrais disciples, après avoir reçu sa grâce, accomplissent en son nom (certaines actions) pour le bien du reste des hommes, dans la mesure où chacun a recule don. Les uns chassent les démons, vraiment et pour jamais, au point que, souvent, ceux qu'ils ont purifiés des esprits mauvais croient et entrent dans l'Eglise. D'autres connaissent à l'avance les choses à venir, ils ont des visions, ils prophétisent. D'autres guérissent les malades par l'imposition des mains et leur rendent la santé. Parfois,, comme nous 1 avons déjà dit,* des morts ont été ressuscites, qui ont vécu de nombreuses années avec nous. Du reste, il n'est pas possible d'énumérer tous les charismes que l'Eglise a reçus de Dieu, et par lesquels elle opère chaque jour pour le bien des nations, au nom de Jésus-Christ qui a été crucifié sous Ponce-Pilate, sans tromper personne, sans s'enrichir : comme elle a reçu de Dieu gratis, c'est aussi gratis qu'eUe sert (les hommes). » Cf. aussi V. 6. i. 1137.

* II. 31. 2. 824-825. « Les Gnostiques ne ressuscitent pas les morts, comme a fait le Seigneur, comme ont fait les Apôtres par leurs prières, comme nous voyons faire souvent dans la fraternité : toute l'église de l'endroit demande dans les jeûnes et les supplications, l'esprit revient au mort qui reçoit les prières des saints ; bien plus, les Gnostiques ne croient pas que ce soit jamais possible... >

LA SCIENCE r

erreurs — repose sur trois principes : 1° autorité primordiale de la règle de foi, c'est-à-dire du symbole, expression de la Tradition vivante ; 2** autorité de VEcriture, dictée par le Verbe de Dieu et par son Esprit : les textes clairs doivent éclairer les textes obscurs ; 3** respect du mystère : l'homme, créé et fini, ne peut comprendre Dieu, incréé et infini. Et d'abord, et toujours, cette méthode s'inspire du mot de Saint Paul : Scientia inflat, char it as autem cedificat,

1° D'abord, la science' n'est rien au prix de l'amour [800-802].

Il est meilleur, il est plus utile d'être ignorant et peu savant, mais de se rapprocher de Dieu par la charité que de paraître beaucoup savoir et connaître en blasphémant contre celui qu'ils appellent le Démiurge. C'est pourquoi Paul a dit : « Scientia inflat^ cJiaritas autem cedificat^ [I, Cor. viii, i] ; non qu'il inculpe la vraie science de Dieu — c'aurait été s'accuser luimême — ; mais il savait que, sous prétexte de science, certains s'enorgueillissent et perdent l'amour de Dieu et par là se croient parfaits et introduisent un Créateur imparfait... Il n'y a pas d'orgueil plus grand que de se croire meilleur et plus parfait que celui qui nous a faits, nous a façonnés, nous a donné le souffle de la vie, nous a donné l'être même. Mieux vaut donc, comme je l'ai déjà dit, ne rien savoir du tout — pas même la cause, le pourquoi d'un fait quelconque — et croire en Dieu, et persévérer dans l'amour de Dieu, que d'être enflé d'orgueil par ce que l'on sait et perdre cet amour qui vivifie l'homme.

Mieux vaut ne pas chercher d'autre science que

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