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L'AMBASSADE
ques qu'ils laisseront de leur Ambassade Romaine au Canada, — qui a tant à en profiter, — ce sera d’être revenus dans leur patrie, comme autant de Témoins d Ultramontanisme.
Or, ce fait substantiel, cette obligation véridique, cette allégiance de l'âme, une femme, une vierge, une sainte, une admirable sainte, en a proclamé l'honneur et la vertu, il y a cinq siècles, en s’adressant à un soiïdat du Pape alors régnant, à un croisé de St. Pierre, à un capitaine de l'Eglise, qui partait on expédition pour le service de la Chaire Apostolique, — 270 Petri sede.”' — C'est Ste. Catherine de Sienne, conseillère de la Papauté, médiatrice de politique chréiienne entre l’Eglise et les Etats de son temps, proclamée, il y a quelques années, par Pie IX, Protectrice spéciale de la ville de Rome, grande Patronne d’Ultramontanisme, en un mot. — Voici quelques extraits de ce qu'elle écrivait à Charles de Duraz, investi par Urbain VI d’un commandement militaire sur la frontière de Naples, où régnait précisément une Salomé de l’époque, la Reine Jeanne de Provence. — Tout homme ayant eu l’honneur de porter l’uniforme des volontaires de Pie IX ne peut manquer d’être profondément impressionné par ces hautes paroles ; car elles contienrent, en tout ce qui touche à la défense armée de l'Eglise, un superbe ordre-du-jour, sur la noblesse des services passés, non moins qu’un haut commandement surnaturel, pour tout ce qui concerne les devoirs capitaux — (nous allions dire: ‘* Zs devoirs-capitaines, ’ ) — de l'heure présente. — Mais surtout, ce qui, dans la page qu’on va lire, a été soufflé par la bouche du St. Esprit, — cet éternel raccoleur des hommes pour les rassemblements inspirés tout autant qu’inspirateurs, — est bien de nature à servir de éonnerie retentissante pour les recrutements, pour les appels, de l’avenir.
‘ Très cher Frère en CHrisT, doux JÉSUS, — moi, Catherine, esclave < des serviteurs de JÉSUS-CHRIST, je vous écris dans son précieux sang, avec ‘€ le désir de vous voir un chevalier courageux, combattant vaillamment pour “la gloire et la louange du nom de Dieu, pour l’exaltation et la réformation ‘ de la Sainte Eglise.
‘ Considérez, Très cher Frère, que vous ne pourrez pas vigoureuse- ‘ ment accomplir ce bien et subvenir aux nécessités de la Sainte Eglise, si, ‘ d’abord, vous ne faites la guerre et ne livrez bataille aux ennemis qui ‘€ tuent l’âme spirituellement, dans quelque état qu'elle soit.
‘ Je ne dit pas que pour vivre en grâce il faille quitter son état dans le # monde. David et St. Louis étaient Rois, et ils ont été des Saints. Ils ont
‘ possédé temporellement le Royaume, mais sans affection désordonnée. ‘ En eux brillait la perle de la jus#ice, avec une vraie Awmilité et une ardente ‘# charité. Ts rendaient à chacun ce qui lui était dû, au petit comme au ‘“ grand, au pauvre comme au riche.
‘# Celui là peut s'appeler chevalier intrépide, qui a défendu et qui garde ‘ courageusement la cité de son âme contre les ennemis et les tyrans ‘ malicieux qui voudraient l’opprimer. Il est apte, alors, à faire de grandes ‘* choses pour Dieu, c’est-à-dire, pour la gloire et pour la louange de son ‘nom et de la Sainte Eglise. Il peut, ainsi, sûrement livrer bataille zu ‘# dehors, après qu’il aura bien combattu au dedans. — ,S’7/ n'avait pas bien “combattu au dedans, il combattrait mal au dehors.
‘ N'est-ce pas une grande misère de voir la vérité attaquée et niée ? ‘ de voir l’Agneau ponrsuivi par les loups ? de voir les âmes jetées dans les ‘ bras du démon ? @e voir la douce Epouse du Christ démembrée ?—Les seuls ‘ amateurs d'eux-mêmes ne sentent pas ces choses. Comme Pharaon, ils ‘ont endurci leur cœur par s’amour-propre. Il ne parait pas que la bonté ‘ divine veuille que votre cœur ait une dureté si coupable. C’est pour cela ‘ que le Christ vous appelle au secours de son Epouse.
