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les lois du mouvement dans les membre: d’un paralytique ; (1) — commandé:
aux vents et à la mer ; (2) — restitué à la raison et à la morale publique l'esprit d’un maniaque, que les puissances immondes faisaient vivre, depuis de longues années, tout nu, au milieu des tombeaux ; (3) — redonné, le même jour et presque au même instant, à quelques pas et à quelques heures de distance, la santé à une pauvre femme âgée, qui perdait la vie dans la souffrance et son patrimoine entre les mains inhabiles des médecins, depuis douze années, et l’existance à une jeune fille noble, morte à l’âge de douze ans. (4)
Et cette journée de miracles avait été miraculeuse jusqu’au bout. Cet ami, cet exaltateur des enfants, qui à douze ans prêchait dans le temple et confondait les docteurs, en sortant de la maison de Jaïrus, après y avoir laissé l’allégresse et la recommandation si divinement profonde et si humainement maternelle de donner à manger à la petite ressuscitée, trouvait sur son chemin ces deux mystérieux aveugles, que les incrépations de la foule ne pouvaient faire taire et qui n’avaient, comme des jumeaux de la grâce, — (Qui sait s'ils n'étaient pas mari et femme ?) — qu’un cœur pour crier pitié au Fils de David, et qu’une âme pour lui répondre ‘ Nous croyons ; *” et leurs yeux s’ouvraient à la lumière; (5) laissant ainsi pour toujours, en cette zn#mité de leurs personnes, le témoignage de ce qu’on pourrait appeler l’wnrverselle aventure de l'humanité, c'est-à-dire, la solidarité cachée de tant d’aveuglements, de tant d'illusions et de tant de mendicités d’ici-bas, mais. aussi, la fréquente communion — (Union de communauté et communi-cation instantanée,) — des miséricordes, des intelligences et des clartés d’enx haut. — “ Rien n'est mystère comme une âme, ’ répète sans cesse en France;, un très saint prêtre qui vit encore.
Enfin, sur le soir du même jour, un malheureux que les mauvais Anges: rendaient muet recouvrait, avec la parole, la saine et pure possession dului-même. (6)
Parler, c’est'si souvent signe d’honnêteté, Comme se taire l’est de honte.
Puis, pour consacrer, en quelque sorte, cette première poussée des: bénédictions du Verbe, survenait la conversion de la Samaritaine ; (7)
(1) Math. IX, 2 et suiv.— Marc II, 3 et suiv. — Luc. V, 18 et suiv.
(2) Math. VIII, 24 et suiv. — Marc. IV, 37 et suiv. — Luc VIII, 23 et suiv. (3) Marc. V. 2 et suiv. — Luc VIII, 27 et suiv.
(4) Math. IX, 18 et suiv.— Marc V, 22 et suiv. — Luc VIII 41 suiv.
(5) Math. IX, 27 et suiv.
(6) Math. IX, 32 et suiv.
(7) Jean. IV.
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touchante étape, entre les plus touchantes, parmi ces excursions de la vie du Bon Pasteur. La Samaritaine ! qui vit toujours et qui pour nous, dans les temps que nous traversons, nous représente, avec une incisive netteté de contours psychologiques, la pauvre conscience protestante ; honnête, mais ne sachant pas ; n'ayant pas de révoltes préméditées contre l’appel de Dieu, mais absorbée dans les devoirs purement humains ; naïve en ces devoirs jusqu’à la franchise ; inconsciente des choses surnaturelles ; adorant ce qu’elle ne connait pas, comme le Christ le dit lui-même à l’habitante de Sichar — (Sichar signifie Zvrognerie — Ivrognerie de l’individualisme de la Raison qui produit la déraison de la Personnalité. — Tout le génie du Protestantisme est dans l'ivresse de ce vin frelaté) ; — bref, ayant déjà eu cinq maris et avouant elle-même, sous le regard du Maître, qui lui traverse l’âme, qu’elle n’est pas, en réalité, la vraie femme du mari qu’elle a pour le moment ! !
