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fonctions publiques, ou les Volontaires de leur position personnelle, l’honorabilité privée de chacun, la dignité sociale du grade, le loyal mérite du service ; — éviter, en paroles, en écrits et en actes ; en provocations de ces corps-de-garde de la fortune, ou en mauvaises plaisanteries de ces chambrées de l'existence courante, toutes personnalités malignes, blessantes et malintentionnées. —- Etre, en un mot, dans le rang, et s'y maintenir inébranlable, du seul alignement vital, qui soit efficace pour les manœuvres du devoir et fécond pour les affaires qui illustrent un pays; l’alignement de la charité, du dévouement, de l'honneur, et de la bonne confraternité des armes chrétiennes.
ARTICLE TROISIÈME. — Se contenter de sa solde. — Grande science et difficile secret en verité ! Science de paix conquérante, et secret de joies sans égales. — Répudier, par cet article, toutes les ambitions envieuses de déplacement malhonnête hors de la condition où l’on est né, et de déclassement désordonné du poste social que l’on occupe ; lesquelles contraventions au commandement supérieur, celui de la Vocation, — vraie Conscription surnaturelle, — amènent fatalement tous les écrasements et toutes les défaites des Peuples ; sans compter les frais de la guerre qu’il leur faut toujours payer.
Etre content de sa Solde ; c’est-à-dire, aimer sans agitation et sans inquiétude du lendemain, son gzartier, sa famille, le clocher de son village, les étapes de son chemin, les traditions de ses pères, le sol sacré de sa patrie, avec la foi en la vérité de cette belle carrière providentielle que Dieu semble avoir ouverte si large aux horizons du pays, comme étant un drapeau qui lui vient du Ciel. ‘Aime Dieu et va ton chemin, ‘est un magnifique ci de guerre, non seulement troupier, mais encore politique et social.
Et voyez, ce grand et magistral mot de Discipline, qui est toute l’âme du Service des Armes, est aussi tout le cœur de l'Ordre Civil. C'est, d’ailleurs, un fait reconnu, que les peuples nés guerriers ont les meilleures aptitudes naturelles, — disons le mot, les plus grandes grâces, pourun qu'ils y correspondent, — qui puissent les rendre des peuples d’ordre intérieur ; et, par suite, conquérants de fertiles conquêtes morales. Un peuple donc, qui mettrait en pratique, par un exercice scrupuleusement militaire, les trois articles de ce magnifique Code de discipline, contenu tout entier dans ce verset de l'Evangile où St. Jean parle à des soldats, si circonscrit que soit ce peuple dans des limites territoriales, serait non seulement un grand peuple, mais, qui plus est, un peuple heureux. ,
Canadiens ! ‘ Vous êtes heureux, d’avoir eu pour pères des hommes de
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#* foi, qui vous ont transmis des bénédictions plus abondantes que celles que 44 leur avaient léguées leurs ancêtres !’” (x)
‘ Vous êtes heureux, dans le pays que la divine Providence vous a ‘ donné pour votre part d’héritage, car il est un des plus beaux, des plus ‘€ fertiles et des plus salubres du monde ! (2)
‘ Vous êtes heureux dans vos épouses, qui pour la plupart offrent le beau ‘ caractère de la femme forte dont l’Ecriture fait un si admirable portrait, ‘et qui, au témoignage de l'Esprit Saint lui-même, est un des plus beaux ‘€ dons que Dieu puisse faire à l’homme sage et vertueux !’” (3)
‘ Vous êtes heureux dans vos enfants, qui forment partout des familles ‘€ patriarcales. (4) — Vos Evêques, vos Prêtres, vos Juges, vos Magistrats, et
“,autres citoyens marquants, se glorifient presque tous d’appartenir aux ‘€ respectables familles d’un peuple si privilégié”?
‘ Vous êtes donc heureux, honorés et glorifiés, lorsque vous savez ‘€ profiter de toutes les faveurs que vous prodigue la divine Providence, dans ‘ ce cher Canada, qui est la portion chérie de votre héritage.” (5)
Sentinelles des Amériques, prenez garde à vous ! et ne vous attirez pas la décevante surprise d’avoir à vous appliquer un jour à vous même ce mot attristé qu’adressait Virgile aux laboureurs de son époque de découragement populaire et de dissolution sociale :
O Fortunatos nimium sua si bona norint “ Agricolas... "” !
D. — D'après tout ce qui précède, ce grand concours de peuple de toutes des classes de la société, qui venait se faire baptiser sur les rives du Fourdain, était donc composé des plus braves gens du monde ?
2. — C'est ce qui vous tromperait étrangement, si vous le croyiez.— L’Evangile a grand soin de nous spécifier tout le contraire, car ‘ un grand
nombre de Pharisiens et de Sadducéens accouraient, avec la foule, au Baptême du Précurseur. ?’ (6)
(1) Benedictiones patris tui confortatæ sunt benedictionibus patrum! cjus, — Ge XLZX, 26.
(2) Benedictio in medio terrae.—Jsat, XIX, 24.
(3) Dicatur benedictio super uxorem tuam.— 756, ZX 10
(4) Benedictio patris firmat domos filiorum.—Æcc/ III, 11.
(5) S. G. Mgr. Ignace Bourget.—Lettre Pastorale du 31 Mai 1858.
