‹ Saint Jean-BaptisteChapitre 78 sur 99 · Isaie, Lviii · texte numérisé non relu

Isaie, Lviii

« II est devenu le censeur môme de nos pensées.

« Sa seule vue nous est insupportable; sa vie ne ressemble point aux autres vies, il ne marche pas dans les mêmes sentiers que nous.

« II nous considère comme des enfants occupés à des niaiseries; il rejette nos habitudes sous prétexte qu'elles sont malsaines ; il préfère à tous nos plaisirs ce que les justes attendent après leur mort.

« Faisons-lui subir outrages sur outrages, condamnons-le ignominieusement à mourir. «

Est-ce le langage des contemporains d'Isaïe que nous venons d'entendre, ou le langage d'Hérodiade, ou le langage des hommes de nos jours?

A quoi bon, du reste, chercher si loin dans la Bible l'annonce de ce qui nous est inévitablement réservé, quand l'Évangile ne cesse de nous avertir de la plus expresse façon? « Odio eritis omnibus propter nomen meum^. » Qui a dit cela? Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même. A cause de mon nom, c'est-à-dire à cause des idées que je représente, des principes que je promulgue, du combat que je livre à la nature humaine pervertie, à cause du devoir qui vous ' incombe de soutenir à voire tour cette lutte et de répandre ces idées, vous soulèverez une animosité universelle. N'estelle pas du Sauveur encore celte formelle déclaration : N'oubliez pas ce que je vous ai souvent répété : a Le serviteur n'est pas au-dessus du maître. Si j'ai été persécuté vous le serez aussi. ^ »

Non, point d'équivoque ni de surprise possible. Désertant pour nos frères les joies riantes de la vie, nous leur apporterons notre dévouement et notre amour. Au lieu de nous

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