Ces pauvres protestants que nous cotoyons tous les jours, ah ! comme il nous faut les aimer et les respecter ! comme ils valent tant et tant de fois mieux que nous, et comme ils nous dépasseraient de mille et mille distances dans le chemin de la vérité et de ses actes, s'ils avaient reçu seulement la moitié des bienfaits et des grâces dont nous sommes comblés nous-mêmes ! c'est bien d’eux qu’il faut dire ce que disait, de son temps, des Donatistes, leurs aînés en infortune, le doux et profond St. Augustin, ce fils de Ste. Monique, ce converti de ses larmes, qui causait si sereinement de l’Eternité avec sa mère mourante, dans le tête-te d'Ostie : ‘Que ceux-là vous ‘€ traitent avec rigueur qui ne savent pas combien il est difficile de trouver ‘€ la vérité et d’éviter l'erreur ! Que ceux-là vous traitent avec rigueur, qui ‘ignorent combien il y a de peine à s'élever au dessus des fantômes dont ‘ on est une fois rempli ! Mais pour nous, nous sommes bien éloigné de ‘ suivre cette doctrine envers des personnes divisées d'avec nous, non pas ‘“ des erreurs qu’elles aient inventées elles-même, mais pour s'être trouvées ‘ dans l’égarement des autres. Nous offrons, au contraire, nos prières à ‘ Dieu, afin qu’en réfutant les fausses opinions de ceux que vous suivez, avec ‘< une préoccupation que nous taxons plutôt d’imprudence que de malice, il “ nous fasse la grâce de n’y apporter qu’un esprit qui ne soit touché ni ‘ d’autres impressions que de celles de la charité, ni d’autres intérêts que de ‘“ ceux de Jésus-Christ, ni d’autres désirs que de celui de votre salut.”?
Et qu’il est beau le Christ, qu’il est patient et qu’il est vraiment père vis à-vis de la Samaritaine ! Il commence par lui demander à boire, et lui dit: ‘Si tu connaissais le don de Dieu et ces fontaines d’eau vive qui désal- ‘ tèrent toute soif ! Viendra l'heure où l’on advrera l'Eternel en esprit et
L'AMBASSADE,
‘en vérité; car Dieu est Esprit.”’ (1) — Et la femme, émerveillée de ces
> du choses spéculatives qui lui sont toutes nouvelles, plus émerveillée encore | | les d’être si bien connue de cet Etranger, court raconter à ses proches cette | | de | aventure de son âme; et le Sauveur ne la poursuit pas ; il reste assis; il | es l'attend, mais en l’attendant, comme il pense à elle, à elle et à toutes ses | 199: sœurs de l’avenir, qu’il médite de conquérir à son amour ! Aussi, quand ses | OS disciples le rejoignent, continue-t-il tout haut son divin colloque intérieur ; | elle ce qu’on pourrait appeler le rêve de ses bénédictions futures. — ‘‘ Celui qui | char ‘“ moissonne, dit-il, reçoit son salaire, de façon qu’il y ait une joie commune po en ‘entre les semeurs et les moissonneurs. (2) — Il y a des circonstances où il 4 doi ‘est bien vrai de dire que, celui qui sème n’est pas le même que celui qui | 18 et ‘récolte la moisson ’” (3). — Mais c’est toujours le fondement de cette (I "elle nourriture intérieure et cachée, ayant pour substance la volonté du Dieu : 1 4 ! bon qui est le Père vrai. (4) — C'est toujours l'envoi, la délégation, le La ; mandement de ce Père; (5) — C'est toujours l'achèvement de son 4° il ouvrage. (6) C’est toujours le blanchissement printanier de ces régions is intimes de l'âme, caressées des plus chauds rayons de soleil et laissant nee onduler la bonne semence qui a germé au souffle de la grâce, dans cette viens maturité qui frissonne en tout cœur sachant élever ses regards. (7) Enfin, nes | ; < Ne à Le AE à ; c’est toujours le mandat, la repartition, l'équilibre, la poussée divine, l'ordre 21e) tout surnaturel, le dévouement tout humble et la bénédiction promise du . Travail ! (8) — Z/ faut entrer dans le travail les uns des autres ! (9) | vous O trois fois saintes sublimités — personnelles — domestiques — et uver sociales des Choix, des ‘ppels et du Règne de notre si bon Maître, le | , qui Seigneur Jésus.
Son Et la foule le suivait, toujours plus nombreuse à faire cercle autour de ; . lui, toujours plus ardente, à écouter ses enseignements, toujours plus riche en ivées es à (1) Dicit ei Jesus : Da mihi bibere. —Si scires donum Dei et quis est qui dicit tibi : Da
mihi bibere, tu forsitan petisses ab eo et dedisset tibi aquam vivam.—Sed venit hora, et avec nunc est, quando veri adoratores adorabunt Patrem in spiritu et veritate.—Spiritus est Deus.
e, il reRan JO dE à Non ut AE (2) Qui metit mercedem accipit...., utZet qui seminat simul gaudeat et quit metit. — é nl Joan IV, 36. !