(6) Videns autem multos Pharisaerum et Saducaorum venientes ad baptismum suum. — Math. III, 7.
ek ST.-JEAN BAPTISTE, L'EVANGILE ET LE CANADA, £>
Et de ce fait, il y a un grand enseignement à tirer pour les Baptisés de Jésus-Christ, autrement dit, pour les Canadiens catholiques, à qui ces méditations sont destinées ; car les rives du St. Laurent et les rives du Jourdain se ressemblent comme deux gouttes d’eau. — Dans l’immensité de Dieu, ces fleuves sont-ils, d’ailleurs, autre chose que deux gouttes d’eau ?— Il ne suffit pas d’être né catholique pour se croire élu, et pour aller son chemin, avec présomption, avec égoïsme, avec vanité, avec nonchalance, avec ignorance volontaire, avec latitudinarisme des institutions et des mœurs, avec promiscuité des incompatibles, avec conciliation des inconciliables, avec fusion des infusibles, avec support des’ insupportables, dont le terme générique est la tolérance, et, pour tout dire en un mot, — c’est celui qui résume toutes ces aberrations, — avec Zrédeur, cette nausée de la grâce, ce vomitif du bon Dieu (x) Hélas! dans le giron de la véritable Eglise, combien de ses enfants, aveugles volontaires et prodigucs sans retour, peut-être tout simplement, parce qu’ils ne sont pas réduits à garder des pourceaux, tombent dans ce piège grossier de la conscience, et se laissent prendre à ce perfide traquenard de la Foi de leur Baptème ! — Le Baptême Catholique, le Sacrement du Baptême, est, comme l’a tout dernièrement si bien appelé le Pape Pie IX, s'adressant à la jeunesse éprouvée mais fidèle de sa malheureuse patrie, ‘ Z Porte de tous les Sacrements, ‘ mais précisément, parce que la Religion Ca tholique est la seule vraie, cette porte est la Porte étroite, "” qui seule conduit à la vie (2) selon la parole expresse du Christ. Les mauvais Juifs, les juifs orgueilleux et méchants, ergoteurs et cauteleux, égoïstes et corrompus, qui avaient le haut du pavé, et qui suivaient la voie large, tout en venant se faire baptiser par St. Jean, doivent nous prémunir d’une salutaire crainte sur les subtils dangers qu’entraînerait à sa suite une criminelle confiance en notre beau titre de catholiques.
Et remarquez que l’Evangile désigne, en ce passage, comme compères et compagnons des visites au Jourdain, les Pharisiens et les Sadducéens, c'est-à-dire, les deux classes légendaires des insoumis de l'esprit et des corrompus du cœur. Ces deux classes de pécheurs publics et impéni teuts symbolisent à souhait le Aafonalisme et le Sensualisme. Or, ces deux vices, qui sapent par la bâse tout édifice social, sont en apparence hostiles l’un à l’autre ; mais, en réalité, il n’y a d'autre hostilité entre eux que cette hostilité des Partis politiques, que le Parlementarisme athée de nos jours a
nd {1) Quia tepidus es, incipiam te evomere ex ore meo (Apoc. ZZZ, 16.) | à (2) Intrate per angustam portam, quia lata porta, et spatiosa via est quae ducit ad perditionem, et multi sunt qui intrant per eam — Quam angusta porta et arcta via est quae ducit ad vitam et pauci sunt qui inveniunt eam (Ma/k. VZI. 13. 14.)
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l'hallucination de considérer comme une nécessité, un bénéfice et une merveille.
Dans les Chapitres suivants, le texte lui-même du Saint Evangile projettera d’éclatants jets de lumière sur ces grandes tristesses et ces cruels périls de lasociété, Mais il ressort, dès à présent, de cette affluence simultanée des Pharisiens et des Sadducéens, le long du fleuve où Jean baptisait et prêchait, que le jeu politique des Partis ne peut absolument pas constituer la religion du patriotisme, Les Partis ne sont que des Sec/es ; — étymologiquement ces dénominations sont identiques ; — et toute Secte est un retranchement, une déchiqueture, une négation de la Vérité.
Aussi, les paroles dont St. Jean accueille les endurcis de la Judée sontelles brûlantes comme le feu de l’éternelle Justice.
D. Quelles sont ces paroles ?
f 2. ‘ Race de vipères ! De quicroyez vous donc tenir le secret ‘€ d'échapper à l’inexorable courroux qui fondra un jour sur vos têtes.” (1)
Ces terribles malédictions, qui ne sont, d’ailleurs, que la préparation des anathêmes que devait prononcer, peu de temps après, le Divin Maître en personne, sont bien faites pour faire rentrer avec effroi en eux-mêmes les Catholiques du Canada. Sorties de la bouche de St. Jear, elles les atteignent tout particulièrement au cœur et leur montrent l’énormité des dangers que court l’avenir de leur patrie, si le Pharisaïsme et le Sadducéisme, — autrement dit, pour bien définir le côté social et politique universel de ses deux sectes juives, — si la Lévolte systématique et raisonneuse de l'Etat contre l'Eglise, et la Suprématie accordée aux intérêts matériels sur les besoins de l'âme, en arrivaient à prendre en mains les rênes du Gouvernement et à diriger ses actes.
Il n’y a qu'un moyen de conjurer ces dangers. Le Patron du Canada nous l'indique ; c’est de faire pénitence, et remarquez qu'il dit : Un digne fruit de pénitence. "’ (2) Or, si le mal est dans la nation, la pénitence doit être nationale, pour être digne, c'est-à-dire, efficace. La pénitence nationale, c’est l’aveu sincère fait par l’Etat des fautes du passé ; — c'est le changement résolu des actions de la politique que l’on reconnail coupables, — et enfin, c’est l’effacement de ce mal, opéré par la bénédiction
(1) Dixit eis : Progenies viperarum quis demonstravit vobis fugere a ventura ira—
Math. ILL, 7.
(2) Facite ergo fructum dignum pœnitentiæ.—Matk, III, 8.