TRIDUUM PRÉPARATOIRE
Pour mieux disposer ses paroissiens à la célébration de ces noces d’or, Mgr le curé Dubuc avait voulu les y préparer par un double “triduum” de prédication et de prière. Le Père Déziel, des Dominicains, prêcha aux femmes du 21 au 23 juin et aux hommes du
25 au 27 du même mois. Aux femmes, il parla de la nécessité et de la beauté de la prière, de l’accomplissement, auquel il faut toujours tendre, de la sainte volonté de Dieu et enfin du triomphe qu’il convient de faire à Notre-Seigneur dans son Eucharistie par l’assistance à la messe, par la communion, par la visite au saint Sacrement et aussi par les processions organisées en son honneur. Aux hommes, pendant le deuxième triduum, le prédicateur parla du respect humain, de l’ignorance religieuse et de la fierté avec laquelle un croyant sincère, comme par exemple un bon ligueur du Sacré-Cœur, doit vivre sa foi et accomplir ses promesses. Ces deux petites retraites furent très bien suivies et, à la clôture de chacune, des centaines et des centaines de pieux fidèles s’approchèrent de la table sainte.
C’est au soir de la fête du Sacré-Cœur — le vendredi 27 juin — que se terminait le “triduum” des hommes. On eut avec la statue de “celu’i dont le cœur a tant aimé les hommes” une procession qui constitua un véritable triomphe. Au delà de douze cents hommes, avec chacun un flambeau, précédés d’une soixantaine d'enfants de chœur portant des torches, faisaient escorte à la statue du Sacré-Cœur tout illuminée et richement ornée de fleurs. Une fanfare accompagnait le chant des cantiques ou jouait des marches religieuses. Des milliers et des
NOCES D’OR DE LA PAROISSE
milliers de personnes regardaient passer le cortège et joignaient leurs acclamations à celles des processionnistes. Au retour, devant le portique de l’église, une foule compacte qui débordait dans toutes les rues avoisinantes fit couronne aux manifestants, priant et chantant tout ensemble. Les “vivats” au Cœur de Jésus furent enthousiastes et fortement poussés. Ce fut une minute incomparable de foi vécue! L’instant d’après, tout ce monde assistait à un salut du saint Sacrement, qui, suivant l’expression du Père Déziel lui-même, “fut court mais vibrant”. “L’ensemble de cette heureuse manifestation, ajoute-t-il, comme du reste les deux triduum qui avaient précédé, furent comme imbibés d’un saint enthousiasme.” Disons, nous, qu’on ne pouvait pas mieux se disposer et se préparer, sous l’œil de Dieu, à la célébration du jubilé d’or de la paroisse.