CHAPITRE ONZIÈME
Ministère public de Jean-Baptiste. La prédication (suite). Qualités d'ensemble.
nie erat luceriia' ardens et lucens.
(S. Joann., v. 55.)
D'après le contexte évnngélique, ce magnifique éloge semble surtout viser la prédication du fils de Zacliarie.
1. Saint Augustin revient fréquemment sur l'apparente opposition de cet éloge fait de saint Jean-Baptiste par Notre-Seigneur avec ce que dit de lui saint Jean à la première page de son Evangile : no?i erat ille lux. Il ex[ili(jue la différence qu'il faut mettre entre la lumière communi(iuéeet la lumière immanente. Voici deux ou trois de ces explivations entre vingt autres.
« Istse siinilitudines datœ sunt ut quantum possumus, intelligamus « vel si nondum possumus, sine uUa dubit;itione credamus, animam « rationalem non esse naturam Dei : iila quippe incommutabilis est : « sed eam posse participando illuminari. Lucernse acccndi indigent et « exslingui possuiit.Ideoquod dicitur de Joanne « Non evat ille lumen » '( ad illud respicit lumen quod non participando illuminatur, sed ejus « participatione illuminantur, quse ab eo illuminantur. »
Epist., classis 111, Epis. CXL, 7.
« Ipse ergo (Ghristus) illuminabat a quo se demonstrari volebat. « Intelligat charitas vestra; veniebat enim ad mentes infirmas, ad
SAINT JEAlN-liAl'TlSlE. ir.D
« Vous avez envoyé vers Jean, dit Notre-Scigneur aux .luifs, et. il a rendu lôrnolji^nage à la vérité '. »
Allut>ion plus que probable à la fameuse consultation du Sanhédrin dont nous n'avons rien dit encore parce que nous ne ndus astreignons pas l'igoureusement à l'ordre chronologique des faits, noire but n'étant pas d'écrire une histoiie.
C'est immédiatement après avoir évoqué ce souvenir que le Sauveur ajoute : « Cet homiiie-là était une lampe ardente et luisante, » comme pour caractériser à la fois la netteté lumineuse de la parole de Jean-Baptiste et les sources cachées d'où elle jaillissait.
Si l'on pense qu'entendre les choses de cette façon soit restreindre le sens et la portée de la louange décernée par le Messie au précurseur, nous ne ferons aucune difficulté d'admettre une autre interprétation. Nous n'en aurons pas moins le droit de voir dans cette gracieuse image de la « lampe ardente et brillante » une indication fort exacte de ce que fut la prédication de Jean-Baptiste et de ce que doit être toute solide prédication.
« corda saucia, ad aciem aninice lippientis. Ad hoc venerat. Et unde « posset anima videi'e quod pexi'ecte est ? Quomodo plerimiqne fit ut in « aliquo corpore radiaio cognoscatur ortus esse sol quem ociilis videre « non possumus. Quia et ([ui saucios habenl oculos idonei sont videre « parietem illiuiiinatum et illustratum a sole, vol montem, vel arborem « aut aliquid hujiis modi idonei sunt videre ; et in alio iliustrato « deiMon>tratur illis ortus ille, cui videndo adhuc minus idoneam « aciem gérant. Sic erRO illi onines in quos Christus venerat, minus « idonei erant eum videre : radiavit Joannem ; et per illum conlitentem « seradiatum ac se illuminalutnesse non aulem qui radiaret el illumi- « naret, cognitus est ille qui illuminât, cognilus est ille qui illustrât, <( cognitus est qui implet.
S. Aug. Episc. in Joannis Evang. Tractatus II, 7.
« Infirmi oculi dieni expavesciuit, luccrnain ferunt. Ideo prœmisit « lucernam dies venturus. »
S. Aug. Ep. sermo ccxcni, in natali Joann Bapt.