‘ Attendrissez donc votre cœur. Soyez courageux avec sollicitude et sans ‘€ négligence. Venrz promptement. Netardez pas. Dieu sera pour vous. 2? ‘ne faut point attendre Le tenps ; cela porte malhenr. Venez donc. Cachez- ‘# vous dans l'Arche de la Ste. Eglise, sous l’aile de votre Père le Pape, qui ‘tient Zes clefs du Sang de Jésus-Christ. Je sais que vous serez courageux, ‘que vous vous efforcerez d'accomplir la volonté de Dieu, sans vous souvenit ‘ de vous-même : Autrement, vous ne ferez rien.
‘ C’est pour cela que je vous ai dit que je désirais vous voir un ‘“ chevalier courageux ; et ainsi je vous en prie pour l'amour du Christ “ crucifié. Quelle honte pour les Princes du monde, et comme il est ‘ déplaisant à Dieu de voir tant de froideur dans leur cœur, car ils n’ont ‘ apporté à l’Eglise que Le secours de leurs paroles ! Comment pourraient: ils ‘ donner leur vie pour la vérité, quand ils ne peuvent même pas lui donner “Je secours de leurs biens et de leurs bras ? Je crois qu’un jour ils en auront ‘de grands reproches. Je ne veux pas que vous fassiez ainsi ; mais, avec ‘une grande allégresse, donnons notre vie s’il le faut.
‘ Pardonnez-moi la dureté de mes paroles ; amertume des fautes et “ amour de la Ste. Eglise, me seront une excuse devant Dieu et devant vous.
L'AMBASSADE
‘ Je ne dis rien de plus. Temeurez dans la sainte et douce dilection de ‘€ Dieu. — O Jésus Amour ! ”” (1)
née. (1) Note.—Nous ne saurions positivement résister à l'invitation intérieure qui se fait en nous de donner
ente publicité, dans cet opuscule, à une autre lettre de Ste. Catherine, également adressée par cette femme sublime à
» au un homme de guerre de son temps, Tommaso d'Alviano, Capitaine renommé qui se battait en Toscane pour
| le service de l'Eglise, La morale de cette lettre est d’une pureté au dessus de toute comparaison ; et c’est cette ardente pureté de ia Vierge consacrée au Sang de Jésus qui donne à sa parole la profondeur philosophique, la vertu doctrinale et les hautes impulsions sociales, dont est tout émaillé ce précieux document. Ecrivant à
arde un soldat du Pape, elle trace au défenseur des droits de l'Eglise une monographie achevée de l’ouvrier, de
| l’ouvrier du Seigneur. Dans le Christ et dans son Eglise, en effet, ‘ 7x CAristo et in Ecclesia, SozparT et
Re Ouvrier sont deux dignités de l’âme qui se confondent si pleinement !
ndes On permettra bien à eette copie de souligner quelques traits d’un manifeste si royal.
son “Très-cher frère en CHrisrT, doux JÉsUs ! |
Le ét ‘ Moi, Catherine, servante et esclave des serviteurs de Jésus-Christ, je vous écris dans son Précieux Sang
“avec le plaisir de vous voir serviteur fidèle et colonne de la saïnte Eglise.”
bien 4 Soyez le défenseur de cette douce Epouse du Christ. Celui qui sera trouvé fidèle au moment de la mort, “ne verra pas les peines éternelles. ‘* Tour bon chrétien est tenu d'être fidèle, et de servir la sainte Eglise, chacun suivant son état. Dieu met ses ouvriers dans ce glorieux jardin ; nous sommes ses ouvriers, et nous “€ devons le servir en trois manières.”
