‹ Saint Jean-Baptiste, l'évangile et le Canada [microforme]Chapitre 19 sur 65 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

L'AMBASSADE

Paler noster qui es in cœlis Ne nos inducas in tentationem.

AMEN

D. Queïs enseignements devons-nous retirer de ! Ambassade envoyée par S£. Jean prisonnier à Notre Seigneur Jésus-Christ ?

Æ. Ces enseignements sont aussi profonds que variés. Ils ressortent, non-seulement du fait lui-même de cette Ambassade, mais encore, de l’occasion que le Christ en prend pour parler à la foule et pour promulguer un des côtés les plus caractéristiques de sa divine morale. L'époque ellemême, où se passe cet incident, dans la vie du Sauveur des hommes, a également sa portée bien digne de remarque et de méditation. ÆEt si l’on veut condenser dans son esprit, par un bien facile petit travail de synthèse, la surnaturelle philosophie de cette triple étude : — le moment où les députés de Jean viennent au Sauveur, — le fait lui-même de la députation, — et les réponses auxquelles elle donne lieu de la part du Divin Maître, on se convaincra, sans effort, que ces saintes merveilles de la révélation sont revêtues d’un caractère social très-accentué. Elles contiennent une trés-haute, trèspuissante et très-radieuse morale politique. L'autorité publique du Christ, Roi des Nations, Arbitre des Gouvernements, et Centre de tout pouvoir civil, s’y affirme avec une précision, une netteté et une waestria des plus saisissantes.

SI

D. Quelles sont les circonstances qui marquent l'époque où Notre Seigneur Jésus-Christ reçut les Ambassadeurs de St. Jean Baftiste?

PR. Jésus était dans la floraison de ses trois années de prédication et de miracles. — Baptisé par son‘cousin, le Précurseur Jean (r) et tenté ensuite par Lucifer, après quarante jours de jeûne, (2), il avait été convié aux noces de Cana et il y avait consacré, par le premier signe sensible de sa divinité, l'appel de sa présence à cette solennité majeure des familles ; — appel et -consécration qui symbolisent doublement : — en premier lieu, le berceau des sociétés humaines, le mariage primordial ; — Jésus et sa Mère honorent ainsi par leur assistance cette institution originelle du Créateur—et en second lieu, le germe tout surnaturel des générations nouvelles, le mariage catholique. — En changeant l’Eau en Vin, le Fils de la Vierge donne à ce Sacrement une fécondité de sanctification, de mérites et d’honneur, que la Loi Antique n’avait point encore connue. (3) Puis, après avoir fait le choix de ses premiers disciples ; (4) après avoir appris au monde l’immortelle pmère à adresser à son Père, à NOTRE PÈRE à tous (5) et prêché les sublimités non encore imaginées du Sermon sur la Montagne, (6), il traversait les villes et les bourgades en faisant du bien. (7) — Il avait déjà rendu sain un lépreux ; (8)-— redressé les membres du serviteur d’un Centurion et admiré publiquement la profession publique de foi, dont cet officier de troupes venait de «donner l’exemple ; (9) — délivré du démon plusieurs possédés ; (10) — guéri la belle-mère de celui qui devait passer de l’état de pêcheur à la dignité de Prince des Apôtres, de pêcheur d'hommes dans les filets de la grâce ; (11) — opéré la première pêche miraculeuse ; (12) — chassé à coups de fouet les vendeurs du temple ; (13)—ressuscité le fils d’une pauvre veuve, qui rendait avec courage les’ honneurs de la sépulture à son mort aimé ; (14)—rétabli

(1) Math III, 13, et suiv. — Marc, I. {0. et suiv. — Luc III, 21 et suiv. — Jean I, -29 et suiv.

(2) Mah IV, 1. etsuiv. — MarcI, 12 et suiv. — Luc IV, 2 et suiv.

(3) Jean IT, r. et suiv.

(4: Math. IV. 18 et suiv. — IX 9 et suiv. — Marc. I 16 et suiv. — IT 14 et suiv. — Luc IV 10 etsuiv., — V, 27 et suiv. — Jean I 38 et suiv.

{5) Math. VI, 9 et suiv,

(6) Math. V, VI, VII — Luc VI, 20 ét suiv.

Math, IV. 23 et suiv, — Marc I. 32 et suiv. III 1 et suiv. — Luc IV. 40 et suiv, VI. 6 et suiv.

(S) Math, VIII 2 et suiv. — Marc. I. 40 et suiv. — Luc V. 12 et suiv.

(o) Math. VIII 5 et suiv. — Luc VII 2 et suiv.

(10) Math. VIII 16 et suiv. — 28 et suiv., — Marc I. 23 et suiv, —Luc IV, 23 et suiv, —VIIIL 2

(at) Math \II 14 et suiv. — Marc. I 30 et suiv. — Luc IV, 38 et suiv,

(12) Luc V. 4 et suiv.

(13) Jean IT. 14 et suiv.

{14) luc, VII, 11 et suiv,

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