I. In Ep. I, ad Tim
prétende pas nier que certaines de ses invectives, très violentes, aient pu, contre son intention, remuer au fond de certains cœurs des passions mauvaises, — c'est convertir le riche à la charité et à la pratique de Taumône. De tous les Pérès du iv* siècle, le panégjrriste par excellence de Taumône, c'est Chrysostome, et son éloquence est inépuisable à renouveler ce thème qu'il reprend sans cesse. Donner au pauvre, c'est donner à Dieu, et Jean a trouvé, avant Bossuet, des accents magnifiques pour célébrer r a éminente dignité des pauvres ». Écoutons-le, quand il fait parler le Christ incarné de nouveau, pour ainsi dire, dans le pauvre : a Certes, je pourrais me nourrir moi-même, mais j'aime mieux errer en mendiant, tendre la main devant ta porte, pour être nourri par toi; c'est par amour pour toi que j'agis ainsi. J'aime donc ta table, comme l'aiment tes amis ; je me glorifie d'y être admis, et, à la face du monde, je proclame tes louanges, je te montre à tous comme mon nourricier*. » Et ailleurs : « Ce que je vais dire est douloureux et horrible : cependant il faut que je le dise. Mettez Dieu au même rang que vos esclaves. Vous donnez par testament la liberté à vos esclaves : libérez le Christ de la faim, de la nécessité, des prisons, de la nudité ! Âh ! vous frémissez a mes paroles * ! » Quoi de plus fort enfin que ce simple mot : « La charité est le plus grand des charismes.