S. Luc, ui
H faut rapprocher de ce texte de saint Luc, ce que dit saint Matthieu:
« Voyant plusieurs des Pharisiens et des Sadducéens qui « venaient à son baptême, il leur dit : Race de vipères, qui « vous a appris à fuir la colère de Dieu qui s'approche ?
« Faites de dignes fruits de pénitence et ne pensez pas « dire en vous-mêmes : Nous avons Abraham pour père ; car « je vous déclare que Dieu peut faire naître de ces pierres « mêmes des enfants d'Abraham * !
La violente apostrophe qui éclate aux premiers mots tombés des lèvres du précurseur ne s'adresse donc pas à tous ceux qui sont là. Ce sont des Pharisiens et des Sadducéens mêlés à la foule qui la provoquent. Ils sont en assez grand nombre « Videns mulios Pharisœorum et Sadducœorum. » Peut-être ne viennent-ils qu'avec des intentions équivoques, désireux en apparence de suivre le mouvement respectueux qui entraîne le peuple vers le nouveau prophète, au fond, jaloux déjà de sa célébrité naissante, et disposés à le poursuivre de leurs critiques. C'est une explication que donnent plusieurs commentateurs.
Il n'est pas absolument nécessaire d'y recourir. Quand même les Pharisiens et Sadducéens se trouveraient là sans arrière pensée, on concevrait encore la promplitude avec laquelle le précurseur les discerne, l'énergie qu'il met à les interpeller. Leurs habitudes, leurs tendances, leur fausse et dangereuse manière d'entendre la loi, les désignent les premiers à son zèle.
On sait que le trait caractéristique de la secte Pharisienne, au temps de saint Jean-Baptiste, était une estime exagérée des observances extérieures au préjudice de i'ef-