CHAPITRE TROISIÈME
Naissance du Précurseur.
Quis,putas, puer isfe eril' ?
(S. Luc, I, 66.)
La maison de Zacharie et d'Elisabeth est en fête. Neuf mois se sont écoulés depuis la miraculeuse apparilion de l'ange dans le temple de Jérusalem, à l'heure de l'encens, parmi la fumée odorante. L'enfant promis du Ciel vient de naître-.
Conformément aux prescriptions de la loi, il est soumis
i. Voici quelques lignes de Gcrson d'une fraîcheur et d'une naïveté charmantes :
« On seult dire saint Gabriel : bonnes nouvelles; pareillement on « peut dire saint Jehan : bonne nouvelle. Cecy nous veons maintenant « acompli en ceste glorieuse, digne et joyeuse nativité, car elle nous « amena et amainne joye selon la denuaciacion de l'angel Gabriel qui « dit à Zacharie par la parole pi^oposée : maintes gens s'esjoiront en sa « nalivité. Si est ceste nativité plaine de grant jocondité, comme nous « veons partout, et comme à la naissance de l'estoile jornaie, à l'aube « du jour, toute l'iens s'esgaye et se renouvelle, la rosée chiet, les « ténèbres se partent, couleur revient partout, les oysillons jargongnent, « pareillement doi testre en la nalivité de saint Jehan qui tu l'étoile « précédent le vray soleil de justice Kostre-Seigneur Jésus-Christ. »
(Geksox, édit. du Pin, loc. cit.)