In Ëp. I, ad Tim
SAINT JEAI< CHRYSOSTOME. 5
bien peu en somme suffiraient à Thomme libre, sHl savait se contenter du nécessaire. Un seul suffirait, deux ou trois au plus; même plusieurs maîtres pour** raient peut- être se contenter d'un esclave commun. Quant aux autres, à tous ces serviteurs superflus dont nos vices seuls nous font une nécessité « vous devriez leur faire apprendre un métier qui les rendît capables de gagner leur vie, et après cela les affranchir » *. Mais il faut reconnaître que ce texte est isolé, et Chrysostome de plus nous laisse très bien voir dans la suite de son homélie combien il lui était difficile de contenir son auditoire quand il tenait ce langage hardi pour le temps. Après avoir prononcé les paroles que je viens de citer, il s'arrête ens'écrianttout àcoup : « Je sens bien que je vous fâche. » Il proteste aussitôt qu'on ne le fera pas taire, mais il a surpris quelque murmure, ou deviné dans les attitudes une sourde résistance, et il croit bon de ne pas en dire plus ce jour-là. Je ne sache pas d'ailleurs qu'en aucune autre circonstance iLait renouvelé la tentative. Plus souvent, il se contente d'un autre moyen de trancher la difficulté. II cherche à satisfaire le besoin de sa conscience en se répétant qu'en Jésus-Christ du moins nul n'est esclave, et que Dieu ne fait pas acception de personne : « Oui, telle est la grandeur du christianisme; dans l'esclavage même il fait naître la liberté*. » Et c'est pour cela que saint Paul ordonne à l'esclave de rester esclave.