S. Joann.. i
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parition de ce signe, le Précurseur pouvait dire qu'il ne connaissait pas Jésus d'une manière authentique.
Qu'on nous permette de nous en tenir à cette très-simple et très-plausible explication.
Ce qui s'impose à notre attention de préférence, c'est la démarche même et l'aUitude de Notre-Seigneur Jésus- Christ.
Pas de doute possible sur le fait. Les quatre Évangélistes en témoignent unanimement. Jésus-Clirist, au début de son ministère public, a voulu commencer par recevoir le baptême de Jean. Pour incomplet qu'il fût, ce baptême, nous l'avons dit plus haut, était une marque extérieure de la pénitence, par conséquent du péché que la pénitence répare , baptismum pœnitentiœ. C'est pourquoi le Sauveur « fait péché pour nous' », selon l'audacieuse expression de saint Paul, n'hésite pas à s'y soumettre. Écoutons Bossuel sur ce point :
« Un des caractères de saint Jean, c'est l'humilité qui paraît dans toutes ses actions et dans toutes ses paroles; mais Jésus le devait surpasser en cette vertu comme en tout le reste, et l'on ne peut voir sans étonnement que sa première sortie soit pour se faire baptiser par son serviteur. Et nous rougissons de la pénitence, pendant que Jésus, l'innocence même, se va initier à ce mystère et ne sort de l'obscurité de son travail mécanique que pour se mettre par le baptême, ne craignons pas de le dire, au rang des pécheurs.
« Jésus-Christ est donc caché dans les eaux, et sa
tète y est plongée sous la main de Jean. 11 porte l'état de pécheur; Il ne paraît plus. Le pécheur doit être noyé
\ Eum qui non noverat ^wecntutn, pro nobis « jjeccalitm » fccit (Deus) ut nos efficeremur juatitia Dei in ipso.
(II Corintli.,V, 21.)
SAINT JEAN-BAI'TISTE. lGt>
et c'est pour lui qu'étaient faites les eaux du déluge. Mais si les eaux montrent la jiislice divine par celle vertu ravageante et abimante, elles ont une autre vertu, et c'est celle de purifier et de laver'. »
Maldonat rapproche le baptême de Jésus de son éloigneraent au désert, qui le dut suivre de très-près. 11 y voit une réalisation touchante de ce que préfigurait le rite mosaïque du bouc chargé par le grand prêtre des péchés d'Israël, puis chassé solennellement dans les solitudes voisines de Jérusalem*. Jésus-Christ ouvre sa mission de rédemption et de salut par l'accomplissement, cette fois véridiqne, de la loi de substitution. Il se déclare pécheur devant le ciel et la terre, et lorsqu'il aura pris officiellement rang parmi les pécheurs, il s'enfuira dans le désert à son tour'.
Ce qu'd faut particulièrement noter et retenir, c'est donc que le point de départ de la rénovation morale, ce premier acte de l'initiation à l'ordre nouveau, au royaume de Dieu, consiste dans le public aveu du péché. Commençons par reconnaître que nous sommes pécheurs, redevables conséquemment à la justice divine, nous serons entrés dans la voie, et, la grâce aidant, nous la suivrons
jusqu'aux sommets.
La touchante scène des résistances de Jean-Baptiste au dessein du Messie et la manière dont ce conilit délicat se termine doivent aussi nous instruire.
• 1. Élévations sur les mystères. xxii= semaine, 1'- et 5= élévation.