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l'Homme lui-même, comme étant ‘ le plus grand qui se soit levé sur la terre, !? (1)
La part d'allégresse sanctificatrice que St, Jean prit, dès avant sa naissance, à ce joyeux mystère de la Wisifation, (2) doit inspirer au Canada, ce peuple qui n’est venu qu'après tant d’autres à la vie sociale, une profonde vénération, une étude favorite et jamais lassée, un esprit de recherche tout-àfait national pour les secrets du plan providentiel, du concept divin, dans l'économie temporelle des peuples.
Au moment où les premiers navigateurs Français, suivis de leur escorte d’apôtres, de martyrs et de vierges, plantaient la Croix de Jésus-Christ sur : les rives du St. Laurent, ce Jourdain de Sauvages, vivait, au centre de l'Europe, un doux et grand Evangélisateur, St. François de Sales, Evêque et Prince de Genève ; — cette ingrate et sotte cité, qui s’est vaniteusement affublée du nom de Rome du Protestantisme et qui n'est plus, aujourd’hui, que la Rome du Loysonnisme. — Quelle chûte ! — Alors, à la voie paternelle €: compatissante de ce Saint, un des plus aimables de tous les Saints, dét milliers de nos pauvres frères séparés rentraient avec joie dans le maternel giron de l'Eglise, dans le bercail de ce Bon Pasteur qui connaît, qui appelle toutes ses brebis chacune par leur nom. (3) Or, le contem] orain de Jacqus- Cartier et de ses vaillants compagnons fondait en l’hon: e 1r de la Visitation de Marie à Elisabeth, toutes deux sur le point d’être mères, un Ordre Religieux décoré du doux et domestique nom de ce mystère consolateur. Et cette Maison de Vierges suppliantes et réparatrices, Dieu l’a choisie pour être la dépositaire fidèle, la confidente prédestinée, la gardienne jalouse, dé sa plus intime dévotion, d’une dévotion qui, de nos jours, dans d’exceptionnelles tempêtes sociales déchaînées sur le monde, se dresse comme le phare lumineux de la régénération sociale du monde, pour lui montrer le port du salut : la Dévofion au Sacré Cœur de Jésus.
La fin des hérésies par la conversion des malheureux enfants qui en ont sucé le lait, avec le lait de leurs mères ; — l’apaisement des tourmentes politiques, qui grondent dans l’ar du temps ; — le Règne social de Jésus-Christ sur la terre, par les simples effusions triomphatrices de son royal amour, qui est pour les Fils de la Lumière, l’Election des Elections ; — la sainte fraternité des peuples, dans l’inépuisable paternité du Sang de l’Agneau sans tache qui
(1) Amen dico vobis: non surrexit inter natos mulierum major Joanne Baptista.— Me!. XJ, 11.
(2) Et Spiritu sancto replebitur adhuc ex utero matris suæ (Le Z, 15).
(3) Proprias oves vocat nominatim.— %an X, z
efface tout péché, — Oh! Seigneur Notre Dieu, Notre Maître et Notre Roi à tous, comme tout est un et tout universel, comme tout s’enchaîne, tout s'illumine et tout se tient, dans les déroulements infatigables de votre beau Plan divin !
