‹ Saint Jean Chrysostome (344-407): (344-407)Chapitre 60 sur 88 · I. In Act. Ap. I. In Ep. ad Heb. i · texte numérisé non relu

I. In Act. Ap. I. In Ep. ad Heb. i

s. Homélie 4i*

aussi souvent que tu auras péché, reviens à moif je te guérirai. » De même, au sujet de la confession publique, Chrysostome n'a pas laissé d'être frappé des inconvénients qu'elle peut présenter : scandale pour le public, difficulté pour le coupable, si la faute est très grave, de se relever dans l'estime cj'autrui*, risque même d'attirer sur lui l'attention de la justice civile. MieiuL vaut donc se confesser directement au prêtre. Bossuet avance, et non sans raison, que Chrysostome est un des Pères qui ont le plus inagnifiquement parlé de l'Eucharistie. Combien de comparaisons ingénieuses il trouvait sans cesse pour faire comprendre à ses fidèles quelle pureté doit avoir l'âme qui va participer aux saints mystères * ! La question de la fréquente communion se posait très nettement à son époque, et il l'a discutée, comme il fait d'ordinaire, avec beaucoup de modération et de justesse.

L'imagination de Jean est également inépuisable quand il fait le panégyrique du jeûne, en cette période du carême surtout, qu'il aimait d'un amourtout particulier parce qu'elle était par excellence la période de la prédication ; mais il trouvait que ses fidèles comprenaient souvent fort mal la véritable signification dujeûne; outre qu'ils suivaient trop volontiers, àl'approche de la fête de Pâques, la tradition juive plutôt que la tradition chrétienne, il se plaignait qu'on attribuât à l'abstinence une valeur intrinsèque exagé-

I. Voir les textes recueillis dans rëdition de Montfaucon ; Diatriba I.

a. Vidi Dominum, 6, ia Pialm. i33. In Ep. ad Heb. 17, etc.

rée ; il voulait en donner une idée plus raisonnable, en expliquant qu'elle doit servir à dompter la chair, avoirpour résultat la correction des vices et un perfectionnement moral. Rappelant hardiment les critiques que les Pharisiens adressaient à Jésus : Ecce homo edax et {fini potator.,»^^ il s'exposait parfois à se voiraccuser de mépriser et de décrier le jeûne. « Non, je ne le blâme pas, répliquait-il; loin de là, je le loue grandement; mais je suis désolé quand je vous vois négligeant tous les autres préceptes, penser qu'il suffit de jeûner pour gagner le salut, tandis que, dans le chœur des vertus, l'abstinence ne tient que la dernière place. » C'est l'honneur de Chrysostome d'avoir toujours été l'apôtre de l'esprit et non de la lettre, et d'avoir fait consister la véritable piété moins dans l'accomplissement des rites que dans la sincérité de la foi et le zèle de la charité.

C'est pourquoi il a pris encore tant de peine pour enseigner à ses fidèles comment il faut prier. Il redoutait, comme pour les autres pratiques, qu'on n'attachât à la prière une vertu indépendante de l'intention. Il rappelait sans cesse qu'elle n'est bonne que si elle vient d'un cœur droit et pur ; il répétait qu'elle doit servir plutôt à élever l'âme qu'à obtenir de Dieu des faveurs. Il allait jusqu'à dire que remplir strictement ses devoirs, faire de bonnes œuvres, c'était la meilleure manière de prier*. N'allons pas, d'autre part,

Page 1