e de (3) Aa enim est verbum verum: quia alius est qui seminat et alius est quit metit. — Foan IV, 37. L (4) Meus cibus est ut faciam volontatem ejus. (5) Qui misit me, ère (6) Ut perficiam opus ejus. — Fcan 1V, 34. P ” (7) Nonne hoc dicitis quod adhuc quatuor menses sunt et messis venit ? — Ecce dico | 44 t lui vobis : Levate oculos vestros et videte regiones quia alb& sunt jam ad messem.— %oan 1, 35. j sal. (8) Ego misi vos metere quod non laborastis. | (9) Alii laboravemut et vos labores eorum introistis, — Yoan IV, 38. fl it et |
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EX ST. JEAN-BAPTISTE, L'EVANGILE ET LE CANADA. X> Lé
misères à étaler devant ses yeux (1) — La Æowle, les masses populaires, cette substance des nationalités, ce ferment des Etats, cette gestation continue de tous les problèmes, comme de toutes les énigmes de la politique. Et devant cette foule, Jésus s'arrête, et une immense compassion s'empare de son cœur. — ‘{ Voyez ces hommes, dit-il à ces disciples, — ces hommes, ces femmes, ces vieillards, ces enfants, ces pélerins brisés de toutes lassitudes et affamés de toute nourriture, ces grands et ces petits, ces riches et ces pauvres, ces superbes et ces infirmes, ces mendiants dans le luxe et ces soldats vaincus de la misère, ces languissants dans le tourbillon et ces ésseulés dans la multitude ; ces consciences humaines, en un mot, tour-à-tour abandonnantes et abandonnées ; eile sont devant moi, ‘‘ tourmentées et gisantes, comme des ‘ brebis qui n’ont point de pasteur. — Oh ! que cette moisson désirée ‘est donc grande, mais que les moissonneurs sont rares ! Priez le maître de ‘ moisson qu’il envoie des ouvriers à sa moisson. ’” (2)
Alors, l'institution divine des Apôtres, chacun par leur nom, succède à cette grande parole attristée. Leurs pouvoirs sont définis, leurs attributions délimitées, leurs charges départies, leurs devoirs tracés, leur radicale séparation d’avec le monde affirmée sans retour, leurs innombrables persécutions prédites et peintes d'avance, trait pour trait. Ils sont armés chevaliers de prophétiques souffrances par l’accolade d’un glaive divin, tranchant comme le glaive des sanglantes batailles ; et le mot de Crorx est prononcé, pour la première fois, en ce jour, par le Crucifié du lendemain. (3)
Et c’est en ces instants qu’arrive l’ Ambassade de Jean ; elle va donner au Divin Maître un surcroît d’amertume sociale et de douleurs poignantes, au sujet de la foule.
D. Qu'avait à mander Jean-Baptiste & Jésus-Christ, par l'entremise de ses Ambassadeurs ?
Æ. Et d’abord, le fait en lui-même de l'envoi de cette Ambassade mérite quelques minutes d’attention.
Jean était prisonnier. — Dans le Chapitre suivant, nous étudierons c: inique captivité et la condamnation à mort dont elle fut suivie. — Personn plus que Jean n'avait rendu témoignage à la divinité de Jésus-Christ. Per-
(1) Math. IX, 39.
(2) Math IX, 36-37-38.
(3) Math. X. — Marc IT, 14 et suiv. VI, 7 et suiv. — Luc VI, 13 et suiv. X, 1 et suiv,
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sonne plus que lui ne l'avait proclamé comme étant le Messie attendu, la Vérité incarnée, la Lumière éternelle, et l'unique Sauveur du monde. Et pourtant, il lui envoie des députés pour lui’adresser cette étrange question : ‘ Es-tu Celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ?’” (1)
Evidemment, ce n'était pas pour s’éclairer lui-même que Jean dépêchait cette ambassade, mais c'était pour convaincre ses propres disciples, ceux sur qui il avait juridiction de conscience et de foi. C'était pour que tout doute fût dissipé en eux, par la vertu d’une awtorité infaillible ; et Jean affirmait, par cette délégation de proprétique voyage, qu’il ne peut exister, réellement qu'une seule autorité ayant ce privilège de l'Infaillibilité.
Les leçons et les rapprochements qui découlent de cette démarche sont d’une clarté qui n’a pas besoin de longues démonstrations.
