‹ Saint Jean-BaptisteChapitre 17 sur 99 · Daniel, m · texte numérisé non relu

Daniel, m

SAINT .Il-AN-DAI'TISTE. To

rem cceli et terrœ ! Ce seul mot de ses lèvres, vaut le muel concert de tous les mondes.

Il rend témoignage encore à la lumière, l'homme qui penché sur son propre cœur, y découvre la loi morale, non moins helle que la loi des astres, des océans ou des fleurs, non moins impérieuse surtout. Le hien, le mal, le vice, la vertu, mots vides de sens répètent à l'envi les aveugles, habitudes lalalcs et produites, formes subjectives de la pensée, mobiles et ondoyantes comme elles. Non, répond le témoin de la Inmiére! Dans le plus intime de ma conscience, je trouve des obligations auxquelles par lâcheté, je puis me soustraire, mais qu'il m'est absolument impossible de nier. Elles sont là, à la racine même de mon âme, précises, rigoureuses, inflexibles. Si je les avais établies moi-même, quand elles me gênent ou m'accusent, je les effacerais. Je ne le peux pas. Salut saintes et éternelles lois de la justice, salut nom sacré du devoir, vous venez de Dieu, et vous me faites croire en Dieu.

« Testimoniuni de lumine! «

Poursuivons. Regardons de plus près le texte sacré. Lorsqu'à la première page de son évangile, avant de raconter ce qu'a été le Précurseur et ce qu'il a fait, saint Jean commence par attester officiellement en quelque sorte, ce qu'il a dû être et ce qu'il a dû faire, et que résumant d'un mot toute sa destinée, il l'appelle « l'homme envoyé de Dieu « pour rendre témoignage à la lumière », peut-on penser qu'il parle seulement de ce témoignage et de celte lumière que nous venons d'étudier ? Manisfestement non.

Jean-Baptiste ne vient pas au monde seulement pour affirmer l'existence de Dieu, en se servant bien de sa raison, en écoutant les voix révélatrices de sa conscience. Ce n'est pas un philosophe de plus, dont le nom jettera quelque nouvel éclat sur les grandes doctrines platoniciennes. Ses

destins sont moins vulgaires, sa mission est plus distincte, plus appropriée à un but spécial, plus originale, plus surnaturelle enfin.

Il nous faut entrer ici, dans le vif des choses.

Connaître Dieu par l'élan ou par l'effort de la pensée, c'est bien. Entendre en soi-même les imprescriptibles réclamations de la loi naturelle et s'en faire un argument en faveur de l'existence de Dieu, c'est bien. Mais ne se peutil concevoir rien de meilleur, et la religion, c'est-à-dire l'ensemble des rapports qui unissent la créature au Créateur, doit-elle forcément se borner là?

S'il a plu à Dieu de se révéler à l'homme autrement que par le spectacle extérieur du monde ou par les lois de la conscience, de lui faire entrevoir au delà du fait de son existence nécessaire, quelque chose de son essence même et de sa vie! Si les exigences divines, en conséquence de quelque désordre primitif de la liberté humaine, réclament plus que le devoir naturel dont toute âme porte en soi le code ineffaçable, savoir : une réparation, une expiation, une pénitence!

Qui pourra prétendre que cela n'est pas? Nous croyants, nous chréliens, nous affirmons que cela est.

Or la révélation splendide de l'Être intime de Dieu, la promulgation de ses exigences après la faute du premier de noire race, révélation vivante, promulgation parlante et agissante, c'est le Messie qu'ont attendu les siècles anciens, c'est le Seigneur et Sauveur Jésus-Christ*.

1. « MuUifariam, niultisque modis olim Deus loquens patribus inprophetis novissime,

0 Diebus istis locutus est nobis in filio, quem constituit bœredem universorum, per queinfecit etssecula. » (llebr. i, 1, 2.)

Par Jésus-Christ l'intelligence humaine est portée dos limites restreintes où, depuis la chule tout la contraignait de rester, jusqu'à la notioti exacte et sûre, bien que voilée encore, des profondeurs mêmes de Dieu..

En Jésus-Christ, la conscience humaine découvre ce que la divine justice entend ajouter au devoir naturel une immense expiation.

Avec Jésus-Christ, l'activité humaine s'élève à une dignité qu'il lui était interdit d'atteindre seule. Intimement et incessamment unie à l'infinie valeur de ses mérites, elle a le droit de croire que ses moindres efforts désormais sont agréés et bénis.

Ce n'est pas le moment de mettre en un plus grand jour ces beautés merveilleuses de l'ordre nouveau, de l'ordre surnaturel; nous les marquons d'un trait rapide, nous ne faisons que les indiquer.

Oui, le Messie a dit au monde, non-seulement que Dieu était, mais ce qu'il était, ce qu'il voulait de sa créature, à quel prix il entendait la rétablir dans ses destinées compromises et lui rendre son amour. 11 a fondé la religion définitive. La vraie intelligence des rapports de l'homme avec Dieu, date de lui. *

C'est pourquoi il fait à Pilate qui l'interroge celte solennelle réponse : Je suis né pour rendre témoignage à la vérité ! « In hoc natus mm, et ad hoc veni in mundiim, ut testimonium perhibeam veritati^. »

C'est aussi pourquoi il a pu et dû s'appeler de ce nom inouï : « lumière du monde » « Ego sum lux mundi -. ))

Voilà dans le vrai, à quelle lumière le Précurseur émission de rendre témoignage. Jésus-Christ témoin suprême

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