Joann., xv
2r)8 SAINT JEAN-BAPTISTE.
leur montre, il leur fait toucher du doigt que dans ces prodiges précisément se cache la réponse qu'ils sollicitent, la preuve qu'ils réclament. Vous êtes venus de loin aux informations! Vous pouvez repartir sans plus attendre. Ce que vous sortez de voir « Quœ vidistis » suffit. Vous avez la démonstration par excellence. Il n'en existe pas de plus rigoureuse. Si celle-là ne vous convainc pas, c'est que vous ne pouvez pas être convaincus; nulle autre ne viendrait mieux à bout de votre résistance. Croyez plutôt à votre tour! Ne vous laissez plus arrêter aux apparences de faiblesse dont je me suis entouré parmi les hommes pour être semblable aux hommes! Sous ce vêtement d'infirmité terrestre que je porte consentez enfin à reconnaître ma nature divine, comme au travers du nuage où il se dérobe, on devine le soleil !
Ajoutons pour ne rien omettre que cette constatation de la puissance de Jésus par ses œuvres, en même temps qu'elle s'impose aux disciples de Jean-Baptiste comme une évidence du moment, très-frappante, trés-décisive à elle seule, se trouve en outre de réaliser mot par mot les anciennes prophéties qu'ils connaissent à merveille. Ces prodiges, ces faits miraculeux que le Sauveur vient d'accomplir, dont il dit qu'il y faut voir la meilleure preuve de son origine et de sa mission, Isaïe, les disciples le savent bien, les a depuis sept ou huit siècles annoncés dans le détail \ Or, le prophète les donne par avance comme les signes certains auxquels on pouira et l'on devra reconnaître le Messie. U y a donc lumière sur lumière, preuve sur preuve, et les conclusions sont deux fois autorisées par les faits.
Après tout ce que nous avons dit au neuvième chapitre, de la place capitale que dans l'économie de la croyance