I. Edition Reiske, tome III, p
goire, jusqu'à Athènes, reçut cependant à Antioche les leçons des meilleurs maîtres. Antioche, grande ville de luxe et de plaisirs, était moins renommée peut-être en Syrie, comme ville d'études, que Béryte. Mais elle eut au iv® siècle la bonne fortune de rencontrer parmi ses citoyens un des représentants les plus distingués de la rhétorique finissante, un honnête homme au cœur délicat, d'un esprit assez médiocre sans doute, mais doué d'un talent de parole et de style remarquable encore pour le temps et qui lui valut la célébrité la plus grande dans toute la partie orientale del'empire^.'LibaniusJeanfutsonplusbrillantélève. Bien que la rhétorique semble l'avoir attiré de préférence, il suivit aussi les cours d'un philosophe, Andragathius, qui eut moins de renommée queLibanius et ne paraît pas avoir exercé sur lui une influence aussi profonde.
On connaît la tradition d'après laquelle Libanius aurait voulu laisser à Jean son école. Que contientelle de vrai ? Il est difficile de le dire ; mais ce qui est certain, c'est que les études classiques enthousiasmèrent le fils d'Anthusa. Bien qu'elles parussent étroitement liées au paganisme, bien que Libanius luimême fût un défenseur zélé de la vieille religion héritée des ancêtres, Jean savait goûter les lettres et la rhétorique, selon la théorie si mesurée que saint Basile a exposée dans un traité célèbre. II avait alors pour ami intime un certain Basile, qui est peut-être le
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même que Tévêque de ce nom qu'on sait avoir dirigé plus tard la petite communauté chrétienne deRaphanée. Lui adressant son traité du Sacerdoce, à la suite de circonstances que je raconterai bientôt, il lui disait* : « Nous nous adonnions aux mêmes études et nous avions les mêmes maîtres. Pareils étaient l'enthousiasme et Tenchantement que nous inspiraient ces études, pareille notre conduite et réglée sur les mêmes principes. » Quelles étaient alors ses vue* d'avenir? Quels étaient ses projets ? Nous Tignorons, mais il débuta au barreau. Si nous étions certains qu'une lettre de Libanius', adressée à un certain Jean qu'il félicite à propos d'un panégyrique prononcé par lui, fût bien adressée à notre Jean, nous le verrions aussi s'exercer avec succès à cette éloquence d'apparat qui valait aux rhéteurs leurs plus grands triomphes et où Libanius était passé maître. Mais l'identification est loin d'être sûre.
Ce qui est sûr, au contraire, c'est que, quelle qu'ait été la passion avec laquelle Jean se livra d'abord à l'étude des lettres et de la rhétorique, — et, quand on se rappelle le caractère fougueux qu'il conserva jusqu'à la fin de sa vie , on ne peut guère douter qu'elle n'ait été réellement fort vive, — elle ne dura pas très longtemps, et surtout elle ne laissa pas dans son âme des traces très profondes. Assurément il est facile de reconnaître dans ses homélies et dans ses traités le