In Matth
2. C'est d'ailleurs surtout dans ses catéchèses que Jean relève ces superstitions, et il est naturel que les catéchumènes surtout en fussent encore infectés.
100 SAINT JEAN CflRYSOSTOME.
comme les premiers dépositaires de la vérité. Aussi n*était-il pas rare que certains fidèles célébrassent les fêtes juives, allassent aux synagogues*, eussent grande confiance dans les pratiques magiques des Juifs, s'imaginassent que les serments prêtés par leur entremise avaient une valeur particulière*. « Les Juifs vous intimident comme si vous étiez des enfants, » concluait un jour Chrysostome, qui dans ses homélies contre les Juifs s'est du reste trop abandonné à une passion parfois trop violente.
Entre tous les dogmes chrétiens, celui que battait toujours en brèche plus que tout autre Tinfluence coalisée du paganisme et du judaïsme, c'était celui de la Résurrection. Toutes les objections que les Apologistes du ii* et du m* siècle ont entrepris de réfuter étaient encore opposées sans cesse à Chrysostome. L'éternité des peines était, en tout cas, très difficilement acceptée. Les auditeurs de Jean aimaient fort à se représenter un Dieu clément, prompt à récompenser les mérites, prompt aussi à oublier les fautes. Certains admettaient bien que Juifs et païens seraient punis, mais quiconque avait reçu le baptême leur paraissait assuré du salut. Chrysostome, dont l'àme était si tendre, partageait quelquefois les angoisses de son public ; mais il ne retirait rien de la sévérité de la doctrine : a Ahl je sais que vous n'aimez pas à m'entendre parler de la géhenne 1...
I. Il j en avait plusieurs à Antioche, et une très célèbre à Daphné. — Adv. Jud. I.