Jésus-Christ seul est la vérité infaillible, mais ayant voulu que cette vérité de sa doctrine et de sa loi se perpétue intacte, après sa mort et sa résurrection, il en a confié l’indéfectible dépôt à la personnalité du Chef de ses Apôtres et de ses successeurs, qui sont les Evêques de Rome. A moins de n'être pas Dieu, et alors, d’être le plus immense des insensés, il ne pouvait pas agir autrement ; car, en rachetant l’homme, il n’a pas anéanti en lui le signe divin qu'avait imprimé à l'âme humaine le souffle éternel du Créateur ; ce signe de l’image et de la similitude de Dieu, qui n’est autre, — on ne saurait trop y penser, — que le Libre-Arbitre. Or, si Jésus-Christ avait disséminé l’infaillibilité de sa doctrine sur toutes les âmes simultanément, il aurait, par cela même, effacé ce sceau du Libre-Arbitre de la conscience humaine, et de plus, créé du même coup l'absurde philosophique et le contradictoire rationnel. Il aurait fracturé à l’indéfini et pulvérisé à outrance la Foi, la Sainte Foi, dont l'essence est d’être une ; il aurait déprécié et véritablement avili toutes vérités, en les émiettant, (2) — ce qui est précisément l’œuvre fatale de toutes les hérésies, et spécialement du Protestantisme, dont le malheureux génie tire vanité de les représenter toutes. — Il aurait, en un mot, selon une expression familière mais juste, que nous avons entendu émettre un jour par un cœur catholique parlant à une conscience protestante : ‘* faif des Saint-Esprit de poche. *’ — D'où il suit, que dans tous les pays du monde, les fidèles eussent-ils pour Pasteur un St. Jean, un Précurseur de la Parole Divine, un héros de sainteté, de science et de vertu, qui le rende plus qu’un prophète, selon le titre qu’a donné le Christ lui-même au fils de Zacharie, il
oannes autem quum audivit in vinculis opera Christi, mittens duos de discipulis
suis illi : Tu es qui venturus es an alium expectamus ?— Math. X°7, 2, 3. Diminuntae sunt veritates a filiis hominis.—Ps, XI. 2.
Dons te.
faudrait toujours, et de toute nécessité, communiquer avec Rome, par des relations, par des missions, par des anibassades réelles et personnifiées. Il faut toujours aller interroger l’arbître de la doctrine, le Vicaire de Jésus- Christ. Il faut toujours passer les monts ; et c'est là le vrai U//ramontasuisme ; — un mot qui, Dieu merci, avec les lumières éblouissantes qui jaillissent du Vatican, au temps où nous vivons, et les coups de tonnerre qui ébranlent les peuples contempteurs du Vatican, en arrivera bientôt à ne plus effaroucher que les lâches, les poltrons et les sots.
C'est cette habitude de communications continues avec Rome, dont le Gailicanisme a eu pour but de sevrer les Eglises et de dénuder les Etats.
Et elles peuvent-être si variées, ces fécondes Ambassades de la Chrétienté à Rome ! Le génie d’un Ambassadeur est, d’ailleurs, d’être témoin. — € Témoin, ‘’ c'est un des plus grands mots qui existent ; le mot Æartyr ne signifie pas autre chose ; c’est le témoin, qui signe son témoignage avec son sang.
En fait d’Ambassades envoyées à Rome, Monseigneur Ignace Bourget, Evêque de Montréal, a acquis devant Dieu, devant l'Eglise et devant sa patrie, le saint honneur d’avoir député toute une légion d’Ambassadeurs du Canada auprès du Vicaire de Jésus-Christ, en se faisant, comme il l’a fait, c'est-à-dire avec cette douceur et cette énergie qui le caractérisent, l’inspirateur, l’initiateur et le propagateur du mouvement des Zouaves Pontificaux de ce pays. C’est qu’en lui, ‘le dévouement, excite le dévouement, comme le feu embrase le feu,” (1) selon ses propres paroles, qu’il adressait à ses enfants alignés pour le départ, et qui ne se sont montrés dignes de s’en faire l'application que parce qu’ils ont eu, dans ce saint Pontife, un père qui leur en a donné supérieurement l’exemple. Il a voulu envoyer auprès de la Chaire Apostolique qu'il aime tant, ce patriotique bataillon de témoins, ‘ afin de prouver à l’univers entier que l'extrême Occident se joint à toutes ‘les autres parties du monde, pour épouser la cause sacrée de l'Eglise, et st que des froides contrées du Nord ont surgi des combattants pour le grand ‘ principe sur lequel seul peuvent reposer solidement les sociétés humaise nes" (4)
Effectivement, le rôle le plus providentiel des Zouaves Pontificaux Canadiens, leur mission la plus bénie de Dieu et les fruits les pl::3 catholi-
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(1) Allocution de S. G. Mgr. Ign, Bourget aux Zouaves Canadiens, à leur départ pour Rome, le 19 Février 1868.
(2) Mgr. Ignace Bourget, — Lettre Pastorale 8 Décembre 1867.