‹ Saint Jacques en GaliceChapitre 7 sur 13 · Lipsius, t. 112, p. 209, note · texte numérisé non relu

Lipsius, t. 112, p. 209, note

confondre Jacques fils de Zébëdée avec Jacques, frère du Seigneur, auteur de la lettre qui porte en tête l'adresse laTç Bwcîv.a cpuAat; -:aT; èv ty; c'.a^Tcpa; l'autre est encore une confusion : on a pris le roi Hérode Agrippa pour le tëtrarque Hérode Antipas. Admettons que celle-ci soit vénielle. Quant à la première, qui est énorme, le rédacteur latin ne s'est pas borné à la reproduire; il l'a précisée par le mot scripsit^. On voit combien il est invraisemblable qu'un tel écrit soit de saint Isidore 2. L'auteur du Èremarium apostolorum, qui n'était pourtant pas un bien grand clerc, a eu soin de corriger les deux fautes. Voici son texte :

lacobus, qui interpretatur Supplantalor, filius Zebedaci, [rater lohannis. Hic Spaniae el Occidentalia loca praedicalur et sub Ilerode gladio caesus occubuil; sepnilusque est in Achaia Marmarica.

La rédaction du Breviarium est reproduite mot à mot dans le De ortu et oMtu PP, 2® rédaction; on s'est borné à y intercaler un petit développement oratoire après les mots f rater lohannis.

On voit, par la comparaison de ces textes, que non seulement le recueil en général, mais l'article de saint Jacques en particulier, représente tout autre chose que l'œuvre d'un auteur sérieux.

Du reste, saint Isidore, qui a eu tant d'occasions de parler de saint Jacques et surtout de sa mission en Espagne, ne fait mention de celle-ci dans aucun de ses écrits certains. On remarquera surtout son silence dans le passage des Étymologies (vu, 9) où il traite spécialement du flls de Zébédée, et aussi dans sa Chronique, où il n'est point avare de renseignements sur les apôtres et leurs missions. Ce que je dis de saint Isidore, on peut le répéter de saint Hildefouse, de saint Julien et de bien d'autres.

4. Je sais que beaucoup d'auteurs espagnols suppriment ce scripsit, el, avec lui, une partie de la difficulté; mais c'est là une correction arbitraire el intéressée. Le scripsit est attesté par les manuscrits el par Fréculf.

2. Isidore, Proœmia in libros V. et N. T., c. 100, attribue expressément l'épîlre au frère du Seigneur.

i6 L. DUCHESNE.

La vieille liturgie mozarabique, autant qu'on en peut juger par les manuscrits antérieurs au xii® siècle \ ne témoigne pas d'une sollicitude spéciale pour saint Jacques. L'apôtre était fêlé vers la fin de décembre, le 27 ou le 28, avec son frère saint Jean. Cette association et cette date ne sont pas particulières à l'Espagne; elles rentrent dans un système de commémorations apostoliques dont les origines doivent être cherchées en Orient^. La fête spéciale du 25 juillet, marquée déjà au vi® siècle dans le martyrologe hiérohymien, ne s'introduisit que très tard en Espagne ; elle manque dans beaucoup de calendriers du X® et du XI® siècle^.

De ce qui a été exposé jusqu'ici, il résulte :

10 Qu'avaut le ix« siècle, l'apostolat espagnol de saint Jacques n'est mentionné que dans une version latine du catalogue apostolique byzantin et dans les livres qui dépendent de cette version ;

2® Que ni ce catalogue, dans son texte grec original, ni leâ additions qui caractérisent ses remaniements latins n'ont aucun titre à représenter une tradition quelconque, à plus forte raison une tradition espagnole;

3° Que saint Julien de Tolède (686) a connu leur assertion relative à saint Jacques et qu'il l'a écartée.

\. Il en est aulremeni dans les livres imprimés depuis le lemps du cardinal Ximenès; mais ceux-ci ne sauraient entrer en ligne de compte

2. Sur cette question, voir mes Origines du culte chrétien, pp. 254 et suiv.

3. Je la trouve dans le calendrier de Cordoue, de l'année 961, publié par Sitnonel, Sanloral Hispano-Mozarabe, Madrid, 1871; elle manque dans les livres et calendriers publiés par dom G. Morin dans son édition du Liber Comicus, Maredsous, 1893, et aussi dans les passionnaires de Silos conservés k la Bibliothèque nationale, n»» 2179, 2180.

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