‹ Saint Jean-BaptisteChapitre 10 sur 99 · Pliilip., II · texte numérisé non relu

Pliilip., II

tionnelle ne l'éclairé et ne le porte, qu'entre deux influences qui le sollicitent diversement, il ne choisisse pas la plus aisée au détriment de la plus sévère, surtout, comme cela se produit souvent, quand l'une des deux s'entoure du prestige d'une autorité de raison et de savoir que l'autre n'a pas au même degré, et que l'amour-propre flatté de l'adolescent lui fournit un redoutable appoint d'énergie et d'empire?

Votre vie ainsi établie et fixée dans le bien, sans nulle opposition du langage ou des actes avec les principes, sans contradiction aucune, « incedentes in omnibus mandatis et justificationibiis sine querela; » parmi les vertus et les devoirs que vous cultiverez de préférence, mettez au premier rang le zélé intelligent, l'habituel souci du régne de Dieu dans le monde, le mot sacré de l'oraison dominicale : « Adveniat regnum tuuni. » Que la préoccupalion des destinées du christianisme sur la terre, de la situation faite à la sainte Église, des développements ou des périls de la foi, ne vous paraisse point chose superflue ni interdite, réservée seulement à quelques élus au nom d'une vocation de choix. Je ne sache pas que le Sauveur, quand il enseignait à ses disciples cette incomparable prière ait marqué d'exceptions. Ceux qui le croient se trompent.

Ouvrez votre âme, étendez-la très-haut et très-loin partout où se trouvent des âmes qui ont besoin de Jésus-Christ, de sa vérité, de son amour; ayez votre «heure de l'encens » ' vous aussi, je veux dire des moments de ferveur plus grande, de plus vive supplication, afin que dès la première indication du ciel, à supposer que le ciel quelque jour se prononce, et que l'ange vous apprenne ses desseins sur votre enfant, vous soyez prêts à entendre, prêts à répondre.

Il serait simplement raisonnable, logique, de réclamer d'un père chrétien, d'une mère chrélienne que la perspective d'abord, la certitude ensuite d'une vocation sacerdotale pour leur fils les remplît de joie « erit gaiidium tibi et « exuUatio ». Hélas! le plus souvent on doit se contenter de leur demander leur résignation. Il est convenu qu'on les abordera la tristesse dans les regards et dans la voix et qu'on dira : Sacrifice !

Soit; mais au moins que le sacrifice, éclairé d'une suffisante clarté d'en haut, garde quelque noblesse et quelque générosité ; qu'on ne l'enveloppe pas outre mesure d'interminables regrets.

Pères et mères de famille, je suppose que vous êtes en mesure d'ouvrir à votre enfant le plus attrayant avenir. L'éclat du nom, la gloire reçue des ancêtres ou noblement acquise, les relations brillantes, la fortune, vous avez tout abondamment, vous pouvez tout donner. Le cherbienaimé que vous contemplez en son berceau, puisant à ces sources de félicité et d'honneur, atteindra quelque jour les plus hauts sommets delà destinée....

Est-ce votre rêve, tout votre rêve?

Laissez-moi, l'Évangile à la main, en faire passer un autre devant vos yeux :

a Erit macjnus coram Domino. » Il sera grand devant le Seigneur! Ce ne seront point seulement les hommes qui entoureront cette vie naissante de vaines et fugitives louanges. Dieu lui-même de qui les jugements sont certains, la tiendra pour belle et illustre.

« Multos filiorum Israël convertet ad Dominum Deum ipsoriim. » Il fera l'œuvre par excellence, il ramènera à la lumière, à la vérité, au devoir les âmes tombées dans la nuit, les cœurs perdus!

« Parare Domino plehem perfectam. » Il sera l'un des

grands travailleurs que désole l'état présont du monde, et qui, sans repos ni trêve, se consacrent à le transformer par la prédication de l'Évangile, les enseignements de la Croix, le triomphe du maîlrc adoré et aimé, Notre Seigneur Jésus- Christ. "

Il sera prêtre !

Époux chrétiens, expliquez-moi comment avec les sentiments de foi dont vous avez rame pleine, cette vision splendide, au lieu de vous séduire, le plus souvent vous attiiste et vous fait peur?

Ne serait-ce point que vous ne croyez pas encore assez?

« Credo, Domine; adjura incredidilatem meam^ » « Domine adaiige nobis fidem ^ ».

Seigneur, augmentez en nous la foi!

\. S. Marc, ix, 25.

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