In Mattb
64 SAINT JEAN GHRYSOSTOME.
raire, maïs Tintérêt de la centesima^ i pour loo par mois ou 12 pour loo, qui était le taux habituel à son époque.
Rien de plus formel que tous ces textes, et, n'en voulant extraire que l'essentiel, je ne puis que faiblement laisser entrevoir comment à la hardiesse radicale des idées s'unit la véhémence indignée de Texpression. Oui, mais si radicales que soient ces idées, elles demeurent inoffensives. Car, Chrysostome ne conclut pas comme le ferait un tribun, et s'il rappelle sans cesse cette égahté primitive des hommes, c'est pour imposer aux riches, comme le premier des devoirs, celui de l'aumône; ce n'est jamais pour pousser le pauvre à des revendications violentes. Ecoutez-le, dans celte même homélie*, à laquelle j'ai emprunté tout à l'heure une citation des plus caractéristiques. 11 vient de montrer les riches « pires que des bétes fauves », acharnés à la dépouille des veuves et des orphelins, impitoyables pour les faibles et les pauvres. Le voici qui tout à coup s'arrête, et interpelle maintenant ces misérables victimes d'une cupidité insatiable. « Pleurez, oui, pleurez avec moi, non sur vous-mêmes, mais sur vos spoliateurs, plus infortunés que vous ! » C'est à la pitié, à la charité qu'il les provoque, non à la colère.
Ce que veut Chrysostome, ce n'est donc point exciter le pauvre contre le riche, — bien que je ne