Quand Elisabeth venant au devant de sa cousine Immaculée et saluée par elle, qui avait voyagé pour lui rendre ses devoirs, a senti tressaillir de joie son fils dans ses entrailles ; (1) quand Marie a entonné son Magnifica’, hymne sublime, que St. Ambroise a appelé l'extase de l'humilité, et où sont contenus tant de traits qui touchent si directement aux plus profonds problè
mes des sociétés civiles, (2) n’est il pas vrai qu’en l’honneur du si grand, si prédestiné, et si puissant Patron de son pays, tout bon Canadien doit sentir tressaillir, dans les entrailles de son cœur, la vieille foi de ses pères, devant les manifestations si providentielles, si saisissantes et si contemporaires du SACRÉ CŒUR DE JÉSUS P
Le Sacré Cœur de Jésus ! Ah! la bonne manière de l’honorer, aussi bien pour un peuple tout entier que pour un individu perdu dans la foule, ne consiste-t-elle pas, au premier chef, pour l’un comme pour l’autre, à ce que le cœur ne lui mangue pas. Et c'est là une expression très philosophique dans le génie de la langue française, car la violation de cette chaude et joyeuse maxime implique, en même temps, la négation et la défaillance du Cœur, — la perte et la déviation du Courage, —l’Insensibilité, le Sentimentalisme et la Sensiblerie, trois déguisements d’incharité, trois subtilités d’impudeur, —le Stoïcisme, qui n’est qu’une abnégation paganisée, — la Coquetterie qui est la vivacité d'esprit se sensualisant, — et l’Oubli, ce triste et méprisable Oubli, qui contient toujours en germe un reniement de Dieu ; — en un mot, l'Égoisme et la Peur ; tout égoïsme et toute peur.
D. Quelle est la particularité Ecclésiustique à observer dans la naïssance de St. Jean-Baptiste ?
@. C'est que l'Eglise Catholique, Apostolique et Romaine a fixé, par un privilège tout spéciai, la Fête de ce Saint au jour de sa naissance, et non pas au jour de sa mort, comme cela a lieu pour la Fête des autres Saints.
Et notez, qu’en cette exception l'Eglise, dont la sainte liturgie est toute
(rj Ecce enim ut facta est vox salutationis tuæ in auribus meis, exultavit in gaudio infans in utero meo.—Zuc Z, 44. C
(2) NoTE.—Fecit potentiam in brachio suo; dispersit superbos mente cordis sui.— Deposuit potentes de sede et exaltavit humiles.—Esurientes impievit bonis et divites dimisit inanes, Zuo, — 7, 51. 52, 53.
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\ LA NAISSANCE
remplie d’inimitables profondeurs jointes à d’inimitables finesses, célèbre, avant toute chose, dans ce privilège accordé à St. Jean, le mystère de la Visitation ; car c’est en l’honneur de la sanctification apportée par la visite de Jésus-Christ, qui n’était pas encore né, faite à St. J:an-Baptiste, qui ne l'était pas davantage, que l'Eglise a décrété cette particularité, dans son beau culte des Saints, si rationnel, si consolant, si pur d’esprit et de cœur. — Tout est si solidaire dans les choses divines !
Or, voici les réflexions que ce trait amène tout naturellement à l’esprit.
Une des grandes conditions de salut établies par Jésus-Christ lui-même, dans l'inébranlable ensemble de sa sublime morale, est d2 renaître une seconde fois. (C’est à un Pharisien, et à un Prince de Judée, nommé Nicodème, qu’il explique cette doctrine. (1)-- Un Pharisien et un Prince! quelles nuances d’inductions à en tirer ! — Mais ce Prince Pharisien avait la foi en la divinité de Jésus-Christ. Il était venu le trouver dans la nuit, — dans la nuit de sa conscience, — pour confesser cette foi, sans hésitation, sans respect-humain, sans fausse honte, et en dehors de toutes les habitudes hypocrites et raisonneuses de ses pairs. (2) Ce n’est vraiment que par la pratique de cette honnêteté de l’intelligence et du cœur, que tous ceux qui ne sont pas dans la véritable voie pourront trouver le sentier divin qui y ramène. Et c’est bien en récompense de ce courage et de cette franchise, que le Seigneur lui accorda l’insigne faveur de l’instruire, avec la plus touchante sollicitude ; d’être son bon maître d’école. — C'est tout un cathèchisme complet, que cette belle instruction ; et, il faut l’avouer ; Nicodème malgré sa foi, — malgré sa bonne foi, — n'ayant pas encore accompli ce grand acte de seconde nativité, avait de véritables raisonnements d'enfant, dans le sens de puérilité d’esprit, (3) si bien que, dans l’impression populaire, son nom est resté à la chose.
