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I,TimoUi. VI

SAINT JEAN-BAPTISTE. '28b

Le conseil de saint Paul n'a jamais été plus opportun. Il est fait pour nous, prêtres de ce temps. Le nécessaire! nous contenter du nécessaire !

Aux grands maux, les grands remèdes. Qui sait? peutêtre pour lépondre ;uix ineptes préventions amassées contre nous, ne suffiia-t-il pas que nous vivions très-simplement. Peut-être la Providence nous réserve-t-elle à donner au monde un témoignage de notre esjirit évaiigélique, qui force son attention et désarme ses préjugés ! H n'est certes pas besoin d'une perspicacité fort grande i)0ur entrevoir ce qu'amènerait de pei turbalion dans notre pays, ce que créerait de danger immédiat pour les âmes, la séparation violente de l'Église et de l'État, la suppression odieuse et injuste du budget du culte, par où la séparation commencerait de se produire. Un tiers au moins des diocèses de France devraient être évangèlisés comme le sont les contrées paiV'niies, par des missionnaires qu'enverr;iil la charité catholique. De prêtres résidants, de paroisses organisées, il n'y en aurait plus le lendemain du jour où serait prise la mesure persécutrice. Dans les autres diocèses moins directement menacés, quelles complications de tout genre, quel universel désarroi ! 11 faut donc craindre une telle éventualité 11 faut demander à Dieu ([u'il l'écarté et qu'il nous y dérobe. Mais si le dessein providentiel, à l'encontre de nos légitimes pi-iéres, est de permettre qu'elle se réidise; si quelques années de dures privations, de pauvreté réelle vaillamment subies par le clergé contemporain, devaient être aux yeux de ce siècle obstiné dans ses préventions contre le prêtre et contre l'Église, un argument péremptoire ; s'il devait être établi pour toute âme droite et sincère au sortir de la crise, que le catholicisme pas plus aujourd'hui qu'à son berceau n'a nécessairement besoin de l'appui officiel, surtout des rétributions pécuniaires de

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l'Étal, même quand elles sont dues en justice rigoureuse ; j'en appelle à tous mes frères dans le sacerdoce, qui donc refuserait parmi nous de s'accomoder au plan divin, et de fournir au prix de n'importe quel sacrifice, sa part de démonstration décisive?

ilélas ! même les plus rudes épreuves supportées avec le plus de patience évangélique, ne ramèneront pas tous les adversaires de l'Évangile et de la croix !

Il en reviendrait pourtant. La génération parmi laquelle éclaterait ce spectacle d'universelle et joyeuse promptitude au désintéressement total, ne pourrait moins faire que de voir, et que de se sentir inclinée à tirer les conclusions pratiques de ce qu'elle aurait vu.

Et si, par impossible, nul nétait définitivement ébranlé, il y aurait au moins ce résultat considérable que les responsabilités pèseraient plus que jamais de tout leur poids sur les hésitants et sur les obstinés de parti pris, sur eux seuls. La formidable parole du Sauveur redoublerait contre eux de vérité accablante : Rien ne vous convainc, rien ne vous gagne, rien ne vous ramène au devoir. Les preuves concluantes entre toutes, celles-là mêmes qiie vous prétendiez vous manquer alors que vous en aviez d'autres, vous laissent rebelles ou irrésolus.... Vous n'êtes que des enfants! (( Simile^i pueris. »

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