‹ Saint Jean-BaptisteChapitre 96 sur 99 · l'Timoth · texte numérisé non relu

l'Timoth

2. Lire et étudier attentivement sur cettequestion sublime du sacer-

rieuse encore, mais qui pourtant n'échappe pas tout à fait

à notre contrôle et à nos investigations.

Comme il sanclifilffl incessamment la nature humaine qui lui était unie, le Verbe continue de sanctifier les âmes droites et de bonne volonté qui le reçoivent, c'est-à-dire qui se soumettent à son oclion. Comme il sacrifiait incessamment aussi sa propre humanité, depuis le premier moment de l'Incarnation jusqu'à la Croix, le Verbe continue Se la sacrifier encore sur l'autel eucharistique et de sacrifier en même temps toutes les vies qui adhèrent à Lui par la grâce. 11 y a donc sur terre une société de créatures qui par le baptême et les autres sacrements ne faisant qu'un avec Jésus-Christ, se trouvent d'être perpétuellement sanctifiées et sacrifiées par Lui, en Lui, avec Lui, et réalisent de la sorte sa propre Religion. Appartenir à cette société sublime, pouvoir s'approprier ainsi la sainteté même et l'immolation du Sauveur, c'est être chrétien. Voilà le premier degré de l'ordre surnaturel.

A la rigueur, l'opération merveilleuse par laquelle une créature est faite à ce point participante de la vie du Christ, revêt le Christ, suivant le mot de saint Paul, cette opération eût pu demeurer entièrement insaisissable et

doce de Jésus-Christ, l'épître aux Hébreux. Lire de même le magnifique traité de Tlioinassiii qui se trouve dans son grand ouvrage de l'Incarnation. (De Incarnatione Verbi. Lib, X., cap, I., 21). Nous sera-t-il permis, puisque nous parlons de Tliomassin, d'exprimer une pensée et un désir que nous avons eus souvent ! Nous aimerions de voir s' introduire dans l'enseignement dogmatique des grands séminaires cet incomparable traité du sacerdoce de Noire-Seigneur, d'après le célèbre oratorien. Il ne serait pas ditlicile de le détacher du reste de l'ouvrage, de l'éditer à part, de le meltre entre les mains des séminaristes de quatrième année comme préparation immédiate an saint ordre de la prêtrise. On pourrait aussi le faire entrer dans le programme des examens que les jeunes prêtres doivent subir pendant les années qui suivent immédiatement leur ordination.

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voilée. Les infidèles qui seront sauvés ne le seront que par une certaine union avec le Rédempteur, laquelle aura dû se produire en eux mystérieusement, sans nul vestige au dehors. Quand donc les Protestants parlent d'un état chrétien et surnaturel où tout §e passe dans le secret entre les âmes et Jésus-Christ, ils ne commettent pas une erreur de principe, mais une erreur de fait. Le divin fondateur du christianisme, en fait, a voulu que son œuvre de sanctification et d'immolation où se résume son sacerdoce et tout sacerdoce, lui disparu, fût encore une vivante et palpable réalité, point une idée pure ou un simple souvenir.

De là est né le prêtre.

Le prêtre est un chrétien qui sert d'instrument visible à l'invisible action de Jésus-Christ, continuant dans la pérennité de son sacerdoce d'offrir les hommes à Dieu et de donner Dieu aux hommes. Jésus-Christ toujours vivant et toujours agissant use du prêtre, de sa voix, de son regard, de ses mains, de ses pieds, de tout son être physique, intellectuel, moral, naturel et surnaturel comme il usait autrefois de sa propre humanité. C'est à l'aide de celte créature, dont il s'approprie toutes les facultés, qu'il se survit dans le monde et dans l'exercice de sa lîeligion.

Il y a un acte où plus qu'en nul autre le prêtre est ainsi substitué au Christ sacrificafeur et sanctificaleur : c'est la Messe; quand après avoir, avec les paroles mêmes du Sauveur, consacré les saintes espèces, il les distribue ensuite à l'asseniblée des chrétiens.

Il y a un mot qui résume tout ce qui se peut dire, qui marque excellemment la différence essentielle entre le simple fidèle objet des opérations du Christ, et le prêtre qui en est avec lui l'agent. C'est ce mol bien connu : d Sacerdos aller Càrislus. »

Dès lors, que penaez-vous qu'eût dit et qu'eût fait Jean-

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Baptiste devant un prêtre qu'il aurait pu voir descendre de l'autel après la célébration des saints mystères, ou revenir du Tribunal de la pénitence après de longues heures passées à absoudre des pécheurs? Jean-Baptiste prophète, plus j^rand que les prophètes, cçmme en présence du Messie lui même, se fût écrié :

« Fortior me, cujus non sum dignus calceamenta portare... non sum dignus solverecorrigiamcalceamenlorum. ejus... »

Cet homme, cet élu, ce privilégié, cet autre Christ, est incomparablement au-dessus de moi. La puissance dont il est revêtu me subjugue; sa splendeur m'éblouit. Je n'ai qu'à me courber à ses pieds dans l'admiration et l'extase. , Je ne suis pas digne de transporter d'un endroit à l'autre sa chaussure, pas même digne d'en dénouer les courroies!

11 eût mis soudain en plein éclat de lumière la mystérieuse affirmation du Sauveur : « Qui niinor est in régna « cœlorum, major est illo. »

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