SAINT .IF.AX-HAPTISTE
ministère engage cl rolienl dans le monde. Certaines exigences (le situation lui font mcnie un devoir d'ouvrir sa demeure aux personnes avec lesquelles il est en relation quotidienne , par conséquent un devoir de se montrer accueillanf et hospitalier. Qu'il s'y attende; il n'en faudra pas davantage pour exciter contre lui la malveillance de certaines gens et leurs accusations : « Ecce homo devorotor et bihens vinnm. )i Est-il un sujet de repi'oches plus universellement exploité contre le clergé que celui-là? Ce que la sotte calomnie lait de chemin et de ravages dans l'âme du travailleur, du pauvre, de celui qui peine rudement pour gagner un salaire insuffisant et du pain, ne saurait se dire. Les haines provoquées par de tels rapprochements s'attisent au fond des cœurs, s'amassent, couvent lentement, se révèlent de loin en loin d'abord par des menaces, puis, tout d'un coup éclatent en sauvages fureurs. Les malheureux qui n'ont pas craint de semer le vent, protestent quand la tempête se déchaîne. Peut-être bien n'auraient-iis pas voulu qu'il y eût de tempête ni de sinistres violences. Nous discréditer aux yeux du public, leur suffirait. Mais cela il le leur faut ; et parce qu'ils en ont besoin, ils ne se font pas scrupule pour l'obtenir, d'accumuler tous les périls.
Ajoutons que l'incessante provocation par laquelle on excite contre nous et notre genre d'existence les déshérités de l;i fortune, ouvriers des villes, travailleurs des champs, a d'autant plus d'empire, obtient d'autant pins de succès, que le respect surnaturel dont en de meilleurs temps, la persoime du prêtre se trouvait environnée est plus amoindri. Autrefois lej)resbytère |iarticipait en quelque sorte de la dignité même de l'Église. Le pasteur et père des âmes pouvait s'y retirer dans l'indépendance que lui créait de toutes parts la vénération de tous. Aujourd'hui non.
284 SAINT JEA^ -BAPTISTE.
L'esprit religieux baissant, l'esprit de critique se propageant, il est advenu que le desservant d'une paroisse loin d'être abrité par son caractère contre les indiscrétions de la foule, s'y trouve au contraire plus que personne exposé et assujetti. Sa demeure pour fermée qu'elle soît n'a plus de secret. Une curiosité malsaine, prévenue, y pénétre comme la lumière et comme l'air. On voit ce qui s'y passe, ^ on entend ce qui s'y dit, on le publie, commente, exagèi'e, dénature, au plus grand profil de l'animadsersion qui existe déjà et qui ne demande qu'à se développer encore. Que faire? tenir compte outre mesure de ces dispositions hostiles, au point de se condamner à de perpétuelles alarmes et perplexités ? Ce serait chose absolument regi ettable. Entreprendre de dompter de force les mauvais vouloirs, de faire taire les méchants propos? Il n'est pas permis d'y songer. Les temps sont ce qu'ils sont; il les faut subir. On accusait bien le Sauveur « ecce homo devomtor et bibens vinum » ne soyons pas surpris si l'on nous accuse à notre tour.
Mais cela dit, puisque l'objection populair» contre nous en ce moment, se fonde plus volontiers sur l'apparente opposition de notre bien être pi ofcssionnel avec la modicité de vie, les privations forcées d'un très-grand nombre de, nos frères, est-il douteux que nous devions plus que jamais nous imposer de surveiller exactement nos habitudes et nos goûts domestiques?
De la simplicité donc, une très-grande et très-constante simplicité de vie quelque chose qui se rapproche de la pauvreté volontaire des Religieux, tout au moins quelque chose doù l'apparence même du luxe mondain soit banni. « Habentes alimenta etqaibus teyamur, his conlenti sumtis^ o.