‹ Saint Jean-Baptiste, l'évangile et le Canada [microforme]Chapitre 35 sur 65 · CE · texte numérisé non relu

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victorieux dont le Bon Pasteur nous peint lui-même son immense amour pour la brebis égarée dans les broussailles de ses séparations. Il fant porter en soi cet amour, à la différence du mercenaire que Christ appelle un voleur, un bandit et un poltron, qui ne sait que fuir (1). — Oh! les mercenaires de la politique, et les intrus sociaux, qu’ils sont donc innombrables! — Oui il faut aimer le Dogme et tout ce qui, de près ou de loin, touche à un Dogme, d'une fidèle, d’une générale, d’une haute et d’une minutieuse dévotion. — La dévotion, c'est le dévouement élevé à l’honneur de la fécondité. — Il faut l'aimer avec force ét avec caresses, avec respect et avec expansion, avec une humilité brûlante d’ardeur, et avec des ardeurs palpitantes de sagesse. — Et mon Dieu! il faut l’aimer, comme on aime quand on sait aimer !

L'un des grands signes auxquels vous reconnaîtrez toujours le Libéralisme-Catholique le plus subtil et le plus déguisé, fût-il déguisé d’une soutane violette, — pourquoi ne pas le dire? — c’est qu’il swëif les Dogmes et ne les aime pas. — Dont actes existent.

D. Quelle est pour le Canada l'expression pratique et se traduisant par des œuvres, de toutes ces théories de salut social qui émanent du Dogme de l'Immaculée Conception de la Vierge Marie ?

@. En Canada, nous avons, de cette merveilleuse fécondité dogmatique et de cette génération spirituelle, deux beaux produits, deux filles immortelles, deux fondations saintes, deux maisons royales de la céleste royauté ; disons le mot, deux Couvents ; — l’un d'hommes et l’autre de femmes.— Et voyez les beautés harmoniques de tout ce qui tient à l’ordre surnaturel ! L'un de ces couvents,—celui des hommes, —-a pour patronage, l’Immaculée Conception de la Vierge Marie ; ce sont les OBLaTs. L'autre, —celui des femmes, —plus national encore que le premier, puisqu'il n’a pas été importé de l'étranger en ce pays, mais qu'il a pris naissance sur le sol canadien lui-même, il y a à peine quelques annees, et qu’il y croît comme un véritable enfant de l'Enfant de Marie, en sagesse et en grâce devant Dieu et devant les hommes, (2) honore, invoque, appelle, supplie, adore, réchauffe, — peut-on dire, — et répand, — peut on ajouter, — comme une rosée de miséricorde et d'amour, de virilité et d'espérance, le Sang du Fils de l'Homme sur cette Patrieenfant ; c’est le MONASTÈRE DES RELIGIEUSES DU PRÉCIEUX SANG, dont la Maison-Mère est à St. Hyacinthe.

(1) Jean, X, (2) Et Jesus proficiebat sapientia et ætate et gratia apud Deum et homines.Zuc 11 52,

Le lien qui rattache ces deux Institutions Catholiques du Canada est bien fort, et la force qui les lie à l'avenir social du pays est bien attachante en toute franchise de confiance et de souhaits. Quatre mots rapides suffiront à esquisser cette double harmonie vraiment patriotique.

Les Révérends Pères Oblats ont été institués en France par un saint Evêque, vrai gentilhomme d’armes nobiliaires et de houlette pastorale, Mgr. Charles Joseph Fn-1 .e de Mazenod, Successeur de l'ami de Jésus, du frère de Marthe ei je Mae, St. Lazare, sur le Siége Episcopal de Marseille. Ornés, dès leur fondation, du titre de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, ils ont formé, contre le Sensualisme, touteune conquérante avant-garde de précurseurs de ce beau Dogme, qui est venu ensuite, par la définition de Pie IX, constituer l’arsen..! surnaturel des combats de l’Eglise contre cette invasion meurtrie.. vs rt: modernes ; et ils ont, tout juste, pour cri de ralliement dans leurs che +" illes, le ‘* Pauperes Evangelizsantur *’ dont nous avons été amené: à parier dé à plusieurs fois dans le cours de cet écrit.

