‹ Saint Jean-BaptisteChapitre 46 sur 99 · I-Corinth · texte numérisé non relu

I-Corinth

nous ne soupçonnons même pas, nous pourrons atteindre

les âmes et les dompter.

Qu'on ne s'y trompe pas. Outre qu'elle porterait avec elle les grâces assurées de toutes spéciales bénédictions, cette manière de prêcher aurait pour les fidèles un incomparable attrait, pour d'autres aussi, pour tous. Le dogme largement et chaudement exposé a de merveilleuses splendeurs ; la théorie de la vie surnaturelle, de la grâce, des sacrements, du sacrifice eucharistique, dans l'ensemble et dans les détails, est éblouissante de beauté. C'est une révélation inattendue pour un nombre incalculable d'âmes contemporaines que d'y être initiées pleinement. Elles se laissent volontiers attirer à ces magnificences, elles s'éprennent de la grandeur et de la dignité jetées par la foi sur les vies, et dés lors, les conséquences pratiques ne sont pas loin de naître. L'admiration est plus qu'on ne suppose un premier acheminement vers la sainteté, c'est le degré d'où les nobles cœurs prennent leur vol ^ Nous ne

1. Si l'on veut se convaincre par des faits de la justesse de ces observations, on n'a qu'à se rappeler le succès extraordinaire du Traité des vertus chrétiennes, de Ms"' Ch. Gay, de Poitiers. Qu'un tel livre en notre pays et de nos jours ait eu coup sur coup six ou sept éditions, qu'il s'en soit i^épandu par conséquent de douze à quinze mille exemplaires, c'est là une preuve indubitable de l'attrait inspiré par la pure doctrine chrétienne, par la beauté du dogme. Le charme du style ne suffirait pas à rendre compte d'un tel empressement. Le public a savouré comme une sorte de nouveauté exquise des enseignements pourtant appuyés aux bases les plus profondes et les plus anciennes de la théologie.

Les conférences du P>. P. Monsabré à Notre-Dame de Paris témoignent à leur tour en faveur de ce que nous avançons ici. L'éloquent dominicain explique, on le sait, le dogme dans toute sa rigueur. Il a traité cette année de l'Incarnation. On aurait pu craindre que de si hauts et si difficiles sujets ne déconcertassent l'auditoire. Il n'en a rien été. Jamais la foule intelligente ne s'était pressée davantage au pied de la chaire et sous les mâles enseignements de l'apôtre.

AIM JEAN-BAPTISTE. lo'J

pouvons mieux faire que de laisser, en finissant, parler un autre que nous. Dans sa n)a<,qîifi(|uc introduction au grand ouvrage dont nous avons dit plus haut quelques mots, M. l'abbé Iloussaye, un de ceux qui ont l'intelligence et l'amour de leur temps, s'exprime ainsi :

« Ah ! comme un prêtre qui, à l'école de M. de Bérulle, (X étudierait les paroles, les actes, les états du Fils de Dieu, « qui en ferait le plus cher objet de ses réflexions soli- « taires, de ses saintes aspirations; qui ne porterait en « chaire les enseignement recueillis dans l'Écriture, dans « les Pères, dans les auteurs ascétiques, qu'après s'en être « nourri dans le silence et y avoir trouvé la règle, l'hon- « neur et la joie de sa vie, comme un tel prêtre serait « puissant de nos jours ! Qu'on trouverait belle, simple, « nouvelle surtout une manière si antique de prêcher « Jésus-Christ* !

rt Ardens et lucens. »

4. M. de Béndie, par M. l'abbé Houssaye, du clergé de Paris. Tome 1'', introduction, page 49. Qu'on veuille bien lire aussi les admirables lettres du P. Lacordaive à un jeune homme sur la vie chrétienne, principalement la première, pages 7-105.

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