‹ Saint Jean-BaptisteChapitre 79 sur 99 · Sap. 11, 16, 17, et passim · texte numérisé non relu

Sap. 11, 16, 17, et passim

2. S. Matth. X, 2-2 ; b. Marc xiii, 13; S. Luc xxi, 17. 5. S. Joann. xv, 20.

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accueillir, ils nous suspecteront, nous repousseront, nous dédaigneront, nous tueront; et cela parce que nous avons sur les lèvres un mat qui les exaspère « non licet « .

La perspective, quelque résolu qu'on soit, reste douloureuse. Mon Dieu! donnez-moi l'intelligence croissante de l'honneur que vous faites à une créature misérable, quand vous la trouvez digne de souffrir pour la justice.

Ce que je vous demande ensuite, ô mon Dieu, surtout en ces temps troublés et confondus, c'est l'intelligence non moins vive de l'incessant péril où sont vos prêtres de provoquer la malveillance publique autrement que par l'exercice de leur mission, et le courageux accomplissement de leur devoir. « Odio eritis omnibus propter nomen meum *. »

Ah ! que ce dernier mot a de profondeur et qu'il serait wrgent de le pénétrer aujourd'hui ! Les hommes de ce siècle nous haïssent à cause de nos protestations gênantes; cela n'est pas douteux. Tous les hommes, tous les siècles se ressemblent, et se ressembleront jusqu'à la fin des âges. Mais est-il bien certain qu'ils n'aient pas d'autres motifs? Est-ce bien toujours à cause de l'Évangile, de l'Évangile seulement qu'on nous honnit? 11 faudrait que cela fût. Osera-t-on affirmer que cela est?

Que chacun rentre en soi-même, se pose solennellement la question, et réponde I Je ne sais, mais pour ma part j'incline de plus en plus à redouter, que dans l'universelle animadversion dont nous souffrons à cette heure, au « propter nomen meum » de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ne se surajoutent d'autres griefs de tout autre nature et origine.

Si, par exemple, on nous haïssait parce que nous inféo-

1. Rapprocher de ce texte signilicatif cet autre qui semble en être la l'épétition : Beati estis citm maie dixerint vobis et 2}S''S<^cuti vos fucrint et dixerint omne nialum adversmn vos mentientes, pbopter me.

[S. Matth.j V. ,2.)

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dons notre foi chrétienne à des préférences politiques el que nous froissons de nos invectives quiconque sur des points absolument libres ne pense pas comme nous ;

Si l'on nous haïssait parce que de parti pris nous dédaignons et accusons le magnifique essor des découvertes contemporaines appliquées au bien être matériel;

Parce que dans nos actes, habitudes ou tendances, nous démenions ostensiblement l'austérité des enseignements évangéliques ;

Parce que nous cherchons plus dans notre ministère auprès des âmes les consolations faciles que les âpresetvirils labeurs ;

Parce que, faut-il le dire? Nous oublions parfois dans nos relations, dans nos procédés, dans notre zèle, certaines délicatesses élémentaires de droiture et d'honneur ;

De quoi nous plaindrions-nous? Qu'aurions-nous de fort et de triomphant à objecter?

Heureux le prêtre qui, sa tâche accomplie, sur le point de rendre compte à son Maître et Seigneur, des talents qu'il a reçus, peut emporter le doux espoir de n'avoir jamais inspiré d'aversion au plus humble d'entre ses frères, si ce n'est en combattant le mal, en opposant à ses entreprises et ses audaces, ainsi que le lui 'commandait le plus impérieux devoir, le « non licet » de l'Évangile !

Mon Dieu! suscitez beaucoup de prêtres animés de ce désir. L'heure présente les attend et les réclame ; elle a besoin d'eux à tout prix. Une large part des difficultés à vaincre, du problème à résoudre, est là.

Mon Dieu! quand je mourrai, donnez-moi l'immense consolation de me rappeler sans remords tout ce que j'aurai dit et fait au milieu de mes contemporains, de ne pas découvrir en mes jours évanouis une seule parole, un seul acte qui aientpu les délourner de vous, en les détournant inopportunément de moi !

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