niée ? ‘ La première regarde généralement tous les fidèles chrétiens, qui doivent travailler par d’humbles et saintes
1 “€ oraisons et dans une vraie obéissance. C'est-à-dire qu'ils doivent être soumis en tout à la sainte Eglise, ns les qui ect le jardin des chrétiens, où ils se réjouissent, d’où ils tirent la vie de grâce, quand ils ne méprisent pas s seuls “le sang en faisant le péché mortel et en se montrant .révérents et désobéissants à la Sainte Eglise. — Soyons )n ils donc des ouvriers, ainsi qu’il est dit.” | be té ‘ La deuxième manière regarde ceux qui sont établis ministres pour travailler dans ce jardin; ils doivent O0
“administrer les saints sacrements de l’Eglise, paître et nourir spirituellement ceux à qui ils doivent la doctrine ar cela ‘Cet l'exemple. Et s’il arrivait que leur exemple ne fût pas un miroir de vertu, cela ne diminue pas la vie
‘que nous tirons de ces sacrements, quand nous les recevons dignement. Le resfect que nous devons avoir
“pour les pasteurs ne doit point non plus diminuer pour ancun défaut ou mauvais exemple de leur part, . ‘€ çar ia vertu du sacrement ne reçoit aucune diminution à cause de cela, et c’est la veiit du sacrement que et sans “nous devons vénérer. Ils sont les oints de Dieu, qui les appelle ses CArrsés dans l’Ecriture, et, bons ou “mauvais, il ne veut point qu’ils soient touchés par la main du peuple, C'est un crime abominable devant us. 2 ‘ Dieu, que ceiui de ces hommes méchants et membres du démon, qui, se faisant leurs juges et voulant punir achez- “leurs crimes, Sersécutent en aveugles la sainte E güise *
: ‘ Pour cette méchante et inique persécution, Dieu a envoyé dans son jardin une troisième sorte d'ouvriers: pe, qui “ce sont ceux qui secourent temporellement l'Église, la servent avec fidélité et de leurs biens et de leur ageux; Le personne, Dieu vous a choisi pour être de ce nombre, car vous fêtes son serviteur fidèle dans une grande Luvenit “nécessité. Nous ne pourrions dire combien ce service est agréable à Dieu, surtout quand l’homme sert, #0» “€ pour son plaisir et sa protre utilité, mais par zèle pour la sainte Eglise, pour son accroissement et son “exaltation, Oui, il est si agréable à Dieu que, bien que tous n’aient pas cette sainte et droite intention “qu’ils devraient avoir, ils seront pourtant récompensés de tous les services rendus à cette douce Epouse, oir un Dieu sera pour ceux qui se fatiguent pour lui, et si Dieu est pour eux, personne ne sera contre eux.”
: “€ C'est pour cela, très-cher frère, que je vous invite vous et les vôtres qui sont dans votre compagnie, à Christ * vous fatiguer saintement pour la sainte Epouse du Christ. C’est la plus douce et la plus utile fatigue de ce il est ‘monde, Cette fatigue est victorieuse, lors sème qu'elle perd, c'est-à-dire, qu’en perdant la vie corporelle “elle a la vie éternelle. Dans le sang répandu pour la sainte Eglise se lavent tous les défauts et tous les
n'ont “péchés commis, Si l’on est victorieux, on avait offert à Dieu sa vie, on s'était exposé à la mort, et si l’on a à ient: ils “acquis des biens temporels, on peut en jouir licitement.” ‘ È “ Qui ne voudrait, trés-cher frère, être prêt à souffrir toutes sortes de tourments pour être serviteur fidèle 1 onner 4 de cette Epouse? Celui qui est aveuglé, qui méprise le sang du Christ et qui la persécute, perd d'un seul { auront coup et son Âme et son corps et ses biens temporels, ÿ s, avec ‘ Quelle grande grâee Dieu vous a faite, à vous et aux autres qui la servent! Je vous le dis: Jetteriez- 4 ? “vous vos corps dans le feu, vous ne pourriez reconnaître une si grande grâce. C’est pour cela que je vous % supplie d'y correspondre avec un ineffable amour, et d’être dans votre état un miroir de vertu, afin que vous $ “€ persévériez dans votre sainte et bonne intention,—que vous soyez une colonne ferme, un serviteur fidèle, et te utes ct 61 ps
t vous. |
C'est par de pareilles impulsions surnaturelles, bien supérieures aux propres vues des âmes qui les reçoivent, que les Zouaves Pontificaux peuvent réellement exercer, dans leurs pays respectifs, et pour les besoins sociaux tout particuliers de l’époque actuelle, une fécondité de civilisation tout-àfait analogue à celle qui distingue l’incalculable et véritablement impérissable influence des antiques Croisades.
