‹ Saint Jacques en GaliceChapitre 3 sur 13 · Carm., v · texte numérisé non relu

Carm., v

b L. DUCHESNE.

prendre celles d'Espagne; il parle même de saint Jacques et de la Galice, non point en rattachant l'apôtre à ce pays, mais plutôt en l'en excluant. « Au temps, dit-il en substance, où les apôtres se partageaient le monde, Rome échut à saint Pierre, l'Illyrie à saint Paul, l'Ethiopie à Matthieu, la Perse à Thomas, l'Inde à Barthélémy, la Grèce à André. C'est à saint Martin l'ancien que la Gaule doit la lumière de l'Évangile, c'est au Martin nouveau (l'évêque de Braga) que la Galice est redevable du même bienfait. En sa personne, elle jouit de la vertu de Pierre, de la doctrine de Paul, du secours de Jacques et de Jean :

Qui virlute Petrum praebet tibi, dogmate Paulum, Hinc lacobi tribuens, inde loannis opem.

Il est, je crois, difficile d'admettre que Fortunat et Grégoire de Tours aient eu la moindre idée de l'apostolat espagnol de saint Jacques.

Veut-on plus de lumière encore? C'est en Gaule, dans la génération de Fortunat et de Grégoire, et même dans leur milieu littéraire, que se forma le recueil d'histoires apostoliques connu sous le nom d'Abdias. Chacun des apôtres y a sa notice, plus ou moins étendue, saint Jacques le Majeur tout comme les autres. Cette notice s'inspire de récits apocryphes et fabuleux; cependant, elle ne dit rien ni du voyage de saint Jacques en Espagne ni de sa sépulture en ce pays.

Il est difficile, ce semble, de constater un silence plus absolu et moins explicable dans la supposition où il y aurait eu pourtant quelque chose à dire. Mais il y a plus que le silence ; il y a la négation, aussi énergiquement exprimée qu'elle peut l'être quand elle ne répond pas à une affirmation contraire. Le pape Innocent, dans une lettre de l'année 416 ^ défend contre des importations étrangères les usages liturgiques de l'Eglise romaine; à cette occasion, il proteste que l'Occident ne devrait pas en connaître d'autres que ceux du siège apos-

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