S. Matlh. m
SAINT JEAN-BAPTISTR. 61
rait l'auréole d'une sainteté exceptionnelle, no pouvait moins faire que de causer une sorte d'enthousiasme général. Ce qui n'empêche assurément pas de croire aussi que Dieu récompensait, dès le début de son ministère, celui qui pour le mieux remplir s'était imposé une longue et austère solitude, n'avait jusque-là vécu que de prière, de pénitence et de recueillement K
On se conlenle trop, selon nous, de tenir pour véhémente la prédication de Jean-Baptiste, et d'en admirer quelques redoutables accents. Bien qu'elle s'enferme en d'étroites limites, elle est pleine et féconde. Enseignement moral, enseignement dogmatique, elle touche à tout. C'est une vraie sève de doctrine, une source, un foyer, quelque chose de condensé et de substantiel qui ne demande qu'à s'épanouir.
Nous essayerons de l'étudier comme elle mérite. Outre qu'elle est, en date, le premier modèle offert à notre attention, il nous a toujours paru que les vérités auxquelles elle s'attache, sur lesquelles elle insiste, sont précisément celles qu'il est plus opportun de répéter aujourd'hui. Par amour des âmes contemporaines, par compassion pour leur ignorance et leurs besoins, nous voudrions ardem-
1. « Joannes prius liausit ore cordis aperto fluenla gralia; cœlestis « quam satageret in alios loquendo difl'undere ; et qui alios ad amorem « œternaj felicitatis succendere veneral, prius in se per sanctœ médite talionis studium et vehementiam desiderii cœlestis féliciter exarsit.
«.... Yideamus quantie auctoritatis atque dignitatis immo virtuosœ « attractionis Joannes fuerit, quoniam « ad eum egrediebantur Jeroso- « lyniilce universi et omnis regio .îudEeœ » tam valida erat, tam elficax « sua solitudo, sua vivendi austeritas, sua demum sincerilas et liber- K tas prœdicandi. Da niihi aliquern de occupatis et accursis solitarios (( irridenlibus, qui per onines totitis aîlatis suaj discursus et sudores an- « xios, tantumdem proficiat quantum solitarius iste manens in deserto « fructilicavit ».
(Gerson. lectiones sup. Marcum. tom. IV, pages 210, 217.)
ment que Jean-Baptiste lit école de prédication ptirini nous! Oh! qui donc réveillera de nos jours l'écho de sa grande \oix ?
Ce ne sont point, on le sait, des discours réguliers et suivis que les Évangélistes mettent sous nos yeux. Le Précurseur qui va aux exigences et nécessités du moment n'en a pas le loisir. Rien de moins didactique que son langage. Tantôt il donne à sa pensée un long développement, tantôt il la marque d'un simple trait. En outre les vérités d'ordre diffèrent, les vérités morales et les dogmatiques se mêlent et s'entrecroisent sans cesse. Pour plus de clarté, et dans le dessein de rendre plus saisissablesles applications que nous nous permettrons de faire, nous ne nous astreindrons pas à suivre le fil même du récit évangélique. C'est le fond, c'est la substance des enseignements du Précurseur, que nous avons à cœur de bien discerner. Il ne doit pas être interdit d'user, pour y réussir, de la méthode et des procédés qui semblent être préférables.