“ que le gonfalon de la sainte Croix soit toujours dans votre cœur et dans votre esprit, Si vous n’êtes point ‘vertueux, si vous ne purifiez pas votre conscience par la sainte confession, vous ne serez pas le serviteus «‘ fidèle de Dieu et de l'Eglise, vous ne serez pas un bon ouvrier dans le jardin sacré, Et pourtant, je vour “le dis, j'ai désiré vous voir un serviteur fidèle de l’Egjlise,”’
“ Je vous en prie, je vous en conjure, vous et les vôtres, de la part du Christ crucifié, faites ainsi; Éasez “otre vertu sur la justice et sur la miséricorde, autrement elle ne sera point vertu. Baignez-vous dans le ‘sang du Christ crucifié, et, avec une sainte intention et une pieuse sollicitude, faites ce que vous devez faire ; — ‘et moi, je lèverai mes mains et mon esprit au ciel, —je prierai sans cesse pour vous, pour les autres, demandant à Dieu de vous préserver de tout mal, de vous donner sa grâce et la paix, —et alors, nous pourrions tous “marcher en belle compagnie contre les Infidèles.?
“ Cela me donnerait une grande joie. Ce qui me fait beaucoup de peine, c'est de voir que nous, chrétiens, “€ nous nous combattons les uns les autres, que les fils se révoltent contre le Père, persécutant le sang du Christ “écrucifié. Je ne dis rien de plus ; demeurez dans la sainte et douce dilection de Dieu. Gest dolce ! Gest “amorel”
Altra robba.—C'est pour moi un tout joyeux devoir de vieille camaraderie catholique et militaire de noter franchement ici à quelle source j'ai puisé ces radieuses citations. Elles ont été, avec un rare bonheur, lancées dans la circulation de la publicité ultramontaine par un jeune journal de Bruxelles parfaitement intitulé: ‘“ LA Croix.”’—On remarque à prime vue le burin du Zouave Pontifical dans les maîtres-traits de la rédaction de cette feuille qui “ n’est pas un journal d'abonnement, mais l’organe d’une association.”’—(Bravo pour cette intelligente notion de la liberté de la Presse.) —Cette javewr des bonnes inspirations divines est toute naturelie du reste car ‘ Dieu ne marchande pas, ne jauge pas la mesure dans le don qu’il fait de son esprit ”” aux hommes qui se font siens, selon les propres paroles de St. Jean-Baptiste. (1) Or, dès l’crigine du Régiment des Zouaves Pontificaux,— cette milice de sabres et d’idées, dont très-noble, très-sage, très-vaillant et très-regretté feu le colonel Cte. de Becdelièvre, un des plus r#des chrétiens qui se soit pu rencontrer, dans l’acception bravement surnaturelle de ce terme, a si bien mérité devant Dieu d’avoir été le créateur et le premier père, —le plan providentiel de cet enrôlement volontaire et spontané s’est manifesté par l’union armée de la France et de la Belgique sous le drapeau de la Croix: de la Sainte Croix Catholique Apostolique et Romaine.—La dénomination primitive des Zouaves du Pape a été celle de “‘ Bataillon des Tirailleurs Franco-Belges.”?
Maintenant, —pour rendre un juste hommage au journal “ Za Croix” qui est supérieurement fait pour servir de #odèle à tout organe d'association d'Ultramontanisme, et surtout, de l'Ultramontanisme-Zouave- Pontifical, lequel est l’Ultramontanisine indispensable, car “ Noblesse oblige,”’—nous ne pouvons mieux faire que de reproduire les propres paroles prononcées par Notre Très-Saint Père et Roi, le Pape Pie IX, quand Il fut informé des débuts de cette publication.—"* S’étant fait rendre compte par les personnes de son service du but de cette feuille périodique, Sa Béatitude a tout particulièrement apprécié en elle la première partie de son programme catholique, à savoir : la résolution de donner le plus de publicité et de popularité possible ‘ aux “ grands Actes doctrinaux du St, Siège dans toute la série des diverses époques de l’histoire.” Puis, lorsque le Souverain Pontife eut connaissance que ce journal s’‘‘ait engagé, vis-à-vis de lui-même, à ne rien laisser échapper de tout ce qui émane de Rome à l'adresse de ! :: jeurs les Catholiques-Libéraux, “ Benissime |'— s'est éciié le saint captif du Vatican,— ‘‘ ces hommes-là, s apprêtent au martyre, car qui touche, de nos jours, ‘À cette plaie sociale, doit se préparer à tout genre de persécution ;—à celle des méchants, bien entendu,— 4 mais aussi À celle des Timipes, qui sous le prétexte de ne pas laisser voir l'ivraie, la laissent croitre et lui “ permettent de devenir la maîtresse absolue de nos champs."
Sic “ Roma locuta est.”
(1) Non enlm ad mensuram dt Deus Spiritum, — Joan JIL 34,
;s aux uvent ciaux ut-àsable
es point erviteus je vour
i; Éasez dans le faire ;— demanons tous
rrétiens, u Christ L Gest
de noter lancées 6: “LA ction de ur cette aturelie 1x hom-
ent des regretté
brave-
le plan et de la dénomi-
hit pour Zouave- 1x faire and Il vice du de son e ‘aux lorsque laisser bre 17— b jours, ndu,— et lui
L'AMBASSADE, N
D. Quelle fut la réponse de Jésus-Christ aux députés 8e St Jean- Baptiste ?
@. Ce fut la réponse simple, paternelle et victorieuse, qu’à l’imitation de son Divin fondateur, la Papauté a toujours donnée et donnera toujours à tous ceux qui viennent l’interroger et lui demander s’il doit arriver quelque autorité meilleure, quelque puissance plus bienfaisante que celle de Jésus- Christ. Jésus-Christ se borne à dire, et dicte ainsi à tous ses successeurs dans le domaine des bénédictions agissantes : ‘‘ Allez, retournez auprès de qui vous a envoyés et dites tout simplement ce que vous avez entendu et ce que vous avez vu : des aveugles qui voient clair, des boiteux qui marchent droit, des lépreux dont le corps est devenu sain, des sourds qui entendent juste, des morts qui ressuscitent; et pour couronner ces merveilles, les pauvres qui sont évangélisés.”” (1) —O Sainte et Séculaire Papauté ! Que de dons de la vue tu as restitués à la terre par la salive de ta bouche mélangée à la poussière de ce monde! Que de membres tordus tu as redressés de tes attouchements délicats ! Que de lèpres morales tu as purifiées de ton souffle embaûmé ! Que de mutismes et que de surdités tu as eu le génie de vaincre par la force de ta parole et la patience de tes auditions! Que de cœurs glacés par la mort de l’orgueil sont sortis de leurs tombeaux à la voix de ta maternelle humilité! — Et tous ces prodiges, tu les as opérés, à travers les âges et à travers les nations, toujours pacifique en tes amertumes, familière en tes triomphes et inébranlable en tes résistances au mal, par la réalisation universelle du grand mot prononcé par le Maître : /'Evangélisation des Pauvres.
Ah ! voilà le secret entier et souverain, le secret social et civilisateur par excellence, le secret domestique et intérieur au possible ! Et de quelle immense vastitude n’est donc pas fait ce mot de PAUVRES !
La Pauvreté ! — Où ne la trouve t-on pas, grand Dieu ! sur cette terre, et que sont, en vérité, les indigences de l’ordre physique à côté des dénuements de l’ordre moral ! Cette Pauvreté là, encrassement de l'esprit, haillons du cœur et défroques de la conscience, elle vient s’asseoir à la table somptueuse du riche, —du riche en argent et en or monnayés de ce monde, — et coucher dans son lit que souvent elle souille. Elle réclame, avec usure, sa part de pression dans les conseils des Rois et son droit de vote aux délibérations d'Etat. Elle assiste à tous les tournois de la politique, y pèse de tout le
(1) Et respondeus Jesus aït illis: Euntes renunciate Joanni quæ audistis et vidistis, — Cœci vident, claudi ambulant, leprosi mundantur, surdi audiunt, mortui resurgent ; pauperes evangelisantur, — Math, XI, 4. 5,
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poids de ses applaudissements, et ce poids est lourd à porter pour le peuple. Elle surgit au cœur de toutes les saines effusions des joies nationales et communique son ulcère à la santé publique. Et même, dans le Temple, si l'entrée du Sanctuaire, qui s'appelle si merveilleusement le Saint des Saints, lui est interdite par la vertu de ce voile divin, à l’abri duquel s’immole la grande Victime de propitiation et réside en paix l’Arche sainte de la vérité (x), ne la rencontre-t-on pas, cette Pauvreté délétère, cette pauvreté responsable de l'âme, sous les parvis sacrés et dans le vestibule? Et là, elle est la pire ce toutes ; elle insulte, elle vole, elle siffle, elle crache, car c’est, au plus haut degré, l’inévitable mise en œuvre de cette très-véridique et très-ancienne maxime : ‘ Corruptio oplimi pessima. — Pauvreté du foyer des familles et des promesses conjugales ; Pauvreté des constitutions politiques et des agissements sociaux ; Pauvreté des habitudes populaires et des modes du jour ; Pauvreté des saines études et de tous les loyaux cowronnements de l’éducation chrétienne ; Pauvreté du ministère spirituel et du culte; Pauvreté de l'indépendance religieuse et de la hiérarchie ecclésiastique, —l’Evangélisation des Pauvres de toutes ces Pauvretés n’est pas autre chose que la synonimie parfaite et l’équation souveraine de ce mot: Za Rédemption du Christ ; et la réponse du Christ aux Ambassadeurs du hérault de ses combats, de celui qu’il appelle l’Aïné de tous les hommes, contient tout entière, dans sa concision divine, cette universelle synthèse.
Mais là aussi est la Herre-de-touche de toute députation qui pourrait prendre la route de Rome, en suivant mentalement des chemins de traverse; en se rendant, non pas ‘‘ ad limina Apostolorum, mais bien ‘ ad limina Personalitatum. * L'Evangélisation ou la Monopolisation d’une Pauvreté quelconque établit, en ces voyages dissemblables, la même distance que celle dont se distingue une conspiration, d’un témoignage ; une trahison à l'ennemi, d’un service commandé ; un flibustier, d’un ambassadeur. — Il est, au surplus, parfaitement inutile d’insister davantage sur cette donnée de hasard qui d’Uframantaines affadirait et aplatirait ces partances pour Rome jusqu’à les rendre, en toute étroitesse de cœur et stérilité de foi, tout simplement 7ra»socéanes, si le mot peut s’inventer. — Le Verbe Divin”a congédié de cette magistrale parole d'adieu les députés de son Précurseur enchaîné. ‘ Fort ‘ heureux est, tout de même, celui qui ne sera pas scandalisé en moi. ”” (2)
(1) Ne omni tempore ingrediatur Sanctuarium quod est intra velum coram Propitiatorio quo tegitur Arca.—Zevit. XVI. 2.
{2) Et beatus qui non fuerit scandalisatus in me,—Ma/k XI. 6.
euple.
comple, si Saints, iole la vérité ponsala pire s haut cienne les et s agisjour ; éducaeté de sation >nimie st; et e celui conci-
burrait verse ; k Per- & quele dont nemi, rplus, d qui à les Zrancette Fort
atorio
EX L'AMBASSADE,
D. Jésus-Christ a-t-il borné à ces enseignements ce qu'il «a voulu nous apprendre au sujet de | Ambassade de St. Jean Baptiste ? ù
Æ. Loin de là, car au contraire l'Evangile nous dit qu'à peine les Ambassadeurs étaient-ils partis, le Christ commença à parler aux foules au sujet de Jean (1). Et c'est bien en effet aux foules qu'il s'adresse, dans le sens populaire que nous avons indiqué plus haut. Or, ses paroles, en cette circonstance, revêtent un cachet tout particulier de doctrine sur l’Awforité publique. — S'animant par degré, il semble avoir divisé les graves questions qu’il a ainsi à traiter, pour les avertissements impérissables des peuples, en trois parties :