De dormientibus
88 SAINT JEAN CHRYSOSTOMB.
menacer de rexcommunication ceux qai ne voudraient pas s'en corriger^.
Sans s*étre peut-être jamais passionné à ce sujet comme saint Augustin, Chrysostome reconnaît qu'il avait aimé les spectacles pendant sa jeunesse *. Plus tard, à Antioche, comme à Constantinople, où Tengouement des habitants pour le théâtre et le cirque étaient plus forts encore peut-être qu'à Rome, il a largement racheté l'erreur dont il s'accusait par l'ar* deur et la constance avec lesquelles il a mené campagne contre les jeux.
Chrysostome d'abord est de ceux qui n'admettent même pas en principe que l'art dramatique se puisse concilier avec la pureté des mœurs qui doit régner dans une société chrétienne. Il pense que toute re«* présentation des passions humaines est dangereuse, et qu'elle avive ces passions plutôt qu^elle ne les « purge ». On voit facilement dès lors avec quelle sévérité il doit juger le théâtre de son temps, dont la décadence et l'immoralité sont indéniables. La tragédie et la comédie classiques, qu'il n'eût d^ailleurs pas épargnées, n'étaient plus jouées. On ne donnait que des mimes et des pantomimes, et ces