Voir Panecdote curieuse contée par Jean, ibid
Oui, ces pensées sont terribles, et mettent le cœur à la torture. Ne le sais-je pas moi-même, et ne l'éprouvé-je pas comme vous? Mon cœur est troublé et palpite comme le vôtre; et plus je comprends avec évidence que la géhenne existe véritablement, plus je frémis, et je recule de crainte ! Mais il faut bien avoir le courage de dire ces choses, de peur que, les uns comme les autres, nous ne tombions tout droit dans cette géhenne si redoutée*. »
Puisque les chrétiens couraient si grand risque d'altérer la pureté de leur foi au contact des autres sectes, quelles relations Chrysostome permettaît-il à ses fidèles avec les païens ou les Juifs ? Des Juifs, à ce point de vue, il dit peu de chose, et il semble avoir souhaité qu'on rompît tout commerce avec eux, puisqu'il n*y avait guère de chance de les convertir. Mais il n'en était pas de même des derniers païens ; il fallait les amener à la vérité, et par conséquent il fallait bien vivre avec eux ; ils étaient d'ailleurs encore assez nombreux pour qu'il ne fût pas possible de les tenir en interdit. Comment les convertir ? D'une façon bien simple, disait Chrysostome. Sans doute les derniers Hellènes reproduisent encore les différentes objections dogmatiques que de tout temps les Apologistes ont dû réfuter; mais ils n'y attachent plus la même importance; ils ont une objection nouvelle, que leurs adversaires leur fournissent très complaisamment, c'est le relâchement