‹ Saint Jean-Baptiste, l'évangile et le Canada [microforme]Chapitre 12 sur 65 · X LE PATRONAGE. D · texte numérisé non relu

X LE PATRONAGE. D

Et c'est parce qu'elle est sainte qu’il faut sans Déntauon remonter jusqu’à Dieu pour en trouver le principe.

Or, cela posé, ceci s'établit :

La vertu de Nationalité et l'essence de la Patrie résident tout entières dans la Mission, pour laquelle Dieu élit certains peuples, dans les conseils de sa Providence sur le gouvernement du monde entier. Il n’y a pas d’autre criterium qui puisse engendrer le Patriotisme, ni d’autre droit qui puisse octroyer à une société la légitimité de s'affirmer à l’état de Nation.

Mais de plus, cette Mission se manifeste par le principe et par le fait de la #ransmission héréditaire, tout simplement parce que l'Etat n’est en somme que la collectivité fédérale des familles. C'est dans ce sens que ie sang joue son rôle légitime dans le droit à la nationalité ; mais ce rôle est ie #0yen et non pas le principe de ce droit. — Il est facile d’en déduire quelle doit être la fn, c'est-à-dire, le but social de toute nationalité, si elle ne veut pas fr.

Cet #éritage, dont nous venons de constater la loi sociale, un peuple peut le répudier, car c’est un axiôme de droit qu’on n’est héritier qu’une fois. ‘€ Semel hæres. *’ Il .peut méconnaître sa mission, car le peuple, en tant que société, a un libre-arbitre national, ainsi que nous l’avons déjà noté précédemment ; mais ce sont précisément cette répudiation et cette méconnaissance qui constituent seules, absolument seules, pour lui, la réalité de

ses décrépitudes, de ses effacements, et en dernier ressort, de sa radiation du grand livre des Patries.

Les inductions pratiques à tirer, pour le Canada, de toutes ces prémisses qui étaient nécessaires à élucider tant soit peu, sont bien faciles, en même temps qu’elles sont bien consolantes et bien civilisatrices pour lui. — Les Canadiens doivent se dire, non pas comme une parole prononcée à la légère, mais avec toute la conviction philosophique et morale d’une telle profession de foi sociale : ‘ Nous sommes réellement une Wafion ; notre sol est véritablement une Pafrie, par la double prérogative du germe, en quelque sorte métaphysique, dont nous avons été formés, c’est-à-dire, parce que nous sommes des Missionnaires et des ÆHéritiers, ou, plus explicitement encore, parce que nous sommes Cafholiques et Français.”

Et même, Dieu dans sa miséricorde a accentué d’une touche bien sensible de son doigt adorable, pour la jeune nationalité canadienne, ces traits sociaux si souverains de ses plans providentiels sur elle. Le Canada n’était qu’une colonie française, quand la France, sa mère, qui l'avait enfanté à la vie du plus pur de son sang, a méconnu sa propre mission à elle-même ;

— mission divine plus incisivement marquée de l’ernpreinte éternelle, qu’il ne l’a été accordé à aucun autre peuple du monde entier ; —et en cet instant, la France a traité le Canada en marâtre. Mais le Père Souverain, le Genérateur Suprême et le Chef indéniable de la grande famille de toutes les nations, veillait sur le Canada. En permettant cette séparation, il l’a sauvegardé des grandes calamités qui ont tant accablé, tant boulversé, tant épuisé la France, et il a, par le fait même, émancipé ce vaillant Fils de France à la vie des patries distinctes et personnelles. C’est que le Christ, qui est le souverain et l’universel Roi, parce qu'il est le souverain ‘et l’universel Père, a toujours aimé les enfants d’un immense amour. Il les a tant aimés que durant sa vie mortelle il ne cessait de les donner au monde, comme le modèle de toute conduite humaine. ‘‘ Si vous ne leur ressemblez, disait--il, vous ne sauriez trouver l'entrée du Royaume des Cieux. ’” (1) Voyant le Canada enfant et délaissé, il s’est senti ému de pitié pour lui et, comme gage de cette maternelle pitié, il a fait de cet orphelinat comme le véritable sceau et le sacre surnaturel d’une nouvelle nationalité dans le monde.

Oh ! que cette mémoire substantielle peut se montrer féconde ! C’est bien de pareils titres, et de ces titres seuls, que les Canadiens ont tout devoir, comme tout intérêt, de s'affirmer conservateurs.

Les considérations originelles contenues dans les pages qui précèdent devaient être établies, et pour ainsi dire creusées dans la terre, pour servir de fondations aux solides et hauts enseignements, qui se trouvent tout édifiés,

jour le Canada, par la vie de St. Jean-Baptiste, dans toutes ses merveilleuse particularités.

D. Où trouve-t-on ces particularités qu'offre la vie de St. ÿean Bapt le, par rapport à la vitalité de la Nationalité Canadienne ?

R. Ces particularités, qui naturellement n’ont rien d’humain r° de matériel, mais qui nous font voir dans St. Jean-Baptiste le surnaturel € .tenseur de la cause canadienne, le Solliciteur-Général des Miséricordes divines envers ce pays, sont inscrites en caractères lumineux dans l'Evangile.

Les textes qui parlent de ce grand Saint sont très-nombreux et trèsvariés. Ils touchent successivement à sa NAISSANCE, — au BAPTÈME, qu’il administra à Notre Seigneur Jésus-Christ, — à l’AMBASSADE, qu'étant prisonnier

(1) Amen dico vobis,'nisi efficiamini sicut parvuli, non intrabitis in Regnum Cœlorum.— Math, XVIIZ, 3.

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ilenvoya au Divin Maître — et enfin, à sa Morr, qui fut un martyre. De plus, à chacune des phases de cette vie prédestinée se joignent dans le Livre Sacré des préceptes, des maximes, des programmes, tout un Code de Lois Divines, et par conséquent immuables, constifuant, au plus haut degré, l'essence et la vertu de la Mission nationale des peuples, qui veulent marcher dans des voies si royalement tracées.

Ce sont ces divers sujets des Aves de la vie et de la mort de St. Jean- Baptiste, et à leur suite, du résumé de sa mission surnaturelle, que nous allons étudier, notes en mains, en autant de Chapitres séparés.

PRIÈRE

O Trinité Eternelle de Dieu, Notre Père qui êtes au Ciel, — PATER NOSTER QUI ES IN CŒLIS ;j — Jésus son Fils Unique, fait Homme par miséricorde envers chacun de nous, Christ, seul vrai Roi surnaturel de toutes les nations du monde ; et Vous, ÆEsprit-Saint, qui procéaez au Père et du Fils, par la vertu incompréhensible de l'incommensurable amour, qui seul, pouvez éclairer nos infelligences, féconder nos volontés pacifier, purifier et sancfifier nos cœurs ; donnez-nous le Protectorat bienfaisant et régénéraieur de vos Saints du Ciel, car nous ne sommes que la Milice, et eux soni 4e Triomphe de votre Gloire. Que par ce mystérieux équilibre de ieurs forces e. de nos efforts, votre beau Règne nous arrive, et manifeste aux gouvernements de la terre quelques unes des splendeurs de votre universelie autorité. —ADNE. NIAT REGNUM TUUM.

Nous vous demandons cette grâce, pour da Chrétienté tout entiére, e spécialement pour le Canada, notre patrie, par les mérites de son Bienheureux Protecteur du Ciel, St. Fean-Baptiste, et en mémorial du PATRONAGE par lequel nous nous sommes voués à lui. —AMEN,

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