CHAPITRE Vm
En tout cas, Jean traite la philosophie avec aatant de dédain que le polythéisme. «Â quoi a-t-elle servi? dit-il. De quelle vérité , de quelle vertu le genre humain lui est-il redevable ? Quelles misères a-t-elle soulagées ? Quels vices a-t-elle guéris? L'homme de bien doit régler ses actions sur Tutilité générale ; il doit avoir pour but l'amélioration de ses semblables. Or, les philosophes n'ont été que des rêveurs , des égoïstes , des hommes pleins d'eux-mêmes , dont les plus belles actions n'avaient pour mobile que l'orgueil. Diogëne était un jongleur. Zenon légitimait l'inceste. Platon regarde comme chose indifférente de se nourrir de chair humaine. D'autres ont enseigné et pratiqué des amours infâmes > . » En général , la discussion savante , profonde , n'est pas le fait de Chrysostôme : elle manque complètement à ce livre , qui , par quelques pages du moins , ressemble plutôt à un pamphlet qu'à un traité sérieux de controverse religieuse.
Ajoutons , pour être juste , que cet écrit , si imparfait , renferme des beautés de premier ordres, et que si, d'ailleurs , il pèche par défaut d'exactitude et de précision , les faits qu'il rappelle étaient tellement présents à tous les esprits , que Jean les commente en orateur pour le besoin de sa polémique , bien plus qu'il ne les raconte en historien. Quant aux souvenirs de S. Babylas , Ântioche les aimait tant , que le diacre devenu prêtre les célébra dans un beau discours , qui est l'abrégé éloquent et substanciel de ce livre 3.
Clorons-nous ce chapitre sans mentionner la Synapse « de rÉcriture*Sainte »? Le P. Montfaucon l'a éditée le premier,
< Chryt., de S. BabyL, n. 9 et 10, t. 2, p. 549-550. 3 Albert, Thèse sur S. Jean Chrysottdme , p. 371. s Chrys., t. 2, p. 531.
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» Chrys., t. 6, p. 3U.