I. Lnre III
a. In Joannem 6»
remportement de la tristesse*. » Il s'y attache d'autant plus qu'il sait que les païeus observent volontiers avec malignité les fidèles, pour tâcher de les surprendre en contradiction avec les espérances que leur foi doit leur inspirer : « Nous pleurons, et les païens disent : « Mais que vaut donc cette doctrine de la rc- < surrection, qu'ils ont toujours à la bouche ? Ils se « vantent, et ils nous trompent, quand ils prétendent « croire à ce rêve insensé*. » Quelles étaient donc les manifestations du deuil que Jean proscrivait surtout ? Il admettait, selon la coutume, qu'on enveloppât les morts dans de riches étoffes neuves, linges blancs imprégnés de parfums, sorte de symbole du vêtement immortel que doit revêtir après la résurrection la chair purifiée'; il acceptait qu'on portât au convoi des flambeaux, des torches et des cierges ; il recommandait qu'on l'accompagnât au chant des Psaumes^. Mais il était peu disposé à tolérer les vêtements noirs. Et surtout il condamnait chez les femmes l'expression bruyante et désordonnée de la douleur*. Plus encore il proscrivait la coutume profane, que beaucoup de chrétiens orientaux continuaient à observer, de faire venir aux obsèques des pleureuses gagées. C'est à Constantinople plus encore qu'à Antioche qu'il a été témoin, semble-t-il, de cet abus; il est allé jusqu'à