‹ Saint Jean ChrysostomeChapitre 143 sur 282 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

exactes de la créature et du créateur, de l'ouvrage et de l'ouvrier. Si les ennemis de la vérité avaient eu là-dessus les notions qu'il faut avoir , ils n'auraient pas tout brouillé et confondu comme ils l'ont fait Les Manichéens n'auraient pas regardé la matière comme éternelle Les

idolâtres n'auraient pas rendu à la créature l'honneur qui

n'est dû qu'au créateur Le Ciel est beau, le soleil est

beau ; mais ils n'existent l'un et l'autre que pour vous faire admirer et adorer celui qui les a créés. Si vous ne voyez que la beauté qui frappe vos regards, sans remonter à la cause, la lumière s'est changée pour vous en ténèbres, ou plutôt c'est la lumière elle-même qui vous jette dans les ténèbres. Voyez- vous combien est avantageux de savoir la raison des choses créées ? Ne man(|uez donc pas l'occasion qui vous est offerte , mais portez à l'enseignement la plus grande application ; car je vais vous parler non-seulement du ciel , de la terre , de la mer , mais aussi de notre origine , et vous exphquer d'où vient la mort , d'où viennent

nos labeurs , nos tristesses, nos sollicitudes C'est pour

se justifier sur tous ces points que Dieu nous a envoyé les livres sacrés; car Dieu ne dédaigne pas de se justifier, mais il dit par le Prophète : Venez, et discutons ensemble ».... Au commencement , il parlait directement aux hommes, autant du moins que les hommes peuvent entendre Dieu. Il s'entretint avec Adam ; il interpella Caïn ; il donna des

ordres à Noë Mais parce que notre nature s'est tournée

au mal et jetée elle-même dans un déplorable exil, il nous écrit comme à des voyageurs dans une région lointaine , el l'on dirait qu'il veut , au moy^n de lettres , renouveler sa vieille amitié avec nous. Ces lettres, c'est Dieu qui nous les adresse : c'est Moïse qui les a portées. Or, que disônt-elles ? Au (xnnmencement , Dieu créa le ciel et

> liate , c. 1 .

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la terre > : Voilà une parole bien brève , bien simple , qui suffit pour jeter à terre tous les échafaudages de l'ennemi. Prêtez votre attention. Le Manichéen vient et dit : La matière est étemelle. Répondez-lui : Au commencement. Dieu créa le ciel et la terre; et à l'instant même vous verrez son arrogance abattue. — Mais il ne croit pas aux Écritures ! — Alors écartez-le, repoussez-le comme un fou. Comment admettre , en effet , qu'il n'est pas fou celui qui refuse de croire à Dieu quand Dieu parle , et qui accuse la vérité de mentir? — Mais, répliquez-vous, comment de riena-t-on pu faire quelque chose ? — Et moi , je demande , à mon tour, comment d'une matière préexistante on a pu faire ce que nous voyons ! Qu'avec de la terre on forme des briques, des tuiles, des vases d'argile, je le conçois; mais comment former avec de la terre des nerfs , des veines , des artères, des cheveux, de la chair? Personne ne le dira. Vous ne pouvez expliquer ce qu'il y a de plus simple , et vous avez la prétention de comprendre ce qu'il y a de plus élevé! Parlons des choses qui sont à notre portée. Vous mangez du pain tous les jours : eh bien ! dites-moi , comment la substance du pain se change-t-elle en sang? L'un est solide , l'autre est liquide ; l'un est blanc , ou couleur de blé , l'autre est rouge ; comment cela se fait-il? Vous n'en savez rien. Et quand vous êtes dans l'impuissance de me rendre compte de ce phénomène quotidien , vous demandez compte à Dieu de la création ! N'est-ce pas la plus insigne extravagance? Laissons de côté nos faibles raisonnements, et appuyons-nous sur cette pierre ferme : Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre ; reposons notre esprit sur ce fondement inébranlable, et gardons -nous de l'abandonner aux flots mouvants des pensées humaines. Les pensées des hommes, dit le Sage , sont timides ei

t Cbrys., t. 4, p. 615. e'c.

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