‹ Saint Jean Chrysostome (344-407): (344-407)Chapitre 71 sur 88 · SAINT JEAN CHRT80ST0ME · texte numérisé non relu

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auquel Théophile convoqua, en 399, les évèques égyptiens, les opinions hétérodoxes d'Origène furent condamnées, et la lecture de ses écrits interdite. Les moines refusèrent de se soumettre à cette décision; ils se servirent d'une tactique analogue à celle de nos jansénistes. Ils ne dirent pas, il est vrai, qne les propositions condamnées n étaient pas dans Origène, mais ils soutinrent qu'elles n'étaient pas d'Origène, que des hérétiques postérieurs les avaient interpolées dans ses écrits. Théophile fit appel an bras séculier, et les Grands Frères durent quitter leur solitude; ils se réfugièrent en Palestine, puis à Constantinople. Chrysostoroe, comme tant de grands chrétiens de son temps, comme saint Basile, comme saint Grégoire de Nazianze, sans partager les doctrines particulières d'Origène, était de ceux qui l'admiFaient'. Il accueillit les Grands Frères, mais avec la prudence nécessaire; se refusant à les admettre b la communion avant d'avoir pris à Alexandrie des informations précises; il leur offrit seulement un asile dans les dépendances de l'église de la Résurrection. Il entama ensuite des négociations avec Théophile, dans l'espoir de l'amener à une ré-

-'--'-on, mais échoua. Les Grands Frères eurent

ée de s'adresser à l'impératrice; ils lui re-

:foii, noD Mulement il ne partageait pa« lei opiiculièrei; Dmli encore On a iu combien sa Toiétiqne était en contradiction avec celle d'Oiigène. donc aucune raisoD pressante, au point de tdc de protéger lei origéniste*>

mirent une supplique, et Eudoxie prit d'abord en main leur cause. Elle décida Arcadius à convoquer un synode qui devait se prononcer sur les accusations que Théophile avait fait formuler contre les origénistes par des moines qu'il avait délégués à cet effet.

Sur ces entrefaites intervint dans l'affaire un nouvel acteur, Épiphane, évèque de Salamine, dans rtle de Chypre; excellent homme, mais brouillon infatigable. Èpiphane prit d'abord énergiquement parti pour Théophile; il convoqua un synode à la fin de 4o2, et y fit prononcer une condamnation contre les doctrines d'Origène; puis il se rendit à Constantinople, au commencement de 4o3, se mit en avant assez inconsidérément, faillit rompre en visière à Chrysostome sans trop savoir pourquoi, et enfin, sans s'être beaucoup mieux rendu compte de la situation réelle, abandonna la partie et s'en retourna dans son île. Théophile n'avait, du reste, pas besoin de lui ; il était fort au courant de ce qui se passait à Constantinople et y entretenait des agents sûrs. Il trouva trois alliés précieux dans trois évéques, qui se montrèrent alors les ennemis acharnés de Chrysostome. Nous connaissons l'un : c'est Sévérien de Cabales. Après l'éclat que nous avons raconté, Jean, pour complaire à Eudoxie, avec laquelle il n'avait pas encore rompu, s'était réconcilié avec lui; mais la réconciliation ne dura guère. Nous connaissons moin*; bien Antiochus. Acace,évêque de Bérée, en Syrie, — car les plus violents adversaires de Chrysostome fu-

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rent précisément il ce moment des Syriens'— aurait, s'il Tuut en nroire Palladîus, gardé rancune à Cbrysoslome pour un motif des plus futiles : parce que h sonairivée à ConsUntinople, t'évêque l'aurait médiocrement logé. Dans notre pénurie de documents précis sur tous ces événements, nous sommes obligés de garder certaines réserves dans nos jugements sur les personnes : aucun des ennemis de Jean ne semble pourtant avoir été bien digne d'intérèi. Autour des trois évéques se groupèrent les représentants des mécontents de toutes sortes qu'avait faits l'ardente prédication de Chrysostome ; dans cette coalition, les moines notamment furent représentés par Isaac, et les veuves par Marsa, Eugrapbia, Castricia. On aurait pu croire, au début du conflit, que la situation était mauvaise pour Théophile. Arcadius t'avait convoqué à Constantinople pour s'y soumettre au jugement d'un coacile présidé par Chrysostome, et il est curieux que cette mesure ait été prise sur l'initiative d'Eudoxïe. A quel mobileavait-elleobéi? il est difficile de le dire. Quoi qu'il en soit, lorsque Théophile arriva, elle était de nouveau tout à feit 1 — ..1.1 *--n*, et elle attendait impatiemmeniTheure ivement en campagne. Ce fut au commen- 4o3 que l'évéque d'Alexandrie fit son

irrODS, d'autre part, bientôt que Jean gardaitd« SectioDt à Antioch«.

nous dit-on, à la luite d'une nouvelle homélie c, oùEudoxiecru

apparition d'abord à Chalcédoine, puis à Constantinople; il s'était fait accompagner d'un assez imposant cortège de prélats égyptiens. Bien que Jean lui fit bon accueil, il évita d'entrer en rapports avec lui* ; ne prit pas résidence entièrement à Constantinople, mais pendant quelques semaines se partagea entre la capitale et Chalcédoine. Il eut assez vite manœuvré avec une habileté telle que la situation se trouva complètement renversée. Aux évêques qu'il avait amenés avec lui, il sut joindre un certain nombre de sufiragants de Chrysostome que leur métropolitain avait mécontentés ; il attira avec empressement auprès de lui deux diacres que Jean avait déposés et qui ne songeaient qu'à se venger. Bref, on apprit un jour qu'un synode composé de trente-six évêques s'était réuni près de Chalcédoine sous la présidence de Théophile, avait écarté la question des origénistes et y avait substitué l'examen d'une longue liste de griefs formulés contre Chrysostome. Ce synode s'ouvrit et se tint dans un domaine qui avait appartenu à Rufin* et qu'on appelait : le Chêne. De là le nom sous lequel il est connu de : Synode du Chêne,

Nous avons conservé • la liste des griefs formulé»

I. Nous avons sur cette arrive e de Théophile le témoignage de Chrysostome lui-même dans sa première lettre au pape Innocent.

a. Le Ruûn de» invectives de Claudien. Rufin avait créé là un beau palais et un beau parc.

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