‹ Saint Jean-BaptisteChapitre 51 sur 99 · Rom., VI · texte numérisé non relu

Rom., VI

5. Suslinel (Joannes) personam vetustatis et prœconium novîtatis,

S. Aug-., sermo CCXGIII.

4. Voici quelques propositions de saint Thomas qui résument nettement ce qu'il importe le plus de savoir :

« Dicendum quod baptismus Joannis non erat per se sacramentum, sed quasi qucddiim sacramentale disponens ad byptismum Christi,

Kin SALNT JEAIN-BAPTISTE.

Chacun des quatre Évangéllstes parle du baptême conféré par le Précurseur au Messie. Nous citerons ici la narration de saint Matthieu, parce qu'elle est îa plus complète : <( Jésus vint de Galilée au Jourdain, vers Jean, pour être baptisé par lui. Jean se défendait, disant : « C'est à moi <( d'être baptisé par vous, et c'est vous qui venez à moi. » Jésus répondit : u Laissez-moi faire pour le moment; car « c'est ainsi qu'il faut que nous accomplissions toute jus- (( tice. » Jean alors ne résista plus. Jésus ayant été baptisé sortit aussitôt hors de l'eau, et en même temps les cieux lui furent ouverts, et il vit l'Esprit de Dieu qui descendit eu forme de colombe et qui vint sur Lui. Et au même instant on entendit une voix du ciel qui dit : « Celui-ci est mon fils bien-aimé en qui je me complais'. »

et ideo aliqualiler pertinebat ad legem Cliristi non autem ad legem Moysis. »

Summ. Theolog-. pars terlia qua^st. XXXVIII, art. prim.

a Dicendum qur.d baptismus Judœorum m lege prœceptus erat solum figuralis ; baptismus autem Joannis aliqualiter erat realis in quantum inducebat homiiies ad abstinendum a peccatis ; baptismus autem Chrisli babet efiicaciam nuuidandi a peccato, e't graliam conferendi. >-

Summ. Theolog. pars tertia, qucest. XXXIX, art. secundus.

<( Dicendum quod per baptismum novse legis, homines interius par spiritum sanctum munduntur, quod facit solus Deus. Per baptismum autem Joannis solum corpus mundabatur aqua. Unde dicitur (Matlh- m, 2.) » Ego baplixo vos in aqua, il le vos baplizabit in spiritii sancio. Et ideo baptismus Joannis denominabatur ab ipso, quia scilicet niliil in eo agebaLur quod ipse non ageret; baptismus autem novae legis non denominatur a ministro qui principalem baptismi effectum non agit, scilicet interiorem emundationem.

Summ. Theol. pars tertia, qusest. XXXVIII, art. secundus.

■1. S. Matth.. 111,15-17; S.Marc, i, 9 ; S. Luc, m, 21; S. Joann, 1,51, 34.

Entre le langage tenu par saint Jean et le langage tenu parsaiiit Malthieu, il semble exister une contradiction assez grave. L'un affirme qu'au moment où le Précurseur voit venir à lui le Messie, il le connaît déjà, puisqii'il ne veut point consentir à le baptiser, ébloui, intimidé qu'il est par sa majesté divine, ego debeo a te ba^jthari et tu venisad me. L'autre paraît au contraire lui supposer une complète ignorance : Ego nesciebam eitm ^ A chaque instant les récits évangéliques, quand ou les veut rapprocher et faire concorder, offrent de ces diflicultés apparentes. C'a été le gros labeur de Strauss, on ne 1 ignore pas, de rechercher à la loupe et d'assembler avec une patience inflnie les prétendus démentis que saint Matthieu donne à saint Jean, ou saint Luc à saint Marc. Il en a composé d'énormes volumes qu'assurément peu de lecteurs étudient, mais qui, sous le prestige d'une science vantée bruyamment, n'en ont pas moins fait beaucoup de mal.

La solution, en ce cas particulier, n'exige pas une perspicacité exceptionnelle ni de longs efforts.

Jean-Baptiste n'avait jamais vu Jésus avant ^on baptême, mais il l'attendait puisque Dieu lui avait révélé d'avance le signe auquel il pourrait discerner le Messie « celui sur qui tu verras descendre et se reposer l'Esprit ». Lorsque Jésus parut devant le Précurseur, celui-ci, frappé de la majesté et de la douceur de son visage, averti sans doute intérieurement par un mouvement semblable à celui qui l'avait fait tressaillir dans le sein de sa mère, s'écria : « C'est moi qui dois être baptisé par vous. » Mais ce n'était pas là le signe annoncé du Ciel, signe ou plutôt témoignage public destiné moins à convaincre Jean-Baptiste qu'à montrer à tout le peuple le Christ envoyé de Dieu. Jusqu'à l'ap-

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