‹ Saint Jean-BaptisteChapitre 65 sur 99 · S. Matlh., IX · texte numérisé non relu

S. Matlh., IX

SAINT JEAN-BAPTISTE. l'Jo

vrais motifs. Comme il eût aisément pu aussi faire rougir ces mécontents de leur alliance d'emprunt avec les Pharisiens! Ils valaient mieux que les Pharisiens. Leur jeûne n'était pas, ainsi que le jeûne pharisaïque, chose d'apparat destiné à attirer les regards : « Exterminant faciès suas ut appareanl hominihus jejunantes^ . » Ils se mortifiaient consciencieusement. Jésus eût eu le droit de leur signaler leur singulière méprise, et d'en conclure qu'il leur fallait une bien forte dose d'irritation pour faire ainsi cause commune contre lui avec de tels personnages.

Rien de semblable : « et dit illis Jésus », c'est le ton de la bienveillance. On sent que le Sauveur ménage et respecte ce qu'il y a de sincère dans ces âmes, bien qu'erroné. Si elles étaient capables de comprendre, pourraient-elles ne se pas rendre à celte explication si douce, si sensée, si paternelle !

« La pénitence, le jeûne! oui, sans doute! je les ai prêches, je les prêcherai encore autant que Jean-Baptiste, j'en ferai la condition nécessaire des vies régénérées. Mais à ces vertus capitales il faut d'abord donner une base, et la base profonde, c'est l'amour. La rigueur et la sévérité toutes seules emplissent la loi ancienne; désormais, elles se devront mélanger de douceur. Les fils de la loi nouvelle commenceront par aimer, puis, quand ils aimeront, et dans la force suave de leur amour, ils seront capables de tous les sacrifices. Mes disciples, tandis que je suis au milieu d'eux, s'initient à ce grand secret. Ils jouissent de ma présence, comme les amis de l'époux jouissent de la présence de l'époux, bientôt ils iront souffrir et mourir pour moi à tous les horizons de la terre. Si je leur demandais le martyre aujourd'hui même, ils n'y

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