Et c’est alors que Jésus lui dit : ‘En vérité, en vérité” — affirmation répétée ; — ‘ je te le dis, si chacun n’est pas né une seconde fois, il ne ‘ peut pas voir le règne de Dieu”? (4) Z/ne peut, et non pas : ‘‘{7ne pourra;'’ ce qui indique précisément que cette Vision du beau Royaume des Cieux, non-seulement ne s'effectuera pas dans l’autre monde, pour celui qui refuse de renaître, mais encore, qu’en ce monde-ci, il n’y comprendra rien, il n’y verra rien.
(1) Erat autem homo ex pharisæis, Nicodemus nomine, princeps Judæorum.— Joan IIL. 1.
(2) Hic venit ad Jesum nocte ac dixit ei: Rabbi, scimus quia a Deo venisti magister : nemo enim potest hæc signa facere quas tu facis nisi fuerit Deus cum eo.
(3) Foan.—771, de 4. à 21,
(4) Respondit Jesus et dixit ei : Amen, dico tibi : nisi quis renatus fuerit denuo, non potest videre regnum Dei.— Yoan ZZZ, 3.
Toutes ces délicatesses d’insistances sont bien faites, en vérité, pour
nous inspirer le désir et la confiance, la supplication et la charité, de toute conversion {!
Et n'est-il pas dit, d’ailleurs, de St. Jean-Baptiste qu’ “il convertira un ‘€ grand nombre d’enfants d'Israël au Seigneur leur Dieu ’” ? (1) C’est l’Ange Gabriel qui a chanté ce prophétique espoir, avant la naissance du Saint Précurseur, quand Zacharie, son père était tout troublé de cette apparition céleste, et qu’une immense crainte avait envahi son esprit. (2) Mais aussi, quelle joie, quelle allégresse est préparée à tout cœur en qui tressaille la fre
paternelle, (3) quand s’opérent ces naissances, ces secondes naissances bénies | ‘
PRIÈRE
O Trinité Eternelle de Dieu, Notre Père qui êtes au Ciel, — PATER NOSTER QUI ES IN CŒLIS; — Jésus, son Fils Unique, fait Homme par miséricorde envers chacun de nous, Christ, seul vrai Roi surnaturel de toutes les nations du monde ; et Vous, Esprit-Saint, qui procédez du Père et. du Fils, par la vertu incompréhensible de v'incommensurable amour, qui Seul, pouvez éclairer nos tntelligences, féconder nos volontés, pacifier, purifier et sanctifier nos cœurs; vous nous avez fait naître; faites nous vivre, mais bien vèvre, c'est-à-dire, renaître & vous. Et, votre grâce aidant, nous en trouverons le grand secret, dans votre vie à vous, O Seigneur Jésus, dans cette vie, que vous avez voulu perpétuellement renaissante, pour le monde, en instituant votre admirable Eglise, dont vous êtes à la fois et wEpoux et le Père; en un mot, dans la pratique vraie et se reproduisant en tous nos actes, de cette grande ef universelle parole : la Sanctification de votre Nom. — SANCTIFICETUR NOMEN TUUM.
Nous vous demandons cette grâce, pour læ Chrétienté tout entiere, et spécialement pour le Canada, notre patrie, par les mérites de son Bienheureux Protecteur du Ciel, St. Jean-Baptiste, et en mémorial de
sa NAISSANCE miraculeuse, qui ser le germe de nofre courage et de toutes nos résolutions. — AMEN.
(1) Et multos filiorum Israël convertet ad Dominum Deum ipsorum.—Zuc Z, 16. (2) Et Zacharias turbatus est videns, et timor irruit super eum.—Zuc I, 12.
(3) Et erit gaudium tibi et exultatio, et multi in nativitate ejus gaudebunt.—Zuc I, 14.
LE BAPTEME, ra