S. Matth., VI, IG
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seraient point préparés, leur faiblesse trahirait mes justes exigences ; demain, lorsqu'ils auront aimé, ils y voleronl avec joie et sans qu'on puisse craindre de leur part l'onjbre même d'une défectionM »
N'insistons pas davantage. Voilà une première indication des sentiments où sont les disciples du Précurseur. A n'en pas douter, ils soulfrent de la notoriété grandissante de Jésus.
Ce que raconte le quatrième évangélisle, et que nous allons reproduite textuellement, n'a donc plus de quoi surprendre :
« Étant venus trouver Jean-Baptiste, ses disciples lui dirent : Kabbi (Maître), celui qui était avec vous au delà
1. Nous ne faisons guère que suivre Maldonat. Il nous a toujours paru q le cet admirable passage de l'Evangile sur lequel nous nous sommes étendu maigié nous, celle comparaison si simple, presque vulguire, du vêtement qu'on ne répare [lasavec un drap irop neuf, des outres vieillies où l'on ne met pas toul d'un coup du vin nouvenu, cachait pour le prêtre directeur des conscienc s un adniirable enseignement. Il en doii apprendre à traiter avec iulinimenl de nieiiagemi nt et de tact les âmes qui se contient à lui. Recommander la générosité dans les pdnes, la vaillance sous le poids des épreuves, dire que ]Notre->eignenr a lait da la Croix portée tous les jours l'élément premier de la vie chrétienne, cela est bien. Mais n'est-il pas indispensable de commincer par créer comme base et appui de tout ce courage un amour noble, intelligent, tendre, très-Undre, du Sauveur ? 11 y a action et réaction de l'amour sur les actes, des actes sur l'amour. Kien de plus exact. Il n'en demeure pas moins que l'un est la condition logique des autres, et que celui-ci procède ceux-là.
Est-il besoin d'ajouter qu'il ne s'agit point de conseiller ni de provoquer des satisfactions plus ou moins vi\es de sensibilité, des émotions, mais de créer un sentiment profond, raisonnable et raisonné, affermi sur tous les grands attraits qu'iii-pire à qui le contemple assidûment Jésus-Christ, le Dieu-Homme, Emmanuel !
S.MM JEAN-RAPTISTE. 107
du Jourdain, à qui vous avez rendu témoignage, celui-là baptise de sou côté. Tout le monde va à lui. »
Jean leur répondit : « Nul ne peut rien recevoir que ce qui lui est donné du ciel.
« En outre vous m'êtes vous-mêmes témoins que je vous ai dit : Je ne suis pas le Ciirist. J'ai été envoyé devant lui.
« L'époux est celui qui possède l'épouse. L'ami de l'époux se lient prés de lui; il l'écoute; il est heureux d'entendre sa voix. Mes désirs sont comblés, ma joie est pleine.
a 11 faut qu'il croisse, et moi que je diminue.
« Celui qui est venu d'eu haut — celui qui vient du ciel, est au-dessus de tous '. »
C'est dans le détail, et pour ainsi dire à la loupe, qu'il convient d'étudier cetle scène où se produisent des sentiments diamétralement contraites, et d(»nt chacun des deux aspects est pour nous instruire. A peu de chose près, nous traduisons Maldon;it, notre commentateur préféié.
« Rahbi, Maîlre! Les disciples du Précurseur le saluent du titre le plus relevé qu'ils connaissent. Pour se rassurer eux-mêmes, dirait-on, pensant bien en tous cas ne lui point déplaire, ils affirment dés le premier mot sa prééminence. Vous qui êtes le maître, qui méritez seul le nom de maître, sachez donc ce qui se passe. Si vous n'y prenez garde, vous serez bientôt supplanté dans l'opinion publique. Celui qui était avec vous, que vous avez tiré de son obscurité en parlant avantageusement de lui, celui-là baptise. » On ne saurait pousser plus loin le dédain, ni mieux choisir les expressions qui le rendent. « Celui qui >) : ne semble-t-il pas qu'il s'agisse d'un étranger, d'un inconnu