Fabricius, Codex aposcr. N. T., pp. 522 et siiiv
2. Oii sait qu'au xm^ siècle, i'arclievê.iue de Tolèile, llodrigue Ximénès, Irailaii encore l'aposlolal espagnol de conle de bonnes femmes. Mais on expliquait cela par sa situation ecclésiastique, Tolède étant rivale de
Julien est au-dessus de tout soupçon de critique excessive. Un homme qui accepte la légende de saint Jacques telle qu'elle figure dans le recueil d'Abdias, un homme qui a pu se fier assez au catalogue byzantin pour parler de la prédication de saint Matthieu en Macédoine est assurément peu difficile. Il n'a pas hésité pour saint Matthieu, bien que le faux Abdias en fasse l'apôtre de l'Ethiopie; mais c'est qu'il n'était pas en situation de se prononcer. La Macédoine et l'Ethiopie étaient trop loin pour qu'il en pût apprécier les traditions. Il a pris la première venue. Pour l'Espagne, il n'en était pas ainsi. Julien savait ce que l'on disait ou ne disait pas des origines apostoliques de son pays. Entre les deux prétendues traditions, il a éliminé celle qui eût été glorieuse pour les Espagnols, évidemment parce qu'il la savait dépourvue de toute attache dans l'opinion locale.
Après ce que je viens de dire, on ne s'étonnera pas que le catalogue byzantin, connu en Espagne dès avant la fin du VII® siècle, ait laissé des traces dans la littérature de ce pays. J'ai déjà dit qu'il fait le fond du livre * De orlu et obitu Pairum attribué à saint Isidore ; les notices grecques y sont reproduites plus ou moins complètement-. A la fin, on trouve une petite récapitulation : Petrus namque Romam accepit, Andréas Achaiam, lacobus Hispaniam ..^ qui se termine par une note sur saint Paul, prédicateur universel. Ce petit catalogue reparaît dans un fragment du Commentaire sur Nahum, attribué à saint Julien de Tolède, et dans le Commentaire de saint Béat (fin du viii® siècle) sur l'Apocalypse^. Le
Composlelle. En 686, il n'y avait pas encore de Composlelle, ni, par suite, de rivalité entre Composlelle et Tolède.
1. Je devrais plutôt dire de la seconde partie du livre, car il y en a deux, consacrées l'une aux saints de l'Ancien Testament, l'autre à ceux du Nouveau.
2. Abdias aussi a été mis à contribution. Voir la notice de saint Jean.
3. S. Beau in Apocalypsin commentaria, éJ. Florez; Madrid, 1770, p. 97. Je le trouve aussi dans une hymne rééditée depuis peu par le P. Dreves, Anal, hymnica, t. XXVII, p. 187, Celle hymne est contemporaine du roi asturien Maurecat (783-788).
premier de ces deux commentaires est fort contesté. Je ne crois pas, quant à moi, qu'on puisse le considérer comme authentique ^
Quant au livre Le oriu et obitu Patrum, il n'est pas douteux que saint Isidore n'en ait écrit un sous ce titre ; saint Hildefonse l'atteste expressément 2; mais rien ne prouve que son texte nous soit parvenu intact. On a déjà vu que des deux recensions qui circulent, une seule est retenue par Arevalo. Celle-ci, les critiques non espagnols s'accordent à la juger au moins interpolée. Sans entrer dans le détail de cette question d'histoire littéraire, je soumettrai au lecteur le chapitre relatif à saint Jacques. Il sera facile de voir qu'on ne saurait, sans imprudence, l'attribuer au docte évêque de Séville. En regard du latin d'Isidore (?), je dispose celui des textes byzantins ^ qui s'en rapproche le plus.
lacobus, filins Zebedaei, 'Ia-/.w6oç ô xou y.zBzZdo\j
quartus in ordine,
duodecim Iribubus latç owûr/.a ^uXatç
quae sunt in dispersione genlium xatç h zfi oia^ropa
scripsit, alque Hispaniae et Occi-
dentalium locorum gentibus
evangeliunn praedicavit. kr^pu^e xb EuayfiXiov.
Hic ab Herode telrarcha Ttzo Zï 'Hp(i)ôou xou xsxpdtpyou
gladio caesus OCCubuit. hr^piOr^ {j.aya(pa.
Sepultus in Marmarica. 'K/.oiu.7i6r| oï iv r.ùXzi xî^ç Mapfj.api/.^ç
Le texte grec contient deux bévues : Tune consiste à
4. Il nn figure pas dans l'énuméralion fort détaillée des écrits de Julien par son contemporain et successeur Félix de Tolède (Migne, P. L., t. XGVI, p. 448). En vain dirait-on que celte énumération ne comprend pas la vie de saint Hildefonse, écrite pourtant par Julien. D'abord, il n'est nullement sur que celle vie soit de Julien plutôt que de Félix lui-même. Fût-elle de Julien, qu'elle aurait fort bien pu être omise par Félix, car ce n'est qu'un chapitre additionnel au De viris illustrihus d'Hildefonse. Da reste, après ce qui vient d'êlre dit sur le cas que Jtilien faisait de la tradition de saint Jacques, on admettra difficilement qu'il puisse être l'auleur d'un livre où celle tradition est acceptée sans correclion.
t. De viris iltustr., c. 9.