‹ Saint Jean Chrysostome (344-407): (344-407)Chapitre 37 sur 88 · I. In Ep. If ad Cor · texte numérisé non relu

I. In Ep. If ad Cor

a. In £p. I, ad Cor. 19.

En effet, ce qui détermine en somme l'opinion de Ciirysostome, ce qui constitue l'autorité à laquelle il se réfère, c'est l'Épître à Philémon, et c'est dans le remarquable commentaire qu'il en a composé que nous trouvons l'expression la plus précise de ses idées*. On peut y voir combien était encore malheureux le sort de l'esclave, et combien Clirysostome a fait d'efforts pour l'améliorer. Sans doute beaucoup d'esclaves sont indisciplinés, frondeurs, vicieux*. « Sans doute aussi le père de famille, dit l'orateur reprenant une comparaison familière à l'antiquité, est roi chez lui, et gouverne son foyer en souverain absolu^. Mais c'est précisément pourquoi il doit user de son pouvoir avec douceur. » Or, dans la réalité, si on en croit Chrysostome, on traite l'esclave très brutalement, et on le bat au moindre prétexte * ; pendant son épiscopat à Constantinople, Jean déposa même un de ses diacres qui s'était rendu coupable d'un fait de ce genre, et c'est un des griefs qu'on dressa contre lui au Concile du Chêne. Surtout l'âme de l'esclave est encore plus en danger que son corps; nul ne respecte sa personne morale. Ce n'est pas assez de le marier, de le vendre contre son gré. La femme esclave est sans cesse la victime de Timpudicité de son maître. De la part des maîtres, c'est là le dangerprincipal que redoute Chrysostome.

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