En 18415, Monsc'susur Igna “rget, cet autre Fils et Frère de Pie IX, inspiré du St Espri:, dont !:: : “incipal guide et confirme son infatigable apostolat, a emmené de France les Oblats dans son Diocése, comme colons de ses ingrats labeurs, comme fermiers de sa dure culture des âmes. Et la fertilité de leurs travaux est connue. Entre autres abondantes récoltes de leur précieux assolement, ils ont, dans la ville même de Montréal, arraché au Sensualisme faubourien, le plus implacable de tous, tout un vaste quartier en friche, dont l’insalubrité, et même la pestilence morales, étaient effroyables. Ils ont assaini, avec une incroyable rapidité, tous ces champs délaissés et croupissant dans une vase d’enfer, ce Faubourg de Québec, dont ils ont fait un des plus riches, un des plus inépuisables greniers de vertus dont la Maitrise Catholique de la cité ait le droit d’être fière ; réalisant ainsi, à miracle de réalité, cette verdoyante parole de l’Ecclésiaste. ‘ J'ai fait des ‘€ jardins et des vergers et je les ai complantés d’arbres fruitiers de toute ‘ production. ?’ (1)

Si l’on ne voit pas dans cette œuvre une action sensible et directe de la Vierge Immaculée, si bien nommée la meurtrière de toutes les hérésiès, dans ses plus éclatantes victoires contre le Sensualisme, c’est qu’on n’est qu’un Castor paralytique et aveugle, qu’un Pharisien de Ville-Marie.

Disons encore, que tout dernièrement la Providence a décoré cette Maison Religieuse d’une des plus belles dignités, d’un des plus beaux Ordres

(r) Feci hortos et pomaria et consevi ea cuncti generis arboribus, — Æccle 11, 9.

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de la Sainte Chevalerie des consciences qui rappelle et symbolise les triomphes sociaux du Sang de Jésus-Christ. La ville de Paris, cette capitale du Sensualisme, ainsi que nous l’avons suffisamment démontré, a maintenant un Père Oblat pour premier Pasteur, et cet Oblat, qui creuse laborieusement sur les buttes de Montmartre, le Mont des Martyrs de France, les fondations du grand Sanctuaire national de la France pénitente s'étant consacrée au Sacré- Cœur de Jésus, vient d'être revêtu, par la main de Pie IX, captif comme St. Jean et prêt à mourir comme lui, de la pourpre cardinalice. Or, cette pourpre n’est pas autre chose que l’image et l'engagement perpétuel de verser tout son sang pour la Sainte Eglise Romaine, Mère et Maîtresse de toutes les Egiises.

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Quant au Monastère du Précieux Sang. — La miséricorde divine, est vraiment bien genéreuse et bien prodigue envers le Canada ! —Il accomplit, dans l’ombre d'une dixaine d'années seulement d'existence, une œuvre immense en ses secrètes et mystérieuses profondeurs, un bienfait patriotique et social incalculable en sa portée régénératrice de la Nationalité Canadienne. En effet, sur ce sol du Canada, qui a bien, comme tous les sols de cette pauvre machine ronde, ses aridités naturelles et ses sécheresses périodiques, les vaillantes Recluses du Précieux Sang ont implanté la première bouture des Ordres monastiques contemplatifs, dont la terre indigène ne connaissait pas encore la sève pacificatrice, l’ombrage rafraîchissant, les fruits savoureux, l’essence toute divine, en un mot. Et c’est là un équilibre social souverain, une pondération politique hors de pair, une autorité réparatrice défiant tout génie humain et qui seule possède la puissance, — on l’oublie trop et trop souvent — de rétablir une nation sur ses bâses les plus fondamentales, de la retremper perpétuellement dans une vive jeunesse ; bien plus, de lui refaire une virginité.

Ces suppliantes voilées qui sont vêtues de la robe couleur de l’Innocence et du scapulaire teint de Sang ; qui portent sur leur front l’image de ce Signe de salut qui a vaincu le monde ; esclaves volontaires, en cette symbolique livrée du Cœur et de la Croix de cet Homme-Dieu qui s'appelle un Epoux de Sang ; travailleuses infatigables des mystiques canalisations de la double fontaine d’amour qui a jailli de ce Divin Cœur attaché à cette Divine Croix, au sommet du Calvaire ; Ah ! bien sûr, elles ont, cent et cent fois plus qu’on ne saura jamais s’en rendre un compte exact, bien mérité de la Patrie, et, — qui connait l'avenir ? — arboré le Gonfalon civilisateur de Jean-le-Baptiste sur les vastes plaines, si sablonneuses et si tourmentées, du Continent Américain tout entier.

