‹ Saint-Jean-Baptiste de MontrealChapitre 3 sur 24 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les origines de la paroisse

Considérée comme paroisse catholique, Saint- Jean-Baptiste a été détachée, ou “ démembrée ”, ainsi qu’on dit assez curieusement chez nous, en 1874, par feu Mgr Bourget, de la paroisse-mère de toutes les paroisses du nord de Montréal, celle du Saint-Enfant -Jésus, qui s’appelait, en ce temps-là, au civil, Saint-Louis-du-Mile-End, et de son nom canonique, Saint - Enfant - Jésus - du - Coteau - Saint- Louis.

Montréal est-elle vraiment, selon la poétique expression de M. Victor Morin, “ la ville aux clochers dans la verdure ” ? N’est-ce pas un peu présomptueux pour elle de se laisser dénommer, comme on le fait parfois à cause du nombre de ses églises et chapelles et de sa cathédrale qui est une copie fidèle (diminuée) de Saint-Pierre-du- Vatican, la Rome de l’Amérique ? Ce qui est certain, c’est que, vus du fleuve, par exemple, ou des côtes de la rive sud, sa montagne fortement boisée et ses parcs publics pour la plupart ornés de beaux arbres en

font, en effet, comme un vaste nid de verdure, que ses clochers qui brillent au loin sous les rayons du soleil sont innombrables, et que, d’abord, ses origines et son histoire depuis trois siècles sont on ne peut mieux celles d’une ville catholique et française. Bien qu’aujourd’hui elle prenne de plus en plus figure de cité cosmopolite et subisse beaucoup trop, à notre avis, l’envahissement des étrangers de toutes nations et de toutes tribus, elle compte encore, sur 800,000, une population d’au moins 600,000 catholiques d’origine française, ce qui la classe troisième ou quatrième ville française du monde.

L’on sait que, jusqu’en 1866, il n’y avait, pour toute la ville, qu’une seule paroisse, celle de Notre- Dame, que nos grands-pères appelaient tout bonnement, et uniquement, “ la paroisse ”. Quand on allait à l’église, on allait “ à la paroisse ” ! Deux filiales cependant de cette unique paroisse-mère, Saint-Jacques et Saint-Patrice, étaient en voie de s’organiser, ou déjà organisées, lorsque se fonda, en 1848, au nord de la ville, et alors dans sa banlieue, sous le vocable du saint Enfant Jésus, une nouvelle filiale, la future paroisse dont naîtrait plus tard, en 1874, celle de Saint -Jean-Baptiste.

L’urgence en effet se faisait sentir d’établir, en cet endroit, une mission permanente, qui mettrait les exercices du culte à la portée des fidèles assez nom-

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