‹ Saint Jean ChrysostomeChapitre 123 sur 282 · CHAPITRE Vin · texte numérisé non relu

CHAPITRE Vin

dfê fénèbres de ce siècle, contre les esprits de malice répandus dam Vair ' . Que , jour et nuit , nos pensées soient debout et sous les armes , pour tenir à l'écart les passions audacieuses. A la moindre négligence , le diable est là » le feu à la main, prêt à incendier le temple de Dieu. Il nous importe de nous fortifier de tout côté ; car la virçinité est un combat contre la tyrannie de la nature, une imitation de la vie des anges , une lutte de sainteté avec les vertus incorporelles. Cendre et poussière, nous devons égaler les habitants des cieux ; mortels , nous devons disputer la palme de l'immortalité « . •>

Toutefois, et le saint docteur développe cette pensée avec un art admirable, la lutte, si pénible et périlleuse qu'elle soit , est moins fatigante que le prétendu bonheur du monde , bonheur mêlé d'ennuis , de contradictions , d'embarras, de sollicitudes de toute espèce, où l'on ne goûte pas un plaisir qui ne soit la source d'une peine ^ . Comment s'arracher à cette servitude si ce n'est en se tournant vers Dieu? Plus on se dépouille de soi, plus on gagne en liberté *. La virginité allège le joug des passions et le poids du corps, donne à l'esprit plus de fécondité, à la volonté plus de vigueur, élève l'âme au-dessus des nuages, au-dessus de l'atmosphère terrestre , dans une région où l'air est plus pur, la respiration plus libre , où rien ne s'interpose entre l'œil et la vérité , entre le cœur et Dieu : la virginité , c'est la lumière du visage de Dieu sur le front de l'homme ».

« La vierge , dit le saint docteur , ne doit aucun de ses attraits aux ajustements de la vanité. Sa beauté, toute intérieure et immatérielle , ne craint aucune altération , et n'a

» Ad.Eph, 6. 12.

' Chrys., de virgin», c. 26 et 27.

s Ibid., c. 28 et 40, etpauïm.

* Ibid., c. 49 , 65, 66, 68, 69 tt pauim.

^ Chrys., t'^id., c. 65, 68, etc.

34S S. JEAN GHRYSOSTOME.

besoin d'aucun artifice. Si elle est unie à la beauté corporelle , elle la rend beaucoup plus belle. Quant à la laideur , elle la change en beauté par les parures qu'elle emploie. Et, en effet, ce ne sont ni les pierreries, ni For, ni les vêtements somptueux aux couleurs éclatantes et variées , ni toutes ces choses futiles et périssables qui embelUssent les âmes ; ce sont les jeûnes , les saintes veilles , la douceur , la modestie , la pauvreté , le courage , ThumiUté , la patience , le mépris des biens d'ici-bas. L'œil de la vierge est si beau , qu'il charme , au lieu, des hommes , les anges et le maître des anges : il est si limpide et si pénétrant , qu'il voit , au lieu de la beauté qui tombe sous les sens , la beauté incorporelle elle-même ; il a tant de sérénité et de suavité , que rien n'irrite son regard , doux et bon même envers les insolents et les ennemis. La vierge est si modeste , qu'à son aspect toute pensée criminelle est déconcertée, le vice a bonté de lui-même et rougit. De même qu'une suivante attachée au service d'une femme honnête contracte , même sans le vouloir , les habitudes vertueuses de sa maîtresse ; ainsi , il n'est pas jusqu'au corps de la vierge qui no se modèle sur une âme d'une si haute sagesse . Le regard , le langage , le maintien , ladémarche , tout est en harmonie avec l'intérieur et en retrace la beauté; et, tel que le parfum dont Texquise émanation s'échappe du vase qui le contient et embaume l'air au loin , le parfum de la virginité se répand par tous les sens de la vierge , et fait apprécier la vertu cachée au fond de son cœur. Sa modestie dirige avec un frein d'or tous les mouvements de son être : sa langue , pour qu'elle n'ait pas un mot à regretter ; ses yeux , pour que rien n'en souille la pureté ; ses oreilles , pour quune mélodie lascive n'y entre jamais. Elle veille même sur ses pieds , et règle sa démarche qui ne sera ni affectée ni négligée , mais simple et naturelle. Loin d'elle les recherches de la toilette , les rires bruyants et légers à tout propos : une

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