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Notons encore que depuis quelques semaines à peine, le Diocèse de Montréal s'est donné en propre une branche de ce bel arbre des futures grandeurs spirituelles du Nouveau Monde. (x) Il va venir faire germer un de ses rejetons, dans le Jardin de Mofre-Dame de Toutes Grâces, bourgade la bien ïommée, attachée aux flancs de la montagne dont Montréal tire son nom. Et cette couronne des Offrandes ininterrompues de chaque heure du jour, non moins que des nocturnes prières de’la Réparation, est bien destinée à devenir devant Dieu la plus précieuse parure de ce Mont Royal. — O sanctification des âmes, vous sanctifiez la nature elle-même ! Pélérinage ! Pélérinage ! qui pourrait n’en pas découvrir le tracé marqué du doigt de Dieu, pour la piété Montréalaise qui aime et qui va son ehemin, dans cette bergerie naissante, où le Pasteur et l’Agneau ne sont qu’un dans 18 sang inépuisable de leurs cœurs et dans le sang versé de leurs sacrifices ! (2)

Enfin, pour achever l’esquisse de tous ces rapports vivificateurs, disons aussi que le principe fondamental de ce si jeune et si vivace Institut unit, dans une seule et mème efflorescence de ses œuvres claustrales, l'Adoration du Sang de Jésus et la Vénération de l’Immaculée Conception de Marie. Ces nonnes illuminées des clartés de la grâce, ont mille fois mieux compris que nous n’avons tenté d’en donner une idée, quelques pages plus haut, la solidarité sublime et l’indissolubilité surnaturelle qui soude, l’une à l’autre, ces deux forces vives de toute conscience, de toute famille, de toute cité, de toute puissance, de toute association du monde entier, lesquelles consciences, familles, cités, puissances et associations ne doivent être individuellement et collectivement, pour rester honorables, que les sujettes de Jésus-Christ et les domestiques de son Epouse. — Telle est la foi de l'Eglise.

D. Que fit Jésus-Christ, Jean ayant été mis à mort ?

PR. L'Evangile nous en donne une indication aussi succinte qu’énergique. Informé du meurtre du fidèle messager de sa royale puissance, Jésus rassemble ses disciples, monte avec eux sur une barque et se retire à l'écart dans un endroit désert (3). C'est ainsi qu’en face des grands crimes, fruits des grands vices, surtout quand ces crimes sont l’œuvre du

(1) NOTE.— Une succursale des Religieuses du Précieux Sang est déjà établie dans le Haut Canada à Toronto.

(21 NOTE.—Quotquot autem receperunt eum dedit eis potestatem filios dei feri, his qui credunt in nomine ejus, qui non ex sanguinibus, neque ex voluntate viri, sed ex Deo nat; sunt, — Yoan, | 12, 13.

(31 Quod quum audisset Jesus, secessit inde navicula in locum desertum seorsum, — Ma:h. XIV, 13.

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Pouvoir Public, et qu'ils sont la conséquence directe de vices sociaux, comme la mort de Saint Jean-Baptiste nous en offre un si saisissant exemple, Jésus-Christ se tait, et il ne se contente pas de se taire; il se cache, il se retire, il s’isole des consciences, il se dérobe aux outrages qu’on lui fait, il tourne le dos aux nations; silence mille fois plus sévère que tous les reproches, suivi d'une retraite qui est en elle-même le plus intensif et le plus radical de tous les châtiments.

Il y a, en outre, dans ce verset, l’idée du Desert qui reparait et qui nous indique l'unité des vues surnaturelles, dans tout l’ensemble des prédications de la parole divine. St. Jean avait justifié la prophétie qui le désignait comme ‘‘ la voix criant dans le désert ; *’ (1)il meurt martyr des propres accents de sa voix inspirée ; et à la nouvelle de sa mort, son Maître prend possession du désert. C’est l'hommage d’un Dieu rendu à ses Elus; c’est le deuil dont l'Humanité du Christ honore l'humanité divinisée des bénis de son Père. — Tout deuil n’est-il pas un isolement imposé par la mort, un* retraite du cœur à l'écart des sourires du monde ? — Et comme Jésus est l'Unité incarnée il fait de ce désert, vers lequel il se replie, tout à la fois et les saintes funérailles de ses serviteurs et de ses amis, et le symbole du mépris, de la douleur et de la colère qui l’animent envers les persécuteurs triomphants de ceux qui le servent et qui l’aiment. Il les séquestre dans le cycle douleureux des abandonnés de sa grâce.

Enfin, on peut encore signaler, dans ce même verset, les disciples se groupant autour du Maître dans une barque, cette impérissable figure de l'Eglise. La Papauté, quand on martyrise ses envoyés, n’en agit pas autrement. Ses fidèles enfants se serrent autour d’elle dans la barque insubmersible de l’Epouse du Christ ; et cette barque transporte ainsi, loin du monde, ,ces divins affligés de l’ingratitude du monde.

Mais Dieu est amour, et c’est en ce moment que la Foule reparait pour faire éclater l'amour que son Dieu lui a scellé de son sang. C'est bien l'heure du Sacré-Cœur de Jésus, et de sa blessure ineffable, Le vrai Peuple Chrétien retrouve son empire aux jours les plus désespérés. Quand les malheurs publics semblent arrivés à leur comble, c’est à la réaction de la multitude qu’il appartient de faire violence à la Miséricorde céleste. ‘“ Les foules, dit l'Evangile, le suivirent à pied hors des villes.—‘Pedestres de civitatibus.”? (2)

{1} Vox clamantis in deserto, sat. X, Z, 3. — Math. III, 3. — Marc. 7, 3.— Luc III, 4 — Joan I, 23.

(2) Et quum audissent turbæ secutæ sunt eum pedestres de civitatibus.— Mav4 X, ZV 13.

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— N'est-ce pas le trait, en quelque sorte photographique, du Pélérinage, dont l'idée vient déjà de s'imposer, quelques pages plus haut, à nos réflexions.

Les Pèlérinages ! De nos jours, ne voyons-nous pas ces légions des fantassins de la pénitence et de la réparation sortir de terre quand le sang des justes a coulé et marcher, marcher comme une armée expéditionnaire ? Mais marcher à la conquête de quoi ? — D'une intronîsation nationale et populaire de Jésus-Christ et de son Cœur, et des Cœurs Lieutenants du sien, le Cœur de sa Mère, le Cœur de ses Archanges et le Cœur de ses Saints, — Les Pélérinages, ce sont les Croisades pacifiques du siècle, absolument comme les Croisades du Moyen-Age n'ont été que la série des Pélérinages militaires de leur époque. N'est-ce pas toujours d’ailleurs, la conquête d’un Tombeau et d'une Couronne ? Aux temps antiques, — ces temps, souches de la généalogie non pas seulement de quelques familles illustres, mais de la véritable généalogie du peuple des diverses nationalités qui ont été représentées dans ces pèlérinages en armes, et qui maintenant encore n’ont de vie que par cette marche surnaturelle de leurs aïeux bardés de fer ; — en ces temps, disons-nous, la piété était sociale, et la pure doctrine du Verbe, formait l'éducation du peuple. Aussi, les combats de l'esprit contre la chair, de la conscience toujours tentée contre le Prince des Ténèbres toujours tentateur, se traduisaient-ils par l'enthousiasme, par l’entraînement, par la fièvre chevaleresque ; en un mot, par une dévotion, dont la possession du propre Tombeau duChrist et de saCouronne d’Epines embrâsait les plus mâles courages. Ce fut l’œuvre de ces grands chrétiens qui de Godefroi de Bouillon, à St. Louis, se signèrent. Aujourd’hui le Tentateur qui est le grand Z#faèle a vaincu une de ses plus grandes victoires ; il a remporté un Triomphe éclatant ; il a désarmé la société civile de tout glaive divin ; il a pourfendu la Foi d'Etat du plus affilé comine du plus empoisonné de ses cimeterres: le mépris officiel et patenté par le Pouvoir Public de la royale doctrine de l'Eglise en matière de gouvernement ; mais Dieu le veut! Dieu le veut toujours! Les Croisés sont vivants. Ils se transforment, maisils sont; ils ne se rendent pas, parcequ'ils ne meurent pas. On trouve en eux les immortels de cette immortalité de la Croix qui est le seul véritable Drapeau des peuples ; de cette immortalité qu’implique l’hérédité de la dynastie pontificale, à qui le Saint-Esprit a promis sa fécondité indéfectible et dévolu le droit d’aînesse de toute puissance terrestre. Et c’est toujours un Tombeau à conquérir pour l’arracher aux mains des profanateurs et des mécréants, le Tombeau des Saints Apôtres, héritiers directs de Notre-Seigneur Dieu. C'est coujours une Couronne à défendre et à sauver du sacrilège, la Tiare, dont les pines, sont plus que jamais acérées de nos jours, — Oh! qui les connait

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bien, si ce n’est celui dont l’auguste front en saigne abondamment, le Vicaire de Notre Seigneur Dieu, héritier lui-même du Prince des Apôtres !

Et, — autre rapprochement, — Si Jésus-Christ n'était pas Dieu, — Ceci est constaté par tous les philosophes éminents, ceux qu’on pourrait bien appeler les cardinaux de la philosophie, — il n'y aurait qu’un homme qui aurait mérité d’être Roi du monde entier, par le génie de l'intelligence du monde dont il était pénétré. Cet homme c'est Mahomet, car il savait son homme à fond ; — son homme, c'est-à-dire, l'humanité prise à vif, toutes les fois qu’elle se désintéressera de toute influence, de toute direction de toute morale et de toute soumission surnaturelles. Mahomet s'est bien nommé le Prophète... de ce grand œuvre d’anti-surnaturalisme, et il l'était en vérité ; et comme, hors du surnaturel il n’y a pas de Dieu, — c’est bien là le suprême postulatum intellectuel, — ce Prophète a été l’Anti-prophète des âges, aussi profondément que Satan en est appelé l’Anti-christ.

Il n’y a donc pas de milieu possible, quand la dissection des notions exactes en arrive au squelette de l’histoire ; U/framontanisme où Zsamisme telle est l'alternative de tout aboutissement de la civilisation. Et pour rattacher cette irréfragable vérité au sujet tout spécial qui vient de nous occuper dans ce Chapitre, indiquons d’un seul mot, pour le cloturer, le trait capital de l’Islamisme dans sa sphère à la fois la plus sociale pour lui, comme empire exercé sur la soumission de ses nationaux, et la plus religieuse, comme perspective de l’autre vie présentée par lui aux aspirations de ses dévots.—Ce trait dominant c'est bien le Sensuwadisme. La Royauté et le Paradis de Mahomet en sont pétris.

O Pontifes Romains, si vous disparaissiez, en quelle Turquerie se changerait donc le monde !

PRIÈRE

O Trinité Eternelle de Dieu, Notre Père qui êtes au Ciel, — VATER NOSTER QUI ES IN CŒLIS; — /ésus, son Fils Unique, fait Homme par miséricorde envers chacun de nous, Christ, seul vrai Roi surnaturel de toutes les nations du monde ; et Vous, Esprit-Saint, qui procédez du Père et du Fils, par la vertu incompréhensible de l'incommensurable amour, qui seul, pouvez éclairer nos intelligences, féconder nos volontés, dacifier, purifier et sanctifier nos cœurs ; — qui de nous est sans péché,

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surtout à cette époque où les péchés des hommes sont devenus st solidaires et si subtils, st responsables les uns des autres et si sociaux. La conscience publique moderne est bien la femme adultère, dont parle l'Evangile ; cette malheureuse, que l'on surprend, en tant de circonstances, outrageant des derniers outrages le pacte sacramentel cimenté par le sang de Jésus-Christ entre l'autorité de l'Eglise et la fécondité de l'Etat; mariage surnaturel des sociétés humaines. Ecrivez, Seigneur, de votre doigt tout-puissant, sur le sol de nos patries, le libelle de leur réhabilitation et de votre miséricorde inépuisable. Et nous, gardonsnous bien d'imiter les Pharisiens qui trainaient cette femme à vos pieds, mais répétons avec plus d'ardeur et d'humilité que jamais tout ce que vous nous avez enseigné à demander à Notre Père. Alors, vous nous pardonnerez nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. . ET DIMITTE NOBIS DEBITA NOSTRA SICUT ET NOS DIMITTIMUS DEBITORIBUS NOSTRIS,

Nous vous demandons cette grâce, pour la Chrétienté tout entiere, et spécialement pour le Canada, notre patrie, par les mérites de son Bienheureux Protecteur du Ciel, St. Jean-Baptiste, et en mémorial de sa MORT, qui fut inspirée par l'adultère, obtenue par l'empire des sens, et décrètée par d'énervement de l'autorité civile, —AMEN